Quand s’inquiéter devant une scoliose de l’enfant ?

le mercredi 09 février 2011
par Annie Dumonceau
Entre scoliose et attitude scoliotique, il n’est pas toujours facile de faire la différence. Il est donc préférable de s’alarmer à tort et ne pas passer à côté d’une scoliose.

La scoliosedéviation latérale de la colonne vertébrale. Adjectif et nom : scoliotique. Voir cyphose et lordose. Source correspond à une déformation de la colonne vertébrale en S, qui est liée à la torsion d’une ou plusieurs vertèbres sur elle(s) même(s). Il faut bien la distinguer de l’attitude scoliotique, qui est une mauvaise position de l’enfant qui se tient mal.

Beaucoup plus fréquente et moins grave, l’attitude scoliotique est une déviation latérale de la colonne vertébrale qui compense par exemple un déséquilibre du bassinrécipient piriforme que l’on glisse sous les fesses d’une personne alitée afin qu’elle puisse faire ses besoins. Source, sans véritable torsion des vertèbres ni déformation du tronc.

La scoliose peut survenir dès la naissance et jusqu’à la fin de la maturitéétat de développement complet. Adjectif : mature. Source osseuse vers 13-15 ans. Elle est plus fréquente chez les filles (80 %) que chez les garçons (20 %). Environ 2 à 3 % des adolescents ont une scoliose, mais seulement 0,3 à 0,5 % ont des courbes dépassant 20º. Dans 70 % des cas, les scolioses sont idiopathiques, c’est-à-dire qu’aucune cause n’est retrouvée.

Il existe parfois une prédisposition familiale ou une maladie neuromusculaire (myopathietoute affection touchant les muscles et plus particulièrement les atteintes dégénératives. Adjectif : myopathique. Nom : myopathe. Source). En revanche, l’alimentation, la posture, la pratique de sports ou le port d’un cartable trop lourd ne sont pas responsables de la survenue d’une scoliose. Un diagnostic précoce est primordial, car le risque d’aggravation se majore à la pubertépériode de la vie durant laquelle l’individu acquiert la maturité sexuelle. Adjectifs : pubère, pubescent. Source.

Repérer la scoliose

Peu douloureuse, la scoliose est souvent découverte par le médecin ou les parents qui constatent une asymétrie de la taille, un déséquilibre des épaules ou une déformation en S de la colonne vertébrale. Au moindre doute, il suffit de faire pencher l’enfant en avant et voir s’il apparaît ou non « une bosse » sur le relief de la colonne vertébrale.

L’examen radiologique confirme le diagnostic et permet d’effectuer des mesures précises de la déformation et de déterminer si la croissance se termine, ce qui marque la fin de l’évolution de la scoliose, sauf pour les scolioses sévères.

Quels sont les traitements disponibles ?

Plusieurs traitements sont possibles selon le degré de gravité et l’évolution de la scoliose, ainsi que l’âge de l’adolescent. Leur but est d’éviter l’aggravation et, au mieux, de corriger la courbure pour éviter les complications. Seulement 10 % des adolescents ayant des courbes de plus de 10º ont besoin d’un traitement actif.

Parmi ceux-ci, 85 à 90 % peuvent être traités avec des méthodes non-chirurgicales.
Si la scoliose est légère ou s’il s’agit d’une attitude scoliotique, la kinésithérapieutilisation des mouvements actifs ou passifs à des fins thérapeutiques. Le spécialiste est un kinésithérapeute. Abréviation : kiné. Source est préconisée pour muscler le dos et le thorax, corriger les mauvaises postures et améliorer les capacités respiratoires. Pour les formes moyennes à sévères (20 à 40 % de courbure), un traitement orthopédique (port de corset plâtré ou amovible) est préconisé afin de stopper l’évolution de la scoliose et, dans certains cas, la corriger partiellement.

En revanche, pour les scolioses les plus sévères (au-delà de 45° de courbure), le recours à la chirurgiepartie des actions thérapeutiques comportant une intervention manuelle dans un but de traiter ou de restaurer l’anatomie d’une personne. Le spécialiste est le chirurgien. Adjectif : chirurgical. Source est fréquent pour corriger la courbure et rétablir l’esthétique de la colonne vertébrale, en soudant entre elles les vertèbres déformées dans la meilleure position de correction grâce à une greffeopération qui consiste à transférer un tissu ou un organe sur une autre partie d’un même individu (autogreffe) ou d’un individu différent (allogreffe, hétérogreffe), afin qu’il reste vivant. Adjectif : greffé. Source osseuse.

 

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