Ozempic, Wegovy, Mounjaro : après l’alerte ANSM, les questions à poser au médecin ne concernent pas que la dose
Après l’alerte ANSM du 7 octobre 2026, symptômes digestifs, médicaments associés et suivi se discutent avec votre médecin. Les bonnes questions pour préparer ce rendez-vous sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro.
Le rendez-vous est prévu, mais vous ne savez pas par où commencer : parler de vos nausées, montrer votre ordonnance ou demander si votre traitement reste adapté ? Le troisième rapport de pharmacovigilance sur les GLP-1, publié par l’ANSM le 7 octobre 2026, donne justement des raisons de remettre ces questions au centre du suivi. L’alerte ne demande pas à tous les patients d’arrêter leur médicament : l’agence confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces traitements sont utilisés conformément aux recommandations. [1]
Ozempic et Wegovy contiennent du sémaglutide ; Mounjaro contient du tirzépatide, qui agit sur deux récepteurs, GLP-1 et GIP. Leurs indications ne sont pas interchangeables. Si vous êtes déjà traité, l’enjeu est de savoir ce qui doit être surveillé dans votre situation, avec vos autres médicaments et votre tolérance digestive.
Ce que les signalements changent pour votre consultation
Entre le 1er février 2025 et le 31 janvier 2026, 2 801 cas d’effets indésirables ont été notifiés en France, dont 515 graves. Le résumé recense aussi 13 décès parmi les cas notifiés, sans attribuer automatiquement chacun au médicament. Ces données servent à repérer des risques et à améliorer la surveillance ; elles ne permettent pas de calculer votre risque personnel. L’exposition est estimée en patients-années, une mesure de durée de traitement, pas un nombre exact de personnes différentes. [2]
Pour votre rendez-vous, quelques éléments concrets sont plus utiles qu’un chiffre isolé : le nom de votre traitement, la dose prescrite, les dates des injections et des changements de dose, puis ce qui s’est passé depuis. Apportez aussi les ordonnances des autres prescripteurs. Si une information vous manque, dites-le : il ne s’agit pas de remplir un dossier parfait.

Nausées et douleurs : quoi noter, quand demander de l’aide ?
Les troubles digestifs restent les effets les plus souvent signalés : nausées, vomissements, diarrhées et douleurs abdominales. Ils peuvent parfois conduire à une hospitalisation. Un symptôme connu n’est pas forcément un symptôme à supporter sans en parler. L’ANSM rappelle notamment le risque de pancréatite aiguë et demande aux médecins d’en expliquer les signes. [1]
Notez quand les troubles commencent, combien de temps ils durent, s’ils suivent une injection ou une augmentation de dose, et s’ils vous empêchent de boire ou de manger. Ce petit carnet aide à décrire le problème sans conclure vous-même qu’il est forcément causé par le traitement.

Demandez au médecin : « Quelle douleur doit me faire consulter immédiatement ? Qui appeler si je vomis plusieurs fois ou si je n’arrive plus à boire ? » Une douleur abdominale intense et persistante ou des vomissements empêchant de boire nécessitent un avis médical urgent : n’attendez pas le prochain rendez-vous. En cas de malaise important ou si vous craignez une urgence vitale, appelez le 15 ou le 112. Ces repères ne remplacent pas les consignes propres à votre médicament.
Vos autres médicaments font partie du sujet
L’alerte souligne des interactions avec des traitements dont la dose doit être réglée avec précision, notamment certains anticoagulants. Chez des patients diabétiques sous metformine, une déshydratation liée aux vomissements pourrait favoriser une acidose lactique, une complication grave. Le résumé rapporte deux cas mortels dans ce contexte. Ce n’est pas une consigne d’arrêter la metformine pour tous les patients, mais une raison de prévoir une conduite à tenir avec le soignant. [1, 2]
Préparez une liste incluant médicaments quotidiens, prises occasionnelles, produits sans ordonnance et compléments. La bonne question est : « Parmi ce que je prends, qu’est-ce qui demande une surveillance particulière avec mon injection ? Et que dois-je faire si je ne peux plus boire normalement ? » Le médecin ou le pharmacien pourra examiner les associations réelles, plutôt qu’une liste générale d’interactions trouvée en ligne.
