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Cadmium à Saint-Malo : pourquoi l’absence d’alerte générale n’exclut pas un test individuel, et ce qui compte pour en parler au médecin

Le 16 octobre 2026, l’ARS Bretagne n’a recommandé ni alerte ni dépistage systématique à Saint-Malo. Un dosage urinaire reste possible sur avis médical, selon l’exposition de chacun et des résultats de sols encore à préciser.

Rédigé par Relu et validé par Antonin Mateo · 7 min de lecture
Scène illustrative d’une personne cherchant à comprendre une information de santé environnementale.

Le 16 octobre 2026, l’ARS Bretagne n’a recommandé ni alerte ni dépistage systématique à Saint-Malo. Un dosage urinaire reste possible sur avis médical, selon l’exposition de chacun et des résultats de sols encore à préciser.

En bref

  • Le 16 octobre, l’ARS ne recommande pas de dépistage systématique avec les données dont elle dispose, mais laisse au médecin la possibilité d’un dosage individuel justifié.
  • Les prélèvements de sols et les informations reçues par l’ARS sont encore partiels ; la méthode d’analyse compte pour les interpréter.
  • En consultation, les lieux et durées de séjour, les usages du jardin et les contacts avec la terre aident à évaluer l’exposition possible.

Après la révélation de prélèvements de sols pollués au cadmium à Saint-Malo par Splann !, le 15 octobre 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne a pris position le lendemain : pas de mesure d’alerte ni de dépistage systématique recommandés avec les données dont elle dispose. Mais cette réponse collective n’interdit pas un examen individuel. Dans son entretien au Pays Malouin, l’ARS précise qu’un médecin peut demander un dosage s’il le juge médicalement justifié. [1, 2]

Ce que l’ARS a dit le 16 octobre, et ce qu’un médecin peut décider

« Il n’y a pas de mesure d’alerte », déclare Axel Maybon, directeur adjoint de l’ARS Bretagne, au Pays Malouin. L’agence ne recommande alors ni restriction particulière ni dépistage systématique. Elle estime que les dépassements portés à sa connaissance concernent peu de points, dans des zones dont les usages limitent les expositions. [1]

C’est une appréciation de la situation à l’échelle du territoire, sur les éléments disponibles à cette date. En consultation, la question est différente : une personne a-t-elle pu être suffisamment exposée pour qu’un dosage soit utile ? Ne pas organiser de test pour tous les habitants et examiner une demande individuelle ne sont pas deux décisions contradictoires.

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Cette distinction évite deux impasses : prendre l’absence d’alerte pour une réponse personnelle définitive, ou considérer que toute adresse malouine justifie automatiquement un examen. Le lien entre le sol, ses usages et l’exposition réelle mérite d’être décrit avant de décider du test.

Différence entre l’absence de dépistage systématique annoncé et la possibilité d’un dosage individuel.
La position de l’ARS rapportée le 16 octobre laisse place à une appréciation médicale individuelle.

Pourquoi les résultats des sols ne donnent pas une réponse pour chaque habitant

Splann ! rapporte près de 100 échantillons analysés après une campagne engagée au printemps par l’Institut de physique du globe de Paris, à l’initiative de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Saint-Malo. Le 16 octobre, l’ARS évoque pour sa part 80 prélèvements, dont 7 dépasseraient le seuil qu’elle retient, et indique ne pas disposer de l’ensemble des prélèvements. Ces décomptes ne décrivent donc pas un dossier complet commun aux deux interlocuteurs. [1, 2]

Autre difficulté, expliquée à Splann ! par le chercheur Alexander van Geen : les premières analyses ont mesuré le cadmium « bioassimilable », la fraction susceptible de franchir les barrières digestives. La méthode diffère de celle sur laquelle reposent les repères de la Haute Autorité de santé (HAS). Une valeur de sol doit donc rester accompagnée de sa méthode et de son lieu de prélèvement, plutôt que devenir à elle seule une consigne de dépistage. [2]

