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Santé

Culottes menstruelles et cups : le remboursement n’est pas acquis

Hélène Vasseur 14 min de lecture
Un pharmacien montre une culotte menstruelle et une coupe menstruelle à une cliente au comptoir d'une pharmacie.
Culottes menstruelles et cups : le remboursement par la Sécurité sociale n'est toujours pas une réalité pour toutes.
Sommaire

Un commercial vous assure qu’une culotte menstruelle ou une cup est remboursable en pharmacie. Mais cette promesse suffit-elle à sécuriser la facture ?

Vous pourrez distinguer une annonce commerciale d’une référence réellement facturable, savoir où vérifier son statut et éviter que la confusion ne se transforme en rejet ou en indu pour votre officine.

Des commerciaux annoncent à tort le remboursement avant l’inscription à la LPP

Certaines culottes et coupes menstruelles sont déjà annoncées comme remboursées par l’Assurance Maladie. Mais la prise en charge ne commence que le 1er octobre 2026. Il faut d’abord que les textes soient publiés et que chaque produit soit inscrit à la Liste des produits et prestations (LPP).

La loi, le décret et l’arrêté fixent chacun une étape avant le remboursement :

  • La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 pose le principe du remboursement des protections périodiques réutilisables.
  • Le décret du 17 avril 2026 précise qui peut en bénéficier, quels produits sont concernés et la limite de deux produits par an.
  • L’arrêté du 6 août 2026 fixe les critères techniques, les tarifs et le début de la prise en charge : le 1er octobre 2026.
  • Chaque produit doit ensuite être inscrit séparément à la LPP pour pouvoir être facturé.

La création du dispositif ne rend pas tous les produits éligibles. Pour chaque produit, la marque doit obtenir les codes de facturation requis et fournir les justificatifs nécessaires.

Les annonces d’un remboursement dès septembre confondent la préparation du dispositif avec son ouverture. Avant le 1er octobre 2026, l’arrêté ne permet pas encore de facturer ces produits à l’Assurance Maladie.

Une culotte menstruelle réutilisable et une coupe menstruelle sont présentées côte à côte.

Seules deux sortes de protections sont concernées : les culottes menstruelles, qui absorbent les flux à l’extérieur du corps, et les coupes menstruelles, qui les recueillent dans le vagin.

Chaque référence doit avoir son propre code LPP pour être facturée

Dans la LPP, un code générique désigne une catégorie de produits. Un code individuel permet de facturer une référence précise, liée à l’entreprise qui la commercialise.

Deux lignes génériques existent : l’une pour les culottes menstruelles, l’autre pour les coupes. Elles ne permettent pas de facturer toutes les marques avec le même code.

L’exploitant, c’est-à-dire l’entreprise qui vend le produit, doit obtenir un code individuel. Ce code doit être lié à la description générique dans la base de l’Assurance Maladie.

La base LPP donne les codes et les tarifs réglementés suivants :

  • Code 1724852 : culotte menstruelle, 19 €.
  • Code 1719621 : coupe menstruelle, 15,80 €.
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Chaque code renvoie à une fiche précise. Elle indique le produit, l’exploitant ou la référence, ainsi qu’une date de validité au 1er octobre 2026. Ces codes ne couvrent pas toutes les culottes ni toutes les coupes.

Pour vérifier un produit, recherchez-le dans la base LPP par son nom, sa désignation ou son code. Assurez-vous que la fiche correspond à la référence remise et qu’elle est valable à la date de délivrance.

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Vérifiez ces cinq éléments sur la fiche :

  • La catégorie : culotte ou coupe menstruelle.
  • Le code individuel, propre à la référence vendue.
  • La désignation, qui doit correspondre au produit délivré.
  • La date de validité, qui doit couvrir le jour de la facturation.
  • Le tarif et le prix réglementé, qui servent de base à la facturation.

Un produit peut figurer dans le catalogue d’un fournisseur sans apparaître dans le logiciel de l’officine. La mise à jour est parfois incomplète. Le produit peut aussi attendre son code individuel.

Une référence non inscrite peut entraîner le rejet de la facture

Le jour où vous délivrez le produit, vérifiez que son inscription est active et que son code LPP est valide. C’est le statut de la référence à cette date qui compte, pas l’annonce du fabricant.

