Aller au contenu
magpatientsLe magazine santé des patients
Recherche
Menu
Nutrition & Bien-être

Sardines, maquereaux, harengs : comment composer 2 repas de poisson par semaine sans laisser le thon prendre toute la place

Sardines, maquereaux et harengs ont une place intéressante dans les repas, sans devenir des aliments exclusifs. Pour choisir entre petits poissons et grands prédateurs, le repère utile associe oméga-3, alternance des espèces et diversité des provenances.

Rédigé par Relu et validé par Antonin Mateo · 6 min de lecture
Illustration de petits et grands poissons au-dessus d’une assiette.

La sardine est devenue une vedette des routines beauté sur les réseaux sociaux, raconte Le Monde le 18 octobre. Cette nouvelle popularité pose une question plus durable que celle du teint : quelle place lui donner parmi les poissons que l’on mange ? Le bon arbitrage n’oppose pas un petit poisson parfait à un grand poisson à bannir. Il consiste à garder les atouts du poisson gras sans laisser une seule espèce occuper toute l’assiette. [1]

Le repère porte sur la semaine, pas sur une boîte quotidienne

L’Anses recommande, pour la population générale, 2 portions de poisson par semaine, dont 1 poisson gras. Sardine, maquereau, hareng et saumon figurent parmi les exemples de poissons riches en oméga-3 à longue chaîne. L’autre portion peut venir d’un autre poisson, comme le colin, le merlu ou le cabillaud. [2][3]

Pourquoi conserver cette distinction ? Les poissons apportent des protéines, des vitamines et des minéraux, mais leur composition varie. Les poissons gras sont particulièrement intéressants pour les oméga-3 EPA et DHA, impliqués notamment dans le fonctionnement du système nerveux. Deux repas de poisson ne sont donc pas forcément deux occasions comparables d’en apporter. Le nom de l’espèce compte, pas seulement la présence de poisson au menu.

Sardine, maquereau, hareng : une alternance plutôt qu’un podium

Faut-il départager ces trois poissons pour trouver le meilleur ? Pour organiser des repas ordinaires, leur intérêt est justement de fournir plusieurs possibilités dans la famille des poissons gras. Retenir uniquement la sardine parce qu’elle fait parler d’elle ferait perdre ce choix. Une semaine peut comporter des sardines, une autre du maquereau ou du hareng, selon les goûts et les produits disponibles.

  Vitamine D jusqu’à 5 ans : moins d’enfants qui consultent ? Cela ne promet pas moins de rendez-vous à votre enfant

Le thon ne se range pas simplement dans la même case parce qu’il se vend lui aussi en conserve. L’Anses le cite parmi les poissons prédateurs sauvages susceptibles d’accumuler du méthylmercure. Cela ne signifie pas que toute boîte de thon est dangereuse : cela explique pourquoi en faire son unique poisson habituel n’est pas une bonne traduction du conseil de variété. [3]

Dans The Conversation, Alice Guillot et Gauthier Schaal expliquent l’intérêt nutritionnel des petits poissons et le rôle de la chaîne alimentaire dans leur contamination. Les grands prédateurs peuvent concentrer certains polluants en mangeant des proies elles-mêmes contaminées. Mais la petite taille ne garantit pas l’absence de contaminants : l’espèce, le milieu et le polluant restent importants. [4]

Composer deux repas sans manger deux fois la même chose

Le repère devient plus simple à appliquer si l’on choisit d’abord les deux poissons, puis leurs accompagnements. Il ne s’agit pas d’ajouter un repas de sardines à une semaine déjà remplie de poisson, mais d’organiser l’alternance. Voici des associations possibles, sans portions individuelles imposées :

  • Des sardines avec des pommes de terre et des haricots verts, puis du merlu avec du riz et des légumes.
  • Du maquereau avec des légumes et du pain, puis du colin accompagné de semoule.
  • Du hareng dans un plat de pommes de terre, puis du cabillaud avec des lentilles et des légumes.
  Le pain au levain évite-t-il vraiment les pics de glycémie ? Ce que le nom de la miche ne permet pas de savoir

Ces exemples illustrent une répartition, pas un classement nutritionnel des recettes. Changer d’accompagnement permet de renouveler le repas ; changer de poisson apporte une autre forme de diversité. Les deux démarches se complètent, mais ne se remplacent pas.

Assiette de maquereau avec pommes de terre et légumes.
Le maquereau peut tenir la place du poisson gras dans un repas accompagné de pommes de terre et de légumes.

La variété se lit aussi dans la provenance

Une sardine à la tomate et une sardine à l’huile restent la même espèce. Deux marques peuvent également proposer un poisson provenant du même milieu. L’Anses invite donc à varier à la fois les espèces et leurs sources d’approvisionnement. Ce conseil tient compte des contaminants possibles, notamment dioxines, PCB et méthylmercure, dont la présence ne dépend pas d’un seul critère. [2][3]

Faut-il alors chercher un poisson garanti sans polluant ? Ce n’est pas ce que promet cette recommandation. Elle propose une façon de bénéficier des apports nutritionnels tout en limitant la surexposition à certains contaminants. Lire l’espèce et les indications d’origine disponibles est plus instructif que déduire une supériorité sanitaire de la seule taille du poisson ou du dessin de l’emballage.

Pendant la grossesse, l’allaitement et pour les enfants de moins de 3 ans, des recommandations particulières s’ajoutent à ce repère général. L’Anses demande notamment de limiter les poissons prédateurs sauvages, dont le thon, et d’éviter certaines espèces comme l’espadon, le marlin et le requin. Une alternance choisie pour un adulte ne doit donc pas être transposée telle quelle à tous les membres du foyer. [3]

  Un latte glacé vous ballonne ? Pourquoi le lait, le café et la dose de caféine posent trois questions différentes

Sources

[1] Le Monde — Séverine Pierron, Les sardines, nouveau secret de beauté de la gen Z, 18 octobre 2026.
https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2026/10/18/les-sardines-nouveau-secret-de-beaute-de-la-gen-z_6797053_4497916.html

[2] Anses — Poissons et produits de la pêche, conseils de consommation, février 2016.
https://www.anses.fr/fr/system/files/ANSES-Ft-RecosPoissons.pdf

[3] Anses — Why and how should you eat fish?, 30 juin 2022.
https://www.anses.fr/en/article/why-and-how-should-you-eat-fish

[4] The Conversation — Alice Guillot et Gauthier Schaal, Vaut-il mieux manger de petits poissons ou de grands poissons ?, octobre 2026.
https://theconversation.com/vaut-il-mieux-manger-de-petits-poissons-ou-de-grands-poissons-291616

Dans votre boîte mail

La newsletter Magpatients

Recevez nos nouveaux articles et conseils pour mieux comprendre les sujets de santé.