Traitement hormonal de la ménopause et cancer : le débat continue
Traitement hormonal substitutif et cancertumeur constituée par la prolifération anarchique de cellules anormales qui envahit les structures avoisinantes et qui produit des métastases. Adjectif : cancéreux. Source du sein
Les campagnes de dénigrement des traitements hormonaux de la ménopausepériode génitale caractérisée par l'arrêt des règles, et correspondant à l'interruption de l'activité ovarienne. Cette période s'accompagne généralement de bouffées de chaleur, de régression des caractères sexuels et de perturbations psychiques et hormonales. Adjectifs : ménopausique, ménopausée. Source ont porté sur l’augmentation du risque de présenter un cancer du sein. L’information médiatique a déformé l’importance du risque d’une part, et d’autre part a fait l’amalgame entre différents cancers du sein, mortels pour certains, de très bon pronosticestimation de la gravité ou de l’évolution d’une pathologie. Adjectif : pronostiqué. Source pour la plupart des cancers apparu après la ménopause.
L’étude des résultats scientifiques de la publication américaine montre que le risque de présenter un cancer du sein chez les femmes traitées correspond à 8 cancers du sein supplémentaires diagnostiqués chaque année pour 10 000 femmes traitées.
Ce risque très faible sur le plan statistique n’est pas différent du risque représenté par une première grossesseétat qui caractérise une femme enceinte. Source tardive (après 38 ans) et chaque gynécologue en Europe et aux Etats Unis sait combien aujourd’hui, nombre de femmes envisagent leur première grossesse à cet âge, sans qu’aucun médecin n’ait la moindre envie de les inquiéter sur ce point.
Par ailleurs, plusieurs études scientifiques ont montré que l’exercice physique régulier après la ménopause (trois séances de ¾ d’heure par semaine de marche rapide) diminuait le risque d’apparition de cancer du sein, dans les mêmes proportions que l’étude américaine montrant l’augmentation du risque avec le traitement hormonal de la ménopause.
Ces campagnes ont amalgamé les cancers du sein de pronostic réservé, aux cancers du sein de très bon pronostic, tels que ceux dépistés après l’installation de la ménopause.
Dans les vingt dernières années, le nombre de cancers du sein dans le monde entier a nettement augmenté, touchant à la fois des patientes jeunes jusqu’à présent indemnes de cancer du sein, et des femmes ménopausées.
Augmentation pour ces dernières due au fait d’une espérance de vie allongée, mais surtout de la mise en place de protocoles de dépistage systématique. Ainsi, alors que le nombre de cancers du sein déclaré a été multiplié par 3 en vingt ans, la mortalitéfréquence des décès recensés dans une période donnée par rapport à la population totale. Source liée à ces mêmes cancers du sein est restée stable, témoignant de l’amélioration notable des résultats, tant en matière de précocité du diagnostic, qu’en matière d’impact des traitements.
Cette amélioration est particulièrement remarquable chez les patientes ménopausées présentant un cancer du sein ; plus de 8 patientes sur 10 ayant une tumeurmultiplication non inflammatoire de tissus constitués soit de tissus normaux (tumeur bénigne) ou de cellules atypiques (tumeur maligne ou cancéreuse). Synonyme de néoplasie. Adjectif : tumoral. Source de moins de 2 cm étant vivantes avec dix ans de recul.
Toute la communauté scientifique a confirmé que les traitements hormonaux de ménopause ne pouvaient pas être responsables de l’apparition d’un cancer du sein, mais seulement modifier l’évolution de certains cancers sensibles aux apports hormonaux.
Enfin, l’analyse précise de l’étude américaine a permis de définir que le risque accru de cancer du sein chez les patientes traitées était lié à l’utilisation d’un progestatif artificiel peu ou pas utilisé en Europe.
En Europe, les traitements de la ménopause utilisent préférentiellement des hormones naturelles, dont plusieurs études ont confirmé qu’elles n’augmentaient pas le risque de présenter un cancer du sein.
Traitement hormonal substitutif et autres cancers
Les cancers du col de l’utérus et des ovaires ne sont pas modifiés par les traitements hormonaux. La réalisation de frottis cervicaux à intervalle régulier permet de dépister les lésions précancéreuses du col utérin et de diminuer le nombre de cancers du col chez les patientes régulièrement suivies.
Le cancer du corps de l’utérus, dont la fréquence augmente avec l’âge et le poids des patientes, voit son incidence diminuer lors de la prescriptionconseil thérapeutique donné par le médecin lorsqu’il les écrit, c’est une ordonnance. À l’hôpital, les prescriptions doivent obligatoirement être écrites, datées et signées. Source de traitements hormonaux de la ménopause, associant œstrogène et progestérone naturels.
Enfin, toutes les publications concernant les traitements hormonaux substitutifs, que ce soit avec des hormones artificielles telles qu’aux Etats Unis, ou des hormones naturelles telles qu’en Europe, ont montré une diminution nette des cancers du côlon chez les patientes traitées.
Or le cancer du côlon en Europe est le troisième cancer en fréquence chez la femme. Son pronostic est beaucoup plus réservé que celui du cancer du sein.
Ménopause et disparition des hormones
« L’on voudrait nous faire croire que la ménopause est l’antichambre de la décrépitudestade ultime de la sénilité caractérisé par un état de déchéance totale. Adjectif : décrépi. Source. Tout peut vous arriver à 50 ans, l’amour, le désamour, un nouveau métier, la découverte d’un art. Comment accepter d’être mise sur la touche pendant le quart de sa vie ? » Benoîte Groult (Mon évasion).
La ménopause traduit l’arrêt complet du fonctionnement de l’ovaire à la cinquantaine (48-55 ans).
Il s’agit d’un phénomène naturel de vieillissement de l’ovaire. La disparition des hormones sexuelles se traduit par de nombreux symptômes, certains seulement gênants, d’autres potentiellement graves compte tenu de l’espérance de vie actuelle en Europe et de la durée de vie sans apport hormonal.
La disparition des œstrogènes a des conséquences très importantes sur deux appareils :
Le système osseux et l’ostéoporose
La disparition des œstrogènes entraîne une fragilisation progressive de la densité osseuse, pouvant aboutir à des fractures spontanées ou à la suite de chutes minimes (fractures du poignet, tassements vertébraux, fractures du col du fémur).
L’ostéoporose constituée est responsable d’une altération importante de la qualité de vie, pouvant aboutir à la mort de la personne.
La solidité osseuse peut être appréciée par un examen simple (ostéodensitométrie).
L’appareil cardio-vasculairequi se rapporte aux vaisseaux sanguins. Source
Les femmes sont protégées des maladies cardio-vasculaires par les œstrogènes. Le risque cardio-vasculaire rejoint celui des hommes vers 65 ans si la ménopause n’est pas traitée, surtout s’il existe d’autres facteurs de risques de maladie cardiovasculaire, tels que le tabac et le surpoids.
Le traitement hormonal de la ménopause : un grand progrès de la médecine moderne
La période d’installation de la ménopause est une période idéale pour faire le point. Faire le point sur son capital santé, sur les facteurs de risque et les comportements individuels pouvant interférer sur la qualité de vie (poids, tabagismeintoxication due au tabac. Source, antécédents médicaux).
Faire le point sur les possibilités de traitement du déficitsynonyme de carence, de manque. Source hormonal de la ménopause, qui aura pour objectif de corriger tous les troubles dépendant de l’absence d’oestrogène (prescription d’hormones naturelles), tout en prévenant les complications aggravées par l’espérance de vie aujourd’hui en Europe (ostéoporose et maladies cardio-vasculaires).
La correction des facteurs de risque : tabac, poids, associés au traitement médical de la ménopause de façon indéfinie, comme l’ont rappelé les spécialistes lors du congrès de Madrid en mai 2008 (ME.NO.PAUSE) permet à chaque patiente de vieillir sereinement en gardant toutes ses capacités psychologiques et physiques le plus longtemps possible.
Pour en savoir plus
Visitez le site de la Société Française de Cancérologie Privée : www.sfcp-cancer.com
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