Hôpitaux : la FHF réclame un fonds vert d’un milliard
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Les hôpitaux publics réclament, dès 2027, un fonds vert annuel d’un milliard d’euros pour adapter leurs bâtiments au climat, et une hausse de 3,9 % de leur budget. Après un été marqué par 52 jours de canicule et plus de 7 300 décès en excès, l’urgence climatique s’ajoute à des finances déjà dégradées.
L’essentiel à retenir : un fonds vert d’un milliard et un budget en hausse
Le 8 septembre 2026, la Fédération hospitalière de France (FHF) a présenté ses demandes budgétaires pour 2027. Ces annonces arrivent après un été caniculaire record et dans un contexte financier toujours dégradé.
Cette hausse se décompose en 3,2 % pour l’évolution des besoins de santé et 0,7 point pour la compensation de la hausse des cotisations retraite CNRACL.
Au total, ces demandes représentent environ 4,4 milliards d’euros de crédits supplémentaires pour 2027. Le fonds vert serait mobilisable dès le début de l’année prochaine.
La FHF estime que la situation financière des établissements publics demeure profondément dégradée. En 2024, le déficit cumulé a atteint 2,9 milliards d’euros.
Pour 2025, le déficit devrait s’établir autour de 2,3 milliards d’euros, soit le troisième niveau le plus élevé de ces vingt dernières années.
Le gouvernement doit répondre dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027 pour l’ONDAM, et dans le projet de loi de finances (PLF) 2027 pour le fonds vert.
Ces demandes répondent à un constat d’urgence, après un été marqué par des épisodes caniculaires intenses. Elles s’inscrivent dans les discussions budgétaires en cours pour 2027.
Au gouvernement de trancher maintenant. Vous saurez à l’automne si ces demandes aboutissent.
Pourquoi l’été 2026 a changé la donne pour les hôpitaux
Vous l’avez vécu : 52 jours de canicule intense et plus de 7 300 décès en excès depuis mai, selon le bilan de la FHF.

L’enquête du syndicat Samu-Urgences de France a mesuré 32 °C ou plus dans la moitié des services d’urgence ayant répondu. Un niveau dangereux pour les patients comme pour le personnel.
Le docteur Yann Penverne, président du syndicat, juge ce niveau dangereux : quand il y a excès de température, les malades meurent plus et il est beaucoup plus difficile de travailler.
Pendant les épisodes caniculaires, l’activité du SAMU a augmenté jusqu’à 40 %, avec des pics territoriaux de 60 à 70 %. Celle des urgences a progressé jusqu’à 30 %.
Pour faire face, 67 % des centres hospitaliers et CHU ont eu recours aux heures supplémentaires, et 52 % au temps de travail additionnel. De quoi tenir, mais à quel prix.
La FHF insiste sur le fond : ce parc hospitalier a été pensé pour le climat de 1980, alors que les dérèglements attendus pour 2050 sont déjà là. Un établissement sur deux estime que ses locaux n’étaient pas adaptés aux températures extrêmes.
Une réponse d’urgence ne fait pas une stratégie, résume la FHF. C’est toute la différence entre les 100 millions débloqués en juin et le fonds vert qu’elle demande. Personne n’a envie de revivre ça.
Le fonds vert : à quoi serviront les 1000 millions d’euros
Le fonds vert serait doté d’un milliard d’euros par an, hors ONDAM. Les établissements publics sanitaires et médico-sociaux, ainsi que les facultés de santé, pourraient en bénéficier, avec une mobilisation dès le début de l’année 2027.
La FHF le décompose en trois fonctions :
- engager les travaux d’adaptation déjà identifiés : isolation thermique, protections solaires, ventilation, rafraîchissement des locaux ;
- renforcer la performance climatique et énergétique des projets de construction ou de rénovation déjà programmés ;
- acquérir des solutions de production de froid décarbonées avant les premiers épisodes de chaleur de 2027.
Ces trois chantiers répondent à une même logique : adapter le bâti, pas le refroidir. La priorité est claire : traiter d’abord les lieux où se trouvent les patients et résidents les plus fragiles. Pas question de climatiser indistinctement chaque mètre carré.

