Santé, environnement, l’ennemi intime

le mercredi 05 mai 2010
par Astrid Charlery
Entre le plomb, les ondes des portables, l’oxyde de carbone, les pesticides… les hommes survivent. Mais de vraies réflexions sur les nuisances collectives se font jour.

50 % des Français de 55 à 75 ans se disent sensibles à l’environnement. Sur une échelle allant de 1 à 10, les 55-75 ans s’attribuent une note de 7,65 de sensibilité à l’environnement, alors qu’elle n’est que de 6,95 pour les 18-34 ans*. Cette question de sensibilité sous-entend un questionnement sur des notions liées aux qualités de l’eau, de l’air, des sols, aux critères de bruit, de pollution etc. mais aussi des réflexions plus larges comme l’état de la planète à léguer aux générations futures ou encore la protection de la nature, deux sujets spontanément cités par les Français quand on leur parle d’environnement.

Si on se concentre sur le thème santé et environnement, l’ensemble de la population s’estime plutôt bien informée, sachant que son niveau d’information s’améliore avec l’âge.

« La locomotive du Plan santé environnement, lancée par le gouvernement en juin 2004 trace sa route, expliquant en partie cette sensibilisation des Français à ce nouveau rapport », explique Pierre Arwidson, directeur des affaires scientifiques à l’Institut National de Préventionensemble des moyens mis en œuvre pour sauvegarder la santé et éviter les accidents (prévention primaire), pour éviter d’aggraver une maladie (prévention secondaire) ou pour permettre la réinsertion des malades (prévention tertiaire). Adjectif : préventif. Source et d’Éducation pour la Santé.

Top 10 de perception de gravité des risques sur la santé


Les Français sont :
67,7 % à estimer que l’amiante représente un risque très élevé
48,5 % pour le monoxyde de carbone
43,1 % peinture au plomb
42,8 % exposition au soleil
33,0 % pollution de l’air extérieur
29,4 % légionelloses
25,8 % pollution des sols
21,0 % produits ménagers,
de bricolage ou de jardinage
20,3 % bruit
20,0 % incinérateurs

Sources : Baromètre santé environnement 2007 INPES/
Assurance Maladie

Etre informés

Cet intérêt des Français pour le lien entre la santé et l’environnement est doublement favorisé : par une prise en charge collective de santé publique, sous forme d’information, de prévention, de principes de précaution, mais aussi par l’investissement individuel lié à une prise de conscience et un bon accès à l’information. A ce niveau, le Baromètre santé INPES environnement fait apparaître une amélioration des connaissances au fur et à mesure qu’on avance dans les classes d’âge. Ainsi les jeunes de 26 ans sont seulement moins d’un tiers à se déclarer plutôt bien informés sur les risques liés aux peintures au plomb, alors que les seniors de 65 ans et plus, sont plus de 70 % à se considérer comme bien informés sur le sujet.

En parallèle, la valeur de l’information sur la qualité de l’eau du robinet ou sur le monoxyde de carbone suit la même pente ascendante.
Seules les thématiques de pollution de l’air et d’utilisation des téléphones portables semblent toucher de la même manière jeunes adultes et seniors.

Signaux d’alerte santé

Même si les facteurs de vulnérabilité diffèrent d’un individu à l’autre, il est constaté aujourd’hui que la qualité de l’eau, de l’air et des sols, les nuisances et les changements climatiques favorisent l’apparition de maladies comme les cancers, les allergies, l’asthme, le stress…
Le cancer est d’ailleurs la maladie liée à l’environnement qui inquiète le plus les Français.

Une personne sur quatre estime avoir un risque plutôt élevé de développer un cancer lié à l’environnement. L’Institut de Veille Sanitaire estime que 5 à 10 % des cancers seraient liés à des facteurs environnementaux. L’OMS les estime, elle, à 19 % !

L’INCA (Institut National Contre le Cancer) publie régulièrement des documents et outils d’information et de prévention sur le risque solaire, les dangers chimiques comme les déodorants, les produits d’entretien ou de jardinage, les précautions d’utilisation des téléphones portables ou encore sur les pollutions intérieures souvent citées, comme le tabac et le plomb.

La conscience des impacts de ces facteurs environnementaux, ensuite, varie selon l’âge, le sexe, l’intérêt personnel et les a priori.
« Je pense que la qualité de l’eau du robinet ne s’est pas améliorée et qu’elle provoque des maladies », explique Jean, 74 ans récemment interpellé par une légionellose qui a touché un couple d’amis et les a conduits à l’hôpital ; une idée fausse en l’occurrence, puisque l’eau est de meilleure qualité qu’il y a 20 ans - même si des incidents surgissent ponctuellement - mais une idée bien inscrite dans les esprits.
Le bruit, lui aussi, a une place à part chez les seniors.
Souvent perçu comme une nuisance secondaire pour l’ensemble de la population, les âgés considèrent au contraire que celui-ci constitue un risque très élevé pour la santé. En cause, principalement, la circulation routière et le voisinage.

Enfin, paradoxalement, alors que la qualité de l’air influe sur la santé des enfants et des âgés, ces derniers, se déclarent moins préoccupés du risque sanitaire et des effets délétères de l’air pollué et du monoxyde de carbone. Peut-être une conséquence d’une baisse de la sensibilité de l’odorat liée à l’âge ?

 

* INCA Institut National Contre le Cancer - Baromètre santé environnement 2007 : www.e-cancer.fr

Institut national de prévention et d'éducation pour la santé - INPES

 

Commenter cet article sur Facebook

"Partager

Notez l'article