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Nutrition & Bien-être

Vitamine D jusqu’à 5 ans : moins d’enfants qui consultent ? Cela ne promet pas moins de rendez-vous à votre enfant

La vitamine D peut-elle réduire les consultations respiratoires des enfants jusqu’à cinq ans ? Une revue Cochrane suggère un petit bénéfice incertain sur la part des enfants qui consultent, pas sur la moyenne des visites. Cela ne change pas l’objectif de la prescription pour les os.

Jeremy Nicoulopoupolos 7 min de lecture
Un jeune enfant avec une accompagnante face à une personne en blouse dans un cabinet de consultation.

En bref

  • Chez les enfants jusqu’à cinq ans, la revue Cochrane d’avril 2026 porte sur le recours aux soins pour des infections respiratoires, après un apport de vitamine D pendant la grossesse ou la petite enfance.
  • Comparée à un placebo, la vitamine D pourrait légèrement réduire la part des enfants qui consultent, avec une faible certitude. Elle ne réduit probablement pas la moyenne des visites par enfant.
  • Ces résultats ne justifient ni une cure anti-virus, ni une hausse de dose. La prescription pour la croissance des os garde son objectif ; ne la modifiez pas de votre propre initiative.

Votre enfant reçoit déjà de la vitamine D et vous vous demandez si elle peut aussi lui éviter des rendez-vous chez le médecin cet automne ? La question est légitime, mais la réponse ne se résume pas à « ça protège » ou « ça ne sert à rien ». La santé des os et les consultations pour une infection respiratoire sont deux sujets différents.

Une revue Cochrane publiée le 27 avril 2026 apporte un éclairage sur le second. Son résultat le plus encourageant reste prudent : la part des jeunes enfants qui consultent pourrait légèrement diminuer, alors que la moyenne des visites par enfant ne diminue probablement pas. Pour comprendre ce décalