Votre kiné prescrit plus de produits de santé : ce qui change
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Votre masseur-kinésithérapeute peut désormais vous prescrire des antalgiques courants, des attelles, des bas de contention et des appareils de rééducation, entre autres. La liste des produits autorisés passe de 16 à 58 catégories, une évolution qui vous évite un détour chez le médecin pour bien des soins courants.
L’arrêté du 14 septembre 2026 : la liste passe de 16 à 58 catégories
Votre kiné prescrit déjà le matériel de rééducation. Mais sa liste officielle vient de passer de 16 à 58 catégories de produits de santé, dispositifs et médicaments compris. Un élargissement qui change concrètement votre quotidien.

Le détail impressionne. Sur les 58 lignes, 42 sont entièrement nouvelles, un bond considérable par rapport à l’ancienne liste. Vous mesurez l’ampleur du changement ?
Les conditions de prescription restent inchangées. Le kiné prescrit hors séance, dans le cadre de sa compétence, chez ses patients. Toujours, sauf indication contraire du médecin. Rien ne change de ce côté.
Ce texte remplace l’arrêté de 2006, désormais abrogé. La nouvelle liste fait foi pour toutes vos prescriptions.
Publié au Journal officiel le 16 septembre 2026, il s’applique dès le lendemain, sans période de transition. Vous pouvez donc en bénéficier immédiatement.
Les médicaments que votre kiné peut maintenant prescrire (et ceux qui restent exclus)
C’est une nouveauté : des médicaments entrent dans le champ de prescription des masseurs-kinésithérapeutes. Vous pouvez désormais repartir de votre séance avec une ordonnance pour un antalgique courant, sans passer par votre médecin.

Voici ce que votre kiné peut prescrire depuis le 17 septembre 2026 :
- Antalgiques palier 1 (paracétamol et anti-douleurs courants), en excluant les formes injectables, la ligne 58.
- Myorelaxants (décontractants musculaires, souvent utiles pour les lombalgies), toujours hors injectables.
- Mucolytiques (pour fluidifier les sécrétions en kinésithérapie respiratoire).
- Antiseptiques locaux, sauf ceux à base de composés iodés.
- Crème anesthésiante et crèmes cicatrisantes, pour les soins courants.
- Sérum physiologique en unidose, et sérum salé hypertonique pour nébulisation, mais seulement en renouvellement.
- Substituts nicotiniques, déjà prescriptibles depuis 2016.
Aussi large soit-elle, cette liste a ses exceptions. Prenez le temps de vérifier si le produit que vous espérez obtenir entre vraiment dans le champ avant de demander l’ordonnance.
Dispositifs médicaux : ce qui s’élargit (lits, orthèses, contention, chaussures)
Finies les allers-retours chez le généraliste pour un simple équipement. Votre kiné prescrit désormais le lit médicalisé et le matelas à air, en location. Les fauteuils roulants, y compris électriques, passent aussi par lui, pour une durée de moins de trois mois. Et les aides au quotidien ? Verticalisateur, planche de transfert, barres de douche ou rehausseur de WC, elles sont toutes dans sa liste.

Maintien et mobilité
- Lit médicalisé et matelas à air (location)
- Fauteuils roulants, 5 types, location sous 3 mois
- Aides au transfert : verticalisateur, planche, barres, fauteuil de repos
Rééducation et appareillage
- Orthèses moulées, rigides, articulées, sur mesure ou non
- Attelles souples, rigides, articulées, y compris sur mesure
- Contention : bas, manchons, bandes, collants, sparadrap
Côté orthèses, l’offre s’élargit nettement. Votre kiné prescrit les modèles moulés, rigides ou articulés, sur mesure ou non. Les attelles suivent le mouvement : souples, rigides, articulées, et même sur mesure, alors qu’en 2006, seul le matériel souple de série était permis. Un vrai progrès pour éviter un aller-retour de plus.
La contention des membres couvre désormais bas, manchons, bandes, chaussettes, bas-cuisse et collants, plus le sparadrap. Les chaussures thérapeutiques de série, temporaires ou durables, entrent aussi dans la liste. C’est une avancée nette : vous repartez équipé de la séance, sans détour, et souvent avec une location plutôt qu’un achat coûteux.
Appareils de rééducation et dispositifs respiratoires : la nouvelle gamme
Les appareils de rééducation électrique entrent dans la liste des prescriptions. Bonne nouvelle, la plupart se louent : vous évitez un achat coûteux pour un usage souvent temporaire.

Votre kiné peut désormais prescrire :
- TENS : boîtier de neurostimulation transcutanée, à la location.
- Électrostimulation musculaire : appareil de type excitomoteur, à la location.
- Stimulation périnéo-sphinctérienne : boîtier à la location ou à l’achat, selon votre besoin.
L’arthromoteur, qui fait travailler l’articulation en continu, se loue aussi. Même chose pour l’appareil de cryocompression, très utile après une opération du genou. De quoi poursuivre une bonne partie de la rééducation depuis chez vous.
Et côté respiration, la gamme s’élargit beaucoup. Votre kiné peut prescrire un spiromètre débitmétrique, des chambres d’inhalation, un aspirateur trachéal, un oxymètre de pouls, un saturomètre ou un tensiomètre. Autant d’outils qui vous rendent plus autonome entre deux séances.
Les limites à connaître : ce qui reste hors de portée de la prescription kiné
Premier réflexe à garder : ne demandez pas à votre kiné de prescrire le gel ou le matériel qu’il utilise pendant la séance. Cette exclusion, reprise mot pour mot de l’arrêté de 2006, ne cède que si le médecin l’indique expressément.
Trois autres limites vous éviteront une déception en pharmacie :
- Injections : les antalgiques et myorelaxants sous forme injectable restent hors champ, sans exception.
- Antiseptiques iodés : seuls les produits sans composés iodés sont prescriptibles.
- Sérum hypertonique : une ordonnance médicale initiale reste obligatoire ; le kiné ne fait que renouveler.
Le sérum salé hypertonique en nébulisation illustre bien ce cadre protecteur : comptez d’abord sur votre médecin traitant pour la première ordonnance, le kiné n’intervient qu’en renouvellement.
Comment obtenir ces produits en pharmacie et être remboursé ?
Muni de votre ordonnance de kiné, vous passez à la pharmacie comme pour un médicament classique. Le pharmacien délivre les dispositifs et médicaments inscrits sur la liste de l’arrêté, sans distinction de professionnel prescripteur.

À titre de comparaison, les infirmiers disposent de droits distincts depuis juin 2026 : antiseptiques, pansements et substituts nicotiniques, mais ni antalgiques de palier 1 ni myorelaxants. Vous y gagnez clairement.
Un cas particulier à connaître : le sérum salé hypertonique pour nébulisation. Une prescription médicale initiale reste nécessaire, votre kiné ne peut en faire qu’un renouvellement.
Dès demain, vous pouvez repartir d’une séance avec une ordonnance de votre kiné pour un antalgique courant, une attelle ou un bas de contention. Vérifiez surtout les limites : renouvellement pour certains produits, remboursement selon l’inscription à la LPPR.