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Les dangers de la sédentarité, les mérites de l’activité physique
La sédentarité
Le mot « sédentarité » a pour origine le verbe latin sedere (être assis). Toutefois sédentarité, qui correspond à un comportement général, ne signifie pas inactivité qui représente un comportement ponctuel ; ainsi la personne assise, lisant un livre, sera physiquement inactive temporairement, mais pourrait être active, voire très active, à d’autres moments.
La sédentarité donc, qui nous intéresse ici, est convenablement définie par l’inactivité physique, celle qui concerne les personnes effectuant moins de 30 minutes par jour d’activité physique modérée à intense, selon la définition communément admise, c’est-à-dire provoquant un léger essoufflement. En 2002, l’organisation mondiale de la santé (OMSabréviation d’Organisation mondiale de la santé. Source) a ainsi retenu ce seuil de 30 minutes.
Les méfaits du « progrès »
Le progrès technologique qui a marqué le XXème siècle a modifié considérablement nos habitudes de vie courante, tant dans nos activités personnelles que professionnelles.
La mécanisation par toutes sortes de « robots », à l’usine, aux champs, à la maison... a fortement diminué la part de gestes et d’efforts que, dans le passé, nous devions accomplir quotidiennement. Escaliers mécaniques, transports en commun ou en automobile personnelle, ascenseurs et autres tapis roulants, contribuent à faire de l’humain moderne un être statique qui, inévitablement, s’expose à des conséquences graves en termes de santé.
Sa dépense énergétique journalière a fortement baissé, et l’on peut parler à présent d’une véritable « épidémieaugmentation inhabituelle du nombre de cas d’une maladie transmissible (infectieuse) dans une région ou une population donnée. Adjectif : épidémique. Voir endémie, pandémie. Source » d’inactivité physique.
De surcroît, et c’est là un sujet de forte préoccupation, nos mauvaises habitudes d’aujourd’hui se transmettent aux jeunes générations : si 4 enfants sur 5 âgés de 5 à 9 ans se rendaient à l’école à pieds à la fin des années 70, ils ne sont plus que 1 sur 2 à le faire à la fin des années 90. Sur ce point, le glissement continu vers la sédentarité n’est certes pas seul en cause dans le recours grandissant aux moyens de transport ; il faut y ajouter, en milieu urbain notamment, l’environnement insécuritaire, réel ou ressenti comme tel.
Mais, fort heureusement, les enfants pratiquent plus volontiers que les adultes une activité physique, sportive ou ludique.
On ne peut évidemment pas agir sur l’âge ou sur le sexe pour corriger la tendance à la baisse d’activité physique, mais on peut susciter et favoriser la motivation, en particulier chez les jeunes, de façon à installer de nouvelles habitudes et, plus généralement, un nouveau mode de vie.
Les dangers de la sédentarité
La première, mais surtout la plus visible, conséquence néfaste de l’inactivité physique est la prise de poids et, progressivement, la survenue de l’obésité. Ce problème est à présent bien connu du public, ce qui l’est moins sont les risques liés au surpoids et à l’obésité.
Il existe une susceptibilité individuelle favorisant l’obésité ; nous ne sommes donc pas tous égaux face à ce fléau, mais son expansion actuelle résulte d’un déséquilibre de la balance énergétique entre les apports et les dépenses. Si nous mangeons aujourd’hui plutôt moins (en quantité) que dans les années 1950, nos aliments ont considérablement changé en « qualité ». Leur valeur calorique moyenne a beaucoup augmenté du fait de leur forte teneur en graisses et en sucres.
Parallèlement, nous bougeons moins, beaucoup moins, et nous ne brûlons donc pas cet apport énergétique massif. Il faut savoir que 30 minutes de position assise par jour à la place d’une marche à pied peut entraîner une prise de poids de 1 kilo par an. Et l’on constate, notamment chez les personnes jeunes, un parallélisme entre l’obésité et le nombre d’heures passées devant la télévision : en moyenne, 1 à 3 heures par jour pour l’enfant et l’adolescent.