Cette enveloppe reste en deçà des besoins. Arnaud Robinet, président de la FHF, évaluait dès juillet 2026 le coût d’adaptation des établissements à environ 2 milliards d’euros par an, un chiffre validé par l’Inspection générale des affaires sociales. Le fonds vert couvrirait la moitié.
Budget 2027 : 3,9 % de hausse demandée, malgré un déficit record
4,4 milliards d’euros, c’est le montant des crédits supplémentaires que la FHF demande pour les établissements de santé en 2027. Une hausse de 3,9 % de l’ONDAM, qui se décompose en deux parts.
3,2 % financent l’évolution des besoins de santé. Les 0,7 point restant compensent intégralement la hausse des cotisations retraite CNRACL.
Certains arrondissent le total à 4,3 milliards, mais la fédération retient bien 4,4 milliards.
Ce montant dépasse le déficit annuel des hôpitaux publics, estimé à 2,3 milliards d’euros en 2025. Vous mesurez l’écart : la demande est plus ambitieuse que le trou à combler.

Le médico-social suit le même mouvement. La FHF demande une hausse de 4,3 % de l’objectif global de dépenses (OGD) pour 2027.
Les priorités :
- Personnes âgées : 4,8 % de hausse
- Personnes handicapées : 3,6 % de hausse
Cette hausse doit permettre de poursuivre le développement de l’offre, de renforcer les effectifs dans les Ehpad et de généraliser la fusion des sections soins et dépendance. Un programme qui a un coût, et la fédération le chiffre.
Le constat financier explique une telle ampleur. Le déficit cumulé des hôpitaux publics a atteint 2,9 milliards d’euros en 2024, un record inédit depuis 2005.
En 2025, il s’établit autour de 2,3 milliards d’euros, le troisième niveau le plus élevé de ces vingt dernières années. Le mieux est là, mais il reste fragile.
Les déficits accumulés épuisent les réserves des établissements et allongent les délais de paiement des fournisseurs. La fédération évoque un risque systémique : des établissements en difficulté pour honorer leurs échéances, et des entreprises qui renoncent aux marchés publics hospitaliers.
Le sous-financement est structurel. L’IGAS a évalué à 1,7 milliard d’euros le manque sur les dépenses de personnel, qui reste à la charge des hôpitaux.
L’investissement annuel atteint environ 5 milliards d’euros, quand la fédération estime qu’il faudrait 7 à 9 milliards pour maintenir le patrimoine et adapter les bâtiments au climat.
L’année dernière, l’ONDAM hospitalier avait été rehaussé de 3,3 %. La demande pour 2027 s’inscrit dans une trajectoire plus ambitieuse, et le gouvernement devra trancher.
Ce que la FHF attend du gouvernement à l’automne
L’arbitrage de l’automne
Les discussions budgétaires sont en cours à la mi-septembre. Le gouvernement doit répondre dans deux textes distincts : le PLFSS 2027 pour l’ONDAM, et le PLF 2027 pour le fonds vert.
L’ONDAM est voté chaque année par les parlementaires lors de l’examen de la loi de financement de la Sécurité sociale. En 2026, ce budget hospitalier avait été rehaussé de 3,3 %.
La visibilité pluriannuelle
Au-delà de ces arbitrages annuels, la FHF réitère sa demande d’une loi de programmation en santé pluriannuelle. Elle demande à chaque candidat à l’élection présidentielle de s’engager à la faire adopter dès l’automne 2027.
Un plan d’investissement de 6 milliards d’euros pour 2026-2035 a déjà été annoncé par la ministre de la Santé en mai. Il ne couvre pas, selon la FHF, l’ampleur des besoins d’adaptation.
L’arbitrage se joue maintenant : le PLFSS et le PLF 2027, examinés dans les prochaines semaines, diront si le fonds vert et la hausse de 3,9 % voient le jour. Vous pouvez suivre leur parcours parlementaire pour mesurer l’ampleur de la réponse du gouvernement.