Les soins du diabétique, un vrai parcours
Décryptage
La découverte du diabète relève de trois possibilités. La première tient du dépis-tage systématique, le cas le plus fréquent en France ; la deuxième possibilité est la manifestation de symp-tômes lorsque la glycémieteneur du sang en glucose. Voir hypo- et hyperglycémie. Adjectif : glycémique. Source est déjà élevée, avec par exemple une sensation anormale de soif, des urines plus fréquentes, notamment la nuit et un amaigrissement sans altération de l’appétit.
Un chiffre : 7 %
Il s’agit du seuil en dessous duquel on considère que le diabète est sous contrôle.
Enfin l’apparition de complications, telles que l’infarctus ou la plaierésultat de l’effraction des tissus d’une manière traumatique ou chirurgicale (perte de continuité cutanée). Voir cicatrisation. Source du pied marque le diagnostic, notamment chez des patients asympto-matiques. Les deux derniers modes de découverte de la maladie signent l’échec de la bonne prise en charge médicale et thérapeutiquequi peut guérir une maladie. Source. Quelle doit-elle être alors ?
Dépistage large
Avant même de parler de parcours de soin, il faut aborder le dépistage préventif, permettant d’éviter d’entrer dans la maladie. Le médecin du travail le pratique depuis plus de trente ans avec le test urinairequi se rapporte à l’urine (formation et excrétion). Source. En cas de suspicion, le médecin renvoie le salarié vers son médecin traitant. L’autre possibilité de dépistage précoce du diabète revient au généraliste qui a connaissance des antécédents familiaux ou environnementaux de la personne diabétique, il devra alors procéder à une mesure de la glycémie, chez le jeune adulte. Cependant, il n’existe pas actuellement de consensus sur l’âge auquel pratiquer cet examen.
Une exception, pour les femmes ayant fait un diabète gestationnel, il existe une forte présomption de développer un diabète de type 2 dans les dix années suivant l’accouchement. Le dépistage a donc une double valeur : mettre en évidence la maladie déclarée et aussi déterminer la présence du diabète. Il faut y voir alors toute la dimension positive d’avoir un résultat négatif. Lorsque le diabète est avéré, il convient de met-tre en œuvre un parcours de soins, coordonné par le médecin traitant, généraliste la plupart du temps. Ce peut aussi être un diabétologue.
Surveillance tout azimut
La découverte du diabète nécessite un bilanensemble des examens (biologiques, radiologiques…) permettant de surveiller l’évolution de l’état de santé d’un patient. Adjectif : bilanté. Source clinique et biologique pour décider du traitement et de la surveillance de la maladie. La maladie étant rarement isolée, ce bilan doit permettre de repérer d’éventuels désordres métaboliques : anomalie des lipides par dosage sanguin et durcisse-ment des artères par mise en évidence d’une hypertensionaugmentation de la pression artérielle au-dessus des limites normales (150/100 mm Hg). Nom : hypertendu. Adjectifs : hypertendu, hypertensif. Source artérielle notamment.Le médecin généraliste procède également à des tests pour détecter d’éventuelles lésions sur certains organes et vaisseaux sanguins. Ainsi, au niveau de la surveillance des yeux, il conseille systématiquement une consultation ophtalmologique ou un dépistage par rétinophotographie.
Ces dernières sont réalisées dans un service hospitalier d’endocrinologie ou dans des centres médicaux libéraux, par des infirmiers ou orthoptistes pour être ensuite interprétées par un ophtalmologiste. Au niveau du cœur, un électrocardiogrammetracé reproduisant l’activité cardiaque (ECG). Source doit être réalisé annuellement. Le médecin généraliste peut s’en charger. Il pourra ensuite faire réaliser, si besoin et sous contrôle d’un cardiologue, un test d’effort. Quant à une éventuelle atteinte neurologique, le médecin la détermine à l’aide de deux instruments, le monofilament et/ou le diapason. Pour surveiller les artères, le médecin palpe celles des jambes et écoute les carotides du cou.
