Diplômes étrangers : près de 45 % des nouveaux visas de dentistes en Belgique, quels contrôles avant d’exercer ?
Parmi les nouveaux visas professionnels belges de 2020 à 2025, environ 45 % concernent un diplôme étranger chez les dentistes, contre 22 % chez les médecins. Deux proportions à lire sans les confondre avec la nationalité ou la qualité des soins.

Dans le bilan belge des nouveaux visas professionnels accordés entre 2020 et 2025, les diplômes obtenus à l’étranger occupent une place bien plus importante chez les dentistes que chez les médecins : environ 45 % contre 22 %. La dépêche Belga du 14 octobre 2026 rapporte ces données du SPF Santé publique, communiquées dans une réponse parlementaire. L’écart est net, mais il concerne les nouvelles autorisations de deux professions, pas l’ensemble des praticiens qui reçoivent des patients en Belgique. [1]
45 % et 22 % : deux proportions, chacune dans sa profession
Belga rapporte 1 265 nouvelles autorisations de dentistes accordées à des titulaires d’un master obtenu hors de Belgique. Pour les médecins, 3 014 visas concernent un diplôme de base obtenu à l’étranger. Ces nombres accompagnent les proportions arrondies de 45 % et 22 %. Le groupe des médecins comprend les généralistes et les spécialistes. [1]
Le point important n’est pas de réunir ces groupes sous une seule étiquette de « soignants étrangers ». Chaque pourcentage a son propre périmètre professionnel : les nouveaux visas de dentistes d’un côté, ceux de médecins de l’autre. Les 45 % ne représentent ni la part des dentistes parmi les médecins, ni la part des diplômes étrangers dans l’ensemble des professions de santé.

L’écart montre qu’un diplôme obtenu hors de Belgique est proportionnellement plus fréquent parmi les nouveaux titulaires d’un visa de dentiste. Il ne dit pas pourquoi. Ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de départager des explications liées à la formation, aux choix des diplômés ou aux conditions d’exercice. Présenter l’une de ces pistes comme la cause établie ajouterait une histoire que le bilan ne raconte pas.
Un diplôme étranger ne désigne pas une nationalité
La catégorie décrit le lieu d’obtention du diplôme. Un Belge ayant étudié hors du pays peut donc y figurer, comme le rappelle Belga. À l’inverse, la nationalité d’un professionnel ne suffit pas à savoir où il s’est formé. L’expression « près d’un dentiste sur deux est étranger » transformerait deux fois le résultat : elle remplacerait le diplôme par la nationalité et les nouvelles autorisations par tous les dentistes.
Pour un patient, ces proportions donnent ainsi une information collective sur les parcours de formation qui alimentent les nouvelles autorisations. Elles ne composent pas le portrait du professionnel assis en face de lui. Elles ne permettent pas non plus de déduire sa langue de consultation ou son expérience à partir d’un pays supposé.
La reconnaissance du diplôme et le visa sont des étapes concrètes
Le SPF Santé publique indique qu’un diplôme étranger nécessite un visa pour exercer une profession de santé en Belgique. La démarche varie selon l’origine européenne ou non européenne du diplôme et selon que l’exercice est temporaire ou permanent. Un diplôme obtenu à l’étranger n’est donc pas une dispense d’autorisation. [2]
Pour s’établir durablement avec un diplôme de l’Espace économique européen ou de Suisse, le professionnel demande d’abord sa reconnaissance à la communauté compétente. La demande de visa démarre ensuite automatiquement au SPF. Le visa n’est toutefois délivré qu’après réception de toutes les pièces réclamées, dont la preuve de connaissance linguistique et les certificats relatifs à la conduite professionnelle.

Pour un diplôme délivré hors de cet espace, la page officielle prévoit une reconnaissance d’équivalence auprès de l’instance compétente, puis une demande de visa avec les annexes exigées. Ces voies distinctes expliquent ce que recouvre le mot « autorisation ». Elles ne fournissent pas une explication chiffrée de l’écart entre dentistes et médecins.
Pour le patient, la langue et l’autorisation comptent davantage qu’une origine supposée
Le SPF exige des professionnels formés à l’étranger une connaissance suffisante du français, du néerlandais ou de l’allemand pour obtenir le visa. Cette connaissance peut être attestée notamment par un diplôme d’enseignement dans l’une de ces langues ou par un certificat officiel. Pour les médecins et les dentistes qui utilisent la voie du certificat, le niveau demandé est C1, avec B2 pour l’expression écrite. Il s’agit bien d’une exigence documentée, pas d’une langue déduite de la nationalité. [2]
La lecture utile de cette actualité consiste à regarder les conditions professionnelles, plutôt qu’à classer les praticiens d’après la géographie de leurs études. Le bilan ne mesure pas les résultats des soins et n’établit aucune qualité moindre associée à un diplôme étranger. Il n’indique pas non plus combien de nouveaux titulaires exercent effectivement dans le pays.
Pour organiser un rendez-vous dentaire, les informations à obtenir auprès du cabinet restent d’une autre nature : quel professionnel recevra le patient, dans quelle langue l’échange aura lieu et quels créneaux sont proposés. La proportion nationale de nouveaux visas ne fournit aucune de ces réponses pour une adresse précise.
Sources
[1] Belga, La Libre, 14 octobre 2026 — chiffres des nouveaux visas 2020–2025
https://www.lalibre.be/belgique/societe/2026/10/14/un-quart-des-nouveaux-medecins-et-pres-de-la-moitie-des-dentistes-ont-un-diplome-etranger-FSWHT77PIRHVNJJG5GXS3V3FN4/
[2] SPF Santé publique — Demander un visa avec un diplôme étranger, mise à jour du 16 septembre 2026
https://www.health.belgium.be/fr/professionnels/professionnels-sante/sante-humaine/professions-sante/acces-aux-professions-soins-sante/demander-visa-diplome-etranger