Duloxétine difficile à trouver : commencer un traitement ou le poursuivre, deux situations à ne pas confondre
L’ANSM demande de limiter les débuts de traitement par duloxétine, mais de préserver ceux qui sont déjà en cours. Derrière une même tension d’approvisionnement, deux situations appellent des décisions différentes.

« Limiter les initiations de traitement » : la formule employée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) peut inquiéter lorsque le même nom figure déjà sur son ordonnance. Pourtant, commencer une duloxétine et poursuivre un traitement déjà prescrit ne sont pas la même situation. L’alerte publiée le 9 octobre et mise à jour le 12 octobre 2026 distingue précisément ces deux cas pour traverser une période d’approvisionnement difficile. [1]
En bref
- Les difficultés de production concernent la duloxétine à 30 et 60 mg en gélules gastro-résistantes.
- Les nouvelles prescriptions doivent être limitées et les alternatives choisies par le prescripteur selon la situation clinique.
- Une personne déjà traitée ne doit pas arrêter brutalement ; si son médicament est indisponible, elle doit contacter son médecin.
Une initiation est un début de traitement, pas un renouvellement
La duloxétine est utilisée dans les épisodes dépressifs majeurs, le trouble anxieux généralisé et certaines douleurs liées aux nerfs, notamment chez les personnes atteintes de diabète. Ses gélules à 30 et 60 mg connaissent des difficultés de production temporaires. Pour préserver leur disponibilité pour les patients déjà traités, l’ANSM demande aux prescripteurs de limiter les initiations et de privilégier un autre traitement.
Le choix dépend de la raison de la prescription. Pour une dépression ou un trouble anxieux généralisé, l’agence cite d’autres familles d’antidépresseurs. Pour une douleur neuropathique liée au diabète, elle indique d’autres options médicamenteuses. Ce ne sont pas deux listes dans lesquelles le patient peut piocher : le prescripteur choisit en fonction de la situation clinique. [1]

Autrement dit, si un traitement doit débuter, le médecin peut tenir compte des tensions au moment de choisir la prescription. Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser sans réponse une dépression, une anxiété ou une douleur. La recommandation porte sur le choix de la duloxétine dans ce contexte d’approvisionnement.
Un traitement en cours ne s’arrête pas au motif que les initiations sont limitées
Pour les personnes qui prennent déjà de la duloxétine, la consigne de l’ANSM est distincte : ne pas arrêter brutalement. En cas d’indisponibilité du médicament, l’agence demande de contacter le médecin afin qu’il organise, si nécessaire, un relais adapté. La restriction des nouvelles prescriptions vise justement à ménager la continuité des traitements existants. [1]
C’est le contraste au cœur de l’alerte : limiter un nouveau recours au médicament et éviter une interruption imprévue chez une personne déjà traitée servent le même objectif, sans conduire à la même décision. Déduire de la première consigne qu’il faudrait arrêter son ordonnance reviendrait à inverser le sens de la seconde.
Un éventuel relais n’est pas une simple équivalence entre deux noms. Le communiqué n’établit ni dose de remplacement ni calendrier universel de transition. Il laisse cette organisation au médecin, selon la situation de la personne. Une boîte devenue difficile à trouver ne fournit donc pas, à elle seule, une règle pour espacer les prises ou modifier le dosage.

Une tension nationale ne dit pas ce qu’une pharmacie pourra délivrer
Pour augmenter le nombre de boîtes en circulation, l’ANSM demande aux laboratoires de mobiliser notamment leurs stocks de sécurité et de privilégier les grossistes-répartiteurs, les distributeurs qui approvisionnent les pharmacies. L’objectif annoncé est de mieux répartir les médicaments sur le territoire.
Les laboratoires prévoient un retour progressif à la normale dans les pharmacies à partir de mi-novembre. Ce repère n’est pas une garantie de livraison dans chaque officine. L’alerte ne fournit pas de stock local ni de date de délivrance pour une prescription donnée : cette information reste à préciser avec la pharmacie, tandis que le médecin organise la suite médicale si le médicament ne peut pas être obtenu. [1]
Sources
[1] ANSM — Duloxétine : l’ANSM demande aux laboratoires de renforcer leurs approvisionnements. Publié le 9 octobre 2026, mis à jour le 12 octobre 2026.
https://ansm.sante.fr/actualites/duloxetine-lansm-demande-aux-laboratoires-de-renforcer-leurs-approvisionnements