Moins visibles, mais tout aussi redoutables que l’obésité, sont les risques de la sédentarité, en premier lieu le risque cardio-vasculairequi se rapporte aux vaisseaux sanguins. Source. Le schéma ci-dessous montre, mieux qu’un long discours, le déploiement des nombreux désordres ayant pour origine l’inactivité physique et dont la principale conséquence est le développement de l’athérome, signe avant-coureur de l’infarctus du myocarde et de l’accident vasculaire cérébral. Comme on peut l’observer dans ce schéma, et comme dit en introduction de cet article, l’humain n’est vraiment pas fait pour négliger les efforts de son corps...
Les mérites de l’activité physique
Lors d’un exercice physique, la contraction des muscles puise dans la réserve énergétique. Si l’exercice est de faible intensité et sur une durée prolongée, ce sont les lipides (graisses) qui représentent la source d’énergie majoritaire (60 à 80 %), les glucides (sucres) couvrant pour leur part les 20 à 40 % restant. Quand l’intensité de l’effort augmente, ce sont ces glucides qui prennent le relais et fournissent progressivement la quasi-totalité de l’apport énergétique.
On voit, au travers de ce simple dispositif, que l’effort physique est nécessaire, voire indispensable, à l’élimination d’un stock trop important de graisses et de sucres dans l’organisme ; cette graisse qui, sinon, va s’accumuler sur la paroi de nos artères, et ce sucre qui va lui aussi s’accumuler dans le sang.
Le taux de glycémieteneur du sang en glucose. Voir hypo- et hyperglycémie. Adjectif : glycémique. Source
La glycémie par exemple, c’est-à-dire la quantité de sucre dans le sang, est diminuée par l’effort et l’utilisation musculairequi se rapporte aux muscles. Source du glucosemolécule de sucre directement assimilée par les cellules. Source. Après un exercice, cet effet bénéfique disparaît dans les 48 heures, c’est pourquoi il est important de répéter l’exercice physique régulièrement, à raison de 3 séances au moins par semaine. Il pourra s’agir d’exercices à caractère sportif, les exemples ne manquent pas, y compris la marche si naturelle, ou de tâches pratiques qui supposent un effort physique.
Le taux de lipides
S’agissant de la destruction des graisses, il faut retenir que l’exercice physique est plus efficace qu’un jeûne de 3 jours ! Il en résulte une amélioration de la qualité du LDL-cholestérol (cholestérol néfaste) et, potentiellement, une augmentation du HDL-cholestérol (cholestérol bénéfique). De même, le taux de triglycérides (qui appartiennent à la catégorie des graisses) se trouve diminué.
Ainsi, sur les deux principales sources d’énergie, l’activité physique agit en équilibrant les dépenses et les apports.
La pression artériellepression exercée par le sang dans les artères. Elle est différente en fonction des divers temps de la révolution cardiaque (augmentée lors de la systole et diminuée lors de la diastole. L’écart entre ces deux pressions est appelé pression différentielle). La pression artérielle s’exprime en millimètre de mercure (mmHg) pour un adulte, la pression artérielle normale est comprise entre 150 et 90 mmHg. Source
La tension artérielle va, elle aussi, être diminuée par une activité physique régulière modérément intense. Chez les personnes hypertendues, une baisse appréciable est observée qui, ajoutée à celle obtenue par les médicaments, permet de gagner en normalisation des chiffres de la tension.
Le surpoids
Une augmentation de la dépense énergétique de 200 Kcalsymbole de kilocalories. Source par jour peut réduire le poids de 5 kilos en 6 à 12 mois ; à condition bien sûr que cette perte de poids ne soit pas compensée par des prises alimentaires accrues.
Les vaisseaux sanguins
L’exercice physique permet d’augmenter le diamètre des grosses artères et de multiplier le nombre des très petites (vaisseaux capillaires), ce qui produit une amélioration de l’irrigation des organes par le sang, et ralentit le développement de l’athérosclérose.
Alors, bougeons !
Chaque personne, selon son âge et son état général de santé, peut augmenter son activité physique en prenant, si besoin, un avis médical. Et, s’il n’est pas inutile de garder à l’esprit que l’activité physique représente une alternative essentielle à tous les médicaments actuellement disponibles, ce peut être un réel plaisir de renouer avec notre nature profonde qui, aujourd’hui plus que jamais dans l’Histoire de l’humanité, nous commande de bouger.