Du cadmium retrouvé dans la terre ne mesure pas la quantité présente dans le corps d’un riverain. Deux personnes vivant à proximité peuvent avoir des durées de séjour et des contacts avec la terre très différents. L’enquête rapporte aussi les demandes de médecins locaux pour approfondir l’évaluation de l’air : les prélèvements de sols ne fournissent pas, en eux-mêmes, une mesure de l’exposition respiratoire. [2]

Les informations utiles à apporter au rendez-vous

Pour une personne qui s’interroge sur sa situation, l’information la plus utile n’est pas seulement « j’habite à Saint-Malo ». Le cadre de dépistage de la HAS relie la teneur du sol aux usages et à certaines caractéristiques des personnes, notamment la consommation de végétaux du jardin ou de la cueillette, le jeune âge et la durée cumulée de séjour. [3] Pour préparer l’échange, on peut noter :

  • les lieux fréquentés et les périodes de résidence ou de séjour, en précisant si elles remontent à l’enfance ;
  • l’existence d’un potager ou d’une cueillette locale, ce qui est consommé et à quelle fréquence ;
  • les contacts avec la terre, notamment pour les enfants, et les habitudes comme se ronger les ongles ;
  • les résultats de sol déjà disponibles pour le lieu concerné, avec le compte rendu, la date et la méthode, plutôt qu’un chiffre isolé repris en ligne.
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Cette liste aide à raconter une exposition possible ; elle ne constitue pas un questionnaire donnant automatiquement droit à un dosage. Il n’est pas nécessaire de commander soi-même une analyse de terre pour pouvoir parler de son inquiétude au médecin. Si un résultat existe déjà, son document complet permet en revanche de mieux comprendre ce qu’il mesure.

Illustration d’un échange avec le médecin sur les expositions possibles au domicile.

Si un dosage est justifié, il recherche une imprégnation, pas une maladie à lui seul

La HAS indique que l’imprégnation de l’organisme se mesure par le dosage du cadmium dans les urines, appelé aussi cadmiurie. C’est cet examen que l’ARS évoque dans sa réponse du 16 octobre. Il renseigne sur le cadmium présent dans l’organisme, et non sur la pollution d’une rue ou sur l’origine certaine de l’exposition. [1, 3]

Un résultat s’interprète avec le médecin. Dans ses recommandations, la HAS apprécie une charge corporelle trop élevée à partir de deux dosages urinaires successifs, à quelques semaines d’intervalle, au-dessus de la valeur de référence pour l’âge. La recherche d’éventuels effets sur la santé et le suivi constituent une étape distincte, adaptée aux résultats. Un premier chiffre n’équivaut donc pas à un diagnostic de maladie liée au cadmium. [3]

Une nouvelle étude annoncée, avec la question des usages à préciser

L’ARS indique au Pays Malouin travailler avec les collectivités à une nouvelle étude pour mieux caractériser la situation. Au même moment, les médecins cités par Splann ! demandent des recommandations opérationnelles et des investigations complémentaires, notamment sur l’air. Le désaccord porte ainsi sur la portée à donner au signal déjà observé et sur les suites collectives à engager. [1, 2]

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L’agence n’a pas communiqué au journal les lieux précis des dépassements qu’elle évoque. Relier les prochains résultats à des parcelles identifiées et à leurs usages — passage occasionnel, jardin cultivé, présence d’enfants — sera une information importante pour les personnes concernées et pour les médecins qui évaluent leur exposition. [1, 3]

Sources

Sources

[1] Thomas Savalle, Le Pays Malouin / actu.fr, entretien avec l’ARS Bretagne, 16 octobre 2026
https://actu.fr/bretagne/saint-malo_35288/que-disent-les-analyses-de-cadmium-dans-les-sols-de-saint-malo-lars-repond-enfin_64936983.html

[2] Splann !, enquête originale sur les sols de Saint-Malo, 15 octobre 2026
https://splann.org/saint-malo-pollution-cadmium/

[3] Haute Autorité de santé, Dépistage, prise en charge et suivi des personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3367010/fr/depistage-prise-en-charge-et-suivi-des-personnes-potentiellement-surexposees-au-cadmium-du-fait-de-leur-lieu-de-residence

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