Arthrosamid : une injection pour soulager le genou plusieurs années ? Les questions à poser avant de vous décider
Une injection unique d’Arthrosamid a été associée à un soulagement encore observé à cinq ans, sans comparaison maintenue pendant toute cette durée. Avant de la choisir pour votre arthrose du genou, faites préciser le bénéfice attendu, le suivi, les risques et le coût : ce recul ne garantit ni cinq années sans douleur ni un cartilage réparé.
En bref
- Le suivi à cinq ans porte sur une prolongation observationnelle : 58 des 119 personnes initialement traitées ont terminé ce suivi.
- La synthèse des études ne permet pas de recommander un usage courant, ni d’affirmer une supériorité sur l’acide hyaluronique.
- Demandez un objectif concret, un calendrier de suivi, les précautions dans votre cas et un devis avec confirmation de votre prise en charge.
Qu’attendez-vous de l’injection : moins de douleur ou un genou réparé ?
Marcher jusqu’aux commerces, descendre les escaliers, se relever sans appréhension : avant de parler de produit, dites au médecin ce qui vous manque aujourd’hui. Ce sont ces gestes qui permettront de juger si un traitement vous aide, plutôt qu’une promesse générale de « confort articulaire ».
Arthrosamid est un hydrogel non résorbable de polyacrylamide, composé de 97,5 % d’eau et de 2,5 % de polymère. Il est injecté dans l’articulation du genou. La revue publiée dans The Knee, mise en ligne en mai et parue dans le numéro d’octobre 2026, rassemble les études disponibles sur cette approche. Elle décrit des améliorations de symptômes, mais conclut que les limites des preuves ne permettent pas d’en recommander l’usage courant. [1]
La première question à poser est donc très simple : « Quel bénéfice recherchez-vous pour mon genou, et comment le mesurera-t-on ? » Moins souffrir n’est pas la même chose que réparer le cartilage. Les résultats présentés dans ces études ne vous permettent pas de compter sur une articulation remise à neuf.

« Cinq ans de soulagement » : combien de patients ont été suivis jusque-là ?
Un suivi publié en 2026 apporte un recul intéressant après une injection unique. Il prolonge un essai qui avait comparé l’hydrogel à l’acide hyaluronique pendant un an. Sur les 119 personnes initialement traitées par hydrogel, 91 ont rejoint la prolongation et 58 ont terminé les cinq années de suivi. [2]
À cinq ans, les chercheurs rapportent une amélioration moyenne de 16,2 points sur 100 du score de douleur WOMAC, par rapport au départ. Ce questionnaire évalue notamment la douleur liée à l’arthrose. Il ne s’agit ni d’une baisse garantie de 16,2 % pour chaque patient, ni de cinq années sans douleur.
La prolongation est observationnelle : la comparaison avec l’autre traitement n’est pas maintenue sur cinq ans. Les sorties du suivi compliquent aussi l’interprétation. Le résultat montre qu’une amélioration est encore observée à cette échéance ; il ne démontre pas que tout le bénéfice vient du gel, ni que toutes les personnes injectées en profiteront aussi longtemps. [2]
Demandez plutôt : « Quand fera-t-on le premier bilan ? Quel changement serait suffisant pour moi ? Et que prévoit-on si je n’ai pas de mieux ? » Un calendrier de suivi a davantage de valeur pour votre décision qu’une durée maximale affichée.
Est-il meilleur qu’une autre infiltration pour votre situation ?
La synthèse de The Knee rapporte qu’un essai randomisé n’a pas trouvé de différence statistiquement significative entre hydrogel et acide hyaluronique. Cela ne prouve ni que le gel est supérieur, ni que les deux traitements sont équivalents dans toutes les situations. Les auteurs réclament des études mieux conçues pour préciser efficacité, sécurité et rapport entre coût et bénéfice. [1]
Pour vous, la question est : « Pourquoi me proposez-vous cette option plutôt qu’une autre, compte tenu de mes douleurs et de ce que j’ai déjà essayé ? » Signalez les traitements reçus, leur effet et leur durée, ainsi que votre programme de rééducation. Une réponse décevante à une infiltration précédente ne suffit pas, à elle seule, à annoncer la réussite de la suivante.