La caisse peut rejeter une facture si :

  • elle repose sur un code générique au lieu du code individuel requis ;
  • la référence n’est pas encore active ;
  • le produit ne correspond pas à la désignation enregistrée.
Un pharmacien vérifie une fiche produit sur son ordinateur avant de préparer une facturation.

En cas de rejet, l’Assurance Maladie ne règle pas la part facturée. Si votre pharmacie a déjà avancé la prise en charge, elle peut devoir rectifier la facture et récupérer la somme concernée, selon la procédure applicable.

Pour faciliter le suivi, gardez une trace de la fiche LPP consultée, du code individuel et de sa date de validité. Notez aussi le nombre de produits délivrés et l’identité du bénéficiaire.

En cas de rejet, cherchez-en la cause : code absent, référence mal saisie, droits non ouverts, plafond dépassé ou logiciel pas à jour. Si le système le permet, corrigez la facture. Sinon, demandez à la caisse la marche à suivre.

Les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S sont concernés

À partir du 1er octobre 2026, la prise en charge concerne les personnes assurées de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S, quel que soit leur âge.
Deux critères ouvrent l’accès à la prise en charge : l’âge ou le bénéfice de la C2S.

Dès le 1er octobre 2026, deux publics pourront bénéficier de cette prise en charge : les personnes assurées de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), quel que soit leur âge.

Vous avez moins de 26 ans ? Aucune condition de ressources ne s’applique. Si vous êtes rattaché à l’Assurance Maladie, vous pouvez demander un produit éligible sans avoir la C2S.

Avec la C2S, il n’y a pas de limite d’âge. À partir de 26 ans, vous pouvez donc être concerné si vos droits sont actifs au moment de la délivrance.

Voici le calendrier de la prise en charge :

  • Avant le 1er octobre 2026 : le nouveau dispositif ne peut pas encore s’appliquer.
  • À partir du 1er octobre 2026 : les personnes éligibles pourront demander une protection en pharmacie.
  • Après la première délivrance : le décompte du plafond annuel commence.
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Votre carte Vitale sert à vérifier votre situation d’assurance et à transmettre la facture. Si votre C2S ne s’affiche pas dans le logiciel, votre attestation de droits peut aider.

Vous pouvez donc remplir les conditions sans pouvoir faire facturer le produit choisi. À l’inverse, une référence inscrite sur la liste ne sera pas remboursée si vous ne relevez d’aucune des deux catégories.

Le plafond de deux protections suit une période de douze mois glissants

Chaque bénéficiaire peut se faire rembourser deux produits par période de douze mois. Ce plafond vaut pour toutes les protections réutilisables. Vous pouvez donc choisir une culotte et une coupe.

Le plafond est de deux protections sur douze mois glissants : une première délivrance le 12 octobre 2026 ouvre une période jusqu’au 11 octobre 2027.
Le décompte commence à la première délivrance et se renouvelle de date à date, sans suivre l’année civile.

Le décompte ne suit pas l’année civile. Il démarre à la première délivrance, puis repart de date à date. Par exemple, une première délivrance le 12 octobre 2026 ouvre une période jusqu’au 11 octobre 2027.

Le plafond s’applique à la personne, pas à l’officine. Si vous allez dans plusieurs pharmacies, elles doivent donc compter ensemble les produits délivrés.

Le dossier pharmaceutique ne permet pas toujours ce suivi. Il sert surtout aux médicaments et ne montre pas forcément les protections périodiques délivrées dans ce cadre.

Les organisations professionnelles demandent un outil pour voir les prises en charge déjà faites. Le contrôle pourrait passer par la carte Vitale et un téléservice dédié ou intégré aux outils professionnels.

Le remboursement dépend du prix du produit et du statut de l’assurée

Le prix limite de vente est de 19 € TTC pour une culotte menstruelle et de 15,80 € TTC pour une coupe ; les prix de cession indiqués sont respectivement de 14,40 € HT et de 12 € HT.
Le prix limite de vente TTC sert de plafond réglementé et de base de calcul ; ce n’est pas une somme automatiquement versée.

L’arrêté fixe un prix limite de vente. Ce montant sert aussi de tarif de référence. Pour une référence prise en charge, votre pharmacien ne peut pas le dépasser.