Si vous suivez déjà votre glycémie, apportez les résultats ou les courbes disponibles. Demandez comment les utiliser pendant un épisode de troubles digestifs, sans modifier vous-même vos doses à partir de cet article.
Monter la dose plus vite n’est pas un raccourci
Le rapport décrit 36 signalements liés à un mésusage pour perdre du poids, dont 17 graves et cinq pancréatites aiguës. Dans ces dossiers, l’obtention hors des circuits officiels et des doses trop élevées ou augmentées trop rapidement étaient fréquentes. Ces observations concernent les cas de mésusage signalés, pas l’ensemble des utilisateurs. [1]
Si vous avez accéléré une augmentation, utilisé un autre stylo ou obtenu le produit ailleurs qu’en pharmacie, expliquez-le franchement au professionnel. Cela lui permet de comprendre votre exposition. Demandez : « Quel est mon calendrier prescrit ? Que faire si je le tolère mal ou si je me suis trompé ? » N’improvisez ni rattrapage ni nouvelle dose. L’ANSM rappelle que ces médicaments doivent être obtenus sur ordonnance, en pharmacie, avec un suivi médical.
Manger moins : à quel moment en parler ?
Le suivi ne se limite pas au poids affiché. L’ANSM souligne à nouveau des cas de carences nutritionnelles et de malnutrition. [1] Si l’appétit diminue au point de sauter régulièrement des repas, si les nausées réduisent fortement ce que vous mangez ou si une fatigue nouvelle apparaît, mentionnez-le.
Vous pouvez demander : « Mes apports restent-ils suffisants ? Ai-je besoin d’un accompagnement nutritionnel ou d’un bilan ? » Il n’y a pas de supplément ni de bilan universel à déduire de cette alerte. Le soignant décidera selon votre alimentation, vos symptômes et votre dossier.
Contraception et suivi : obtenir une réponse pour son traitement
La diminution possible de l’efficacité des contraceptifs fait l’objet d’une évaluation européenne après des déclarations de grossesses non désirées, dont une en France. Le signal n’établit pas que toutes les contraceptions deviennent inefficaces sous tous les GLP-1. Si vous êtes concernée, donnez le nom précis de votre contraception et de votre médicament, et signalez les épisodes de vomissements ou de diarrhée. [1]
Demandez quelles précautions s’appliquent à cette association et comment préparer un projet de grossesse. L’ANSM rappelle que ces traitements ne sont pas recommandés pendant la grossesse et doivent être arrêtés dès qu’une grossesse est connue : contactez rapidement le prescripteur pour organiser la suite. [1]
Avant de repartir, faites préciser le prochain rendez-vous et le contact à utiliser entre deux consultations. Le pharmacien peut aussi vous aider à retrouver la notice de votre spécialité et à préparer votre liste de traitements.
Le plus utile n’est pas de repartir avec toutes les réponses possibles, mais avec un plan clair : quels symptômes surveiller, quand appeler et qui contacter. Un effet indésirable suspecté peut également être déclaré, avec l’aide d’un professionnel ou par vous-même. Cette déclaration contribue à la surveillance ; elle ne remplace jamais les soins nécessaires.
En bref
- L’ANSM confirme un bénéfice/risque favorable dans les recommandations, tout en renforçant la vigilance sur le mésusage et les interactions.
- Préparez dates d’injection, symptômes, ordonnances et liste complète des produits pris.
- Douleur abdominale intense et persistante ou impossibilité de boire après des vomissements : demandez un avis médical urgent.
- Dose, contraception et examens de suivi se discutent pour votre médicament et votre situation, sans adaptation individuelle proposée ici.
Sources
[1] ANSM — « 3ᵉ rapport de pharmacovigilance sur les aGLP-1 : persistance du mésusage associé à des complications graves et mise en évidence du risque d’interactions médicamenteuses », 7 octobre 2026. https://ansm.sante.fr/actualites/3-rapport-de-pharmacovigilance-sur-les-aglp-1-persistance-du-mesusage-associe-a-des-complications-graves-et-mise-en-evidence-du-risque-dinteractions-medicamenteuses
[2] CRPV de Montpellier / ANSM — Résumé du rapport d’enquête nationale de pharmacovigilance n°3 ; période du 1er février 2025 au 31 janvier 2026, publié le 7 octobre 2026. https://ansm.sante.fr/uploads/2026/10/07/20261001-resume-enquete-pv-analogues-glp-1.pdf