Gardez également séparés les traitements injectés et les compléments à avaler. Leurs résultats ne sont pas interchangeables. Dans les deux cas, un effet sur la douleur ne constitue pas une preuve de cartilage régénéré : c’est une distinction utile si plusieurs solutions vous sont proposées pour la même arthrose.
Que sait-on des effets indésirables, et qui joindre après l’injection ?
La revue décrit la douleur transitoire comme l’effet indésirable le plus fréquent, rapporté à 16 %. Elle ne rapporte pas de complication grave dans les travaux qu’elle rassemble. Dans la prolongation à cinq ans, 79 événements indésirables ont été signalés chez 47 participants entre la première et la cinquième année ; aucun n’a été considéré comme lié à l’hydrogel. [1, 2]
Ces observations ne signifient pas « aucun risque » ni « aucune contre-indication ». Elles dépendent des effectifs, du suivi et de la manière d’attribuer un événement au traitement. Le caractère non résorbable mérite aussi une explication avant de consentir : le produit n’est pas destiné à disparaître comme un gel résorbable.
Préparez votre liste de médicaments, allergies, antécédents et autres soins prévus pour le genou. Puis faites préciser les précautions dans votre cas, les symptômes attendus après le geste, ceux qui doivent faire appeler et le contact à utiliser. Demandez aussi comment seront gérées une absence de réponse ou une éventuelle intervention ultérieure. Les résumés scientifiques ne remplacent pas ces consignes personnalisées.

Avant de payer, demandez un devis et une réponse écrite sur la prise en charge
Les publications citées ne permettent pas d’établir un tarif français officiel ni votre remboursement. Ne déduisez pas qu’un traitement est pris en charge parce qu’il est proposé dans un cabinet, et ne transposez pas à cet hydrogel les règles concernant une autre infiltration.
Un devis utile distingue le produit, le geste, les consultations ou examens associés et les rendez-vous de suivi. Faites préciser le coût total prévisible, ce qui reste à votre charge et les documents à transmettre à votre complémentaire. Demandez directement à celle-ci ce que votre contrat couvre ; un accord supposé n’est pas un accord obtenu.
Cette dépense ne doit pas faire disparaître la prise en charge du quotidien. L’Assurance Maladie rappelle la place de l’activité physique adaptée, d’une perte de poids si elle est nécessaire et de la rééducation. Le programme se règle sur vos douleurs ; une poussée douloureuse peut nécessiter un repos relatif temporaire. [3]
Pour décider, repartez de la consultation avec quatre réponses : le bénéfice recherché pour vos gestes quotidiens, la date du bilan, les consignes de sécurité et le coût restant à payer. Vous pouvez prendre le temps de réfléchir. Des résultats encourageants ne vous obligent pas à choisir cette injection, ni à abandonner les soins qui vous aident déjà.
Sources
Farhan-Alanie MM et al. Efficacy of novel polyacrylamide hydrogel injection for osteoarthritis. The Knee, mise en ligne le 18 mai 2026, numéro d’octobre 2026.
https://doi.org/10.1016/j.knee.2026.104492
Bliddal H et al. Sustained symptom relief and safety over five years following a single intra-articular injection of 2.5% polyacrylamide hydrogel in patients with knee osteoarthritis. Clinical and Experimental Rheumatology, mise en ligne le 4 mars 2026.
https://doi.org/10.55563/clinexprheumatol/bsper8
Assurance Maladie. Traitement de l’arthrose du genou, 22 janvier 2026.
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/arthrose-genou/traitement-medical-chirurgical