Comparaison de Prix limite de vente TTC, Prix de cession indiqué
Produit Prix limite de vente TTC Prix de cession indiqué
Culotte menstruelle 19 € 14,40 € HT
Coupe menstruelle 15,80 € 12 € HT

Vous avez moins de 26 ans et ne bénéficiez pas de la C2S ? L’Assurance Maladie couvre 60 % de la base prévue. Cela représente environ 11,40 € pour une culotte à 19 € et 9,50 € pour une coupe à 15,80 €, avant l’éventuelle participation de votre complémentaire santé.

Si vous bénéficiez de la C2S, la prise en charge atteint 100 %. Vos droits doivent être ouverts et la facturation correcte pour que le tiers payant intégral s’applique.

Des critères de sécurité limitent les modèles pouvant être remboursés

Pour être inscrits, les produits doivent respecter des règles de sécurité, de composition et de performance. Ils doivent aussi être sans danger.

Pour les culottes menstruelles, le cahier des charges prévoit notamment :

  • Une certification Oeko-Tex Standard 100, classe I ou II, pour contrôler les substances en contact avec la peau.
  • Une absorption supérieure à 12 ml pour les modèles concernés.
  • Plusieurs couches : une partie drainante, une partie absorbante et une protection imperméable contre les fuites.
  • Au moins huit tailles pour les modèles concernés par le référencement.
  • Une résistance aux lavages répétés, avec au moins 52 lavages à 30 °C.
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Pour une coupe menstruelle, il faut une certification Ecolabel européen ou un test conforme à la norme ISO 10993-1. Cette norme évalue les matériaux en contact avec le corps.

Une culotte menstruelle réutilisable est montrée en coupe, laissant voir ses différentes couches.

La capacité demandée dépend de la catégorie du modèle. Elle doit être de 20 ml au plus, ou aller de 20 ml à 30 ml.

Même s’il respecte les règles de sécurité, un modèle doit être inscrit et avoir son propre code pour être facturé.

Les tampons et les serviettes jetables restent exclus du dispositif

Une coupe menstruelle et une culotte réutilisables côtoient un tampon, une serviette jetable et un protège-slip.

Vous êtes concernée par la prise en charge des culottes et des coupes menstruelles réutilisables. Les tampons, serviettes jetables et protège-slips à usage unique restent exclus.

Vous ne pouvez pas obtenir de remboursement rétroactif pour un produit acheté avant le 1er octobre 2026.

Après un achat non pris en charge, demandez à la pharmacie si elle propose une référence équivalente inscrite. Vous devrez aussi remplir les conditions liées au bénéficiaire, au nombre de produits et à la période annuelle.

À l’officine, ne promettez pas de remboursement sur la seule parole d’un commercial. Avant le 1er octobre 2026, ne facturez pas ces protections ; ensuite, vérifiez dans la base LPP que la référence exacte dispose d’un code individuel valide le jour de la délivrance.

Foire aux questions

Est-il possible de se procurer gratuitement une culotte de règles ?

Oui, si vous bénéficiez de la Complémentaire santé solidaire (C2S) et choisissez une culotte inscrite à la LPP, délivrée en pharmacie : la prise en charge est de 100 %. Si vous avez moins de 26 ans sans la C2S, l’Assurance Maladie couvre 60 % du tarif de référence, et votre complémentaire peut réduire le reste à charge.

Quel est le prix moyen d’une culotte menstruelle ?

Pour une culotte éligible vendue en pharmacie, le prix limite de vente est de 19 € TTC. Les modèles vendus hors de ce dispositif peuvent coûter un autre montant, sans ouvrir automatiquement droit au remboursement.

Que faire si le logiciel de la pharmacie n’affiche pas le remboursement ?

Demandez à l’équipe de vérifier la référence dans la base LPP, ainsi que son code individuel, sa désignation et sa date de validité. Une mise à jour informatique peut être en retard, mais la pharmacie ne doit pas utiliser un code générique non confirmé pour facturer le produit.

Une mutuelle peut-elle compléter le remboursement ?

Oui, si vous avez moins de 26 ans et ne bénéficiez pas de la C2S, votre complémentaire peut couvrir une partie ou la totalité du reste à charge, selon votre contrat. Elle ne peut pas rembourser une référence qui ne respecte pas les conditions d’inscription et de facturation.

Existe-t-il une subvention nationale pour acheter une culotte menstruelle ?

Il n’y a pas de prime distincte versée après un achat libre en magasin ou en ligne : le dispositif prend en charge jusqu’à deux produits par période de douze mois pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S. Pour en bénéficier, le produit doit être éligible et délivré en pharmacie.

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