L’observation clinique des artères et des nerfs des jam-bes permet de mettre à jour une éventuelle artériteatteinte artérielle inflammatoire. Adjectif et nom : artéritique Source ou une neuropathietoute affection du système nerveux central et périphérique. Source qui signe un pied à risque, néces-sitant un suivi à chaque consultation et un recours au podologue. Enfin pour la surveillance des reins, le médecin fait réaliser par un laboratoire, un dosage de la micro albuminurieprésence anormale d’albumine dans les urines. Source (présence d’albumine dans les urines). La micro albuminurie est un marqueur de néphropathietoute affection des reins. Source débutante, une atteinte des nerfs mais également de lésions vasculaires généralisées.
7 points de suivi minimal annuel
- Visites chez son médecin traitant et/ou diabétologue (4 fois)
- Dosages d’HbA1c (4 fois)
- Visite chez l’ophtalmo-logue (1 fois)
- Bilan dentaire (1 fois)
- Bilan lipidique (1fois)
- Bilan biologique rénal (1 fois)
- Électrocardiogramme (1 fois)
Source : Haute autorité de santé, "La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 2, avril 2007)
Contrôle de la glycémie par le généraliste
Le rôle du généraliste, au-delà de ce bilan, est de faire baisser la glycémie, pour prévenir les risques de complications. Il définit avec le patient un objectif de glycémie à atteindre, prédéterminé par les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Les objectifs sont établis sur le dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Ce dosage sanguin reflète le niveau moyen de la glycémie (taux de sucre dans le sang) au cours des 3-4 derniers mois. Il est obtenu à l’aide d’une prise de sang pour laquelle il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Pour les personnes non diabétiques, la norme est établie à 4-6 %.
Afin de préserver un taux d’HbA1c inférieur à 6 %, le médecin généraliste préconise au patient des mesures d’hygiène associant l’activité physique régulière et un régimeRationnement alimentaire avec exclusion ou apport de certains éléments (régime hyposodé, régime hyperprotidique). Voir diète. Source avec suppression d’un tiers de ration calorique.Si le patient ne parvient pas à rester sous ce seuil, après 6 mois, un traitement médicamenteux oral est prescrit. L’objectif optimal est alors d’obtenir une HbA1c inférieure à 6,5 %. Parce que le diabète de type 2 s’auto-aggrave dans le temps, avec la fonction déclinante du pancréas, il convient de rééquilibrer le traitement.On peut ensuite recourir à des bithérapies (deux types de médicaments agissant par des mécanismes différents) si l’HbA1c est supérieur à 6,5 %. Ces bithérapies sont, en général efficaces, pendant plusieurs années.
L’aide infirmière
Lorsque le dosage d’hémo-globine glyquée atteint les 7 %, le médecin fait appel à la trithérapie (trois types de médicaments différents) orale ou aux injections d’insuline. Jusqu’à ce stade, le généraliste officie seul. Quand vient le temps des injections, il peut demander l’aide d’un infirmier. Ces professionnels de santé vont ensuite apprendre au patient à se piquer et s’injecter la bonne dose. Le médecin généraliste peut également demander l’avis d’un diabétologue pour l'aider à stabiliser le taux d'hémoglo-bine glyquée de son patient. Une diététicienne peut aussi intervenir pour aider le malade à équilibrer son alimentation.
Les réseaux un support du parcours
Des réseaux de prise en charge des personnes diabétiques permettent de réunir les professionnels de santé intervenant dans le parcours de soins. Le médecin traitant peut, à la demande du patient, faire entrer ce dernier dans un réseau ou lui conseiller cette alternative de soins. Les personnes diabétiques peuvent ainsi bénéficier d’un accompagnement diététiquerègles alimentaires qui contribuent à maintenir la santé. Voir sitiologie. Source pris en charge par l’assurance maladie, (ce qui n’est pas le cas hors réseau) ou de soins par des podologues spécialisés en cas de risque de lésion des pieds. Des infirmiers dis-pensent également une éducation thérapeutique pour par exemple bien réaliser l’autocontrôle de la glycémie. Les réseaux sont référencés sur le site www.ancred.fr, association nationale de coordination des réseaux de diabète.
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