Grippe : vous n’avez pas reçu le bon ? Comment le récupérer et distinguer le vaccin à 100 % du coût de l’injection
Un bon de prise en charge absent ne signifie pas que vous êtes exclu du vaccin contre la grippe. Pour la campagne ouverte le 13 octobre, voici qui peut remettre le document, les situations éligibles et la distinction entre dose et injection, même si un cabinet dispose d’un stock.

La campagne contre la grippe commence le 13 octobre 2026, mais le bon de prise en charge n’est pas arrivé dans toutes les boîtes aux lettres. Le document peut aussi avoir été perdu. Dans ces situations, l’absence de papier ne permet pas de conclure que vous n’avez pas droit au vaccin pris en charge : il faut distinguer votre éligibilité et la réception du bon. [1, 2]
La possibilité nouvelle de conserver des vaccins au cabinet change le trajet de la dose, pas automatiquement les personnes concernées ni leurs remboursements. Le bon garde donc une utilité, même si une injection peut être organisée sans retrait préalable par le patient en pharmacie.
Bon perdu ou non reçu : à qui le demander ?
L’Assurance Maladie indique, sur sa page actualisée le 9 octobre, qu’un médecin, un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme peut remettre un bon à une personne éligible qui ne l’a pas reçu ou l’a perdu. Dans le circuit en pharmacie, ce document permet d’obtenir le vaccin pris en charge à 100 %. [2]
Pour un bon perdu, le communiqué du 8 octobre mentionne aussi deux possibilités auprès de votre caisse primaire d’assurance maladie : appeler le 3646 ou se rendre à un accueil CPAM pour faire éditer un nouveau document. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre un autre envoi postal pour signaler la perte. [1]
Le professionnel vérifie cependant que votre situation correspond aux critères. Il ne peut pas remettre ce bon à 100 % à une personne qui n’y est pas éligible. Ce n’est pas un papier qui rend la vaccination gratuite pour tout le monde : c’est un document qui matérialise une prise en charge prévue pour certains publics.

Ne pas recevoir d’invitation peut être normal
Les personnes de 65 ans et plus et celles souffrant de certaines maladies chroniques font partie des destinataires des invitations envoyées par l’Assurance Maladie. Mais tous les publics concernés ne reçoivent pas automatiquement le même courrier. La page Ameli cite notamment les femmes enceintes, les personnes souffrant d’obésité sévère et l’entourage d’un nourrisson fragile : ces personnes peuvent demander le bon auprès d’un professionnel. [1, 2]
Pour comprendre les situations de prise en charge, quelques repères sont utiles :
- À partir de 65 ans, la vaccination antigrippale est recommandée chaque année et le vaccin est pris en charge à 100 %.
- Avant 65 ans, certaines affections chroniques ouvrent cette prise en charge, y compris chez les enfants concernés à partir de 6 mois. Toutes les maladies ou tous les traitements ne se confondent pas : le professionnel vérifie la situation.
- Pendant la grossesse, quel que soit le trimestre, le vaccin est pris en charge à 100 %. Le courriel d’invitation adressé à partir du quatrième mois n’est pas une condition pour en bénéficier plus tôt.
- Les personnes ayant une obésité sévère, avec un indice de masse corporelle d’au moins 40, et certains entourages de personnes vulnérables sont également concernés.
Pour l’entourage d’un nourrisson, il s’agit d’un enfant de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave, par exemple une prématurité ou certaines maladies. La notion d’entourage comprend les personnes vivant sous le même toit, l’assistant maternel et les contacts réguliers. Être simplement parent d’un nourrisson ne décrit donc pas à lui seul ce critère. [2]
Un autre cas suit un circuit différent : la vaccination peut être proposée aux enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique. Ameli indique alors un remboursement du vaccin à 65 %, avec un bon spécifique imprimé par le professionnel qui la propose, et non le bon habituel à 100 %.
« Vaccin à 100 % » ne signifie pas « injection à 100 % »
Le bon porte sur le vaccin, c’est-à-dire le produit administré. L’injection est un acte de soin avec ses propres règles. La distinction est importante quand vous préparez le rendez-vous : le pourcentage annoncé pour la dose ne suffit pas à prévoir le remboursement de l’ensemble des soins.
- Pour le vaccin, l’Assurance Maladie prévoit une prise en charge à 100 % pour les personnes à risque concernées.
- Pour l’injection, elle indique une prise en charge dans les conditions habituelles, avec présentation du bon et de la carte Vitale.
- Elle précise une prise en charge de l’injection à 100 % pour les femmes enceintes à partir du sixième mois et jusqu’à douze jours après l’accouchement, ainsi que pour les patients en affection de longue durée pour lesquels le vaccin est recommandé.
Une femme enceinte peut donc bénéficier du vaccin à 100 % dès le début de sa grossesse, sans que cette règle du produit suffise à établir le même remboursement de l’acte avant le sixième mois. Ce sont deux conditions différentes, pas une contradiction. Pour les personnes bénéficiaires de l’aide médicale de l’État et éligibles en raison de leur âge ou de leur état de santé, Ameli précise une prise en charge à 100 % du vaccin et de l’injection. [2]
Avant le rendez-vous, demander où se trouve la dose
Dans son communiqué du 12 octobre, la CSMF décrit l’approvisionnement en pharmacie et le stockage en cabinet libéral des vaccins contre la grippe et la Covid-19. Une dose peut ainsi être disponible sur le lieu de soins. Cette possibilité n’annonce pas un stock dans tous les cabinets. [3]
La question à poser n’est donc pas seulement « Puis-je me faire vacciner ici ? », mais aussi « Disposez-vous de la dose, ou dois-je la retirer en pharmacie ? ». Le professionnel peut préciser les documents à apporter et le parcours prévu. Le bon valant prescription et la carte Vitale restent les pièces de référence du circuit décrit par Ameli.

Si le retrait en pharmacie reste nécessaire, la présentation du bon évite une prescription supplémentaire dans le parcours des personnes éligibles. Pour un enfant de moins de 11 ans, la partie prescription du bon doit être complétée par un médecin ou une sage-femme avant le retrait. Les pharmaciens peuvent prescrire et administrer le vaccin contre la grippe à partir de 11 ans ; en dessous de cet âge, l’injection par un infirmier nécessite une prescription médicale de l’acte et du vaccin. [1, 2]
Sources
- Assurance Maladie, communiqué du 8 octobre 2026 : lancement de la campagne, invitations et remplacement du bon perdu
https://www.assurance-maladie.ameli.fr/presse/2026-10-08-cp-cnam-campagne-grippe - Assurance Maladie, page assurés du 9 octobre 2026 : bon, éligibilité et prise en charge de la grippe
https://www.ameli.fr/assure/sante/assurance-maladie/campagnes-vaccination/vaccination-grippe - CSMF, communiqué du 12 octobre 2026 : approvisionnement et stockage des vaccins au cabinet libéral
https://www.csmf.org/actualites/flash-info-vaccins-en-cabinet-liberal-approvisionnement-stockage-et-facturation-les-textes-sont-publies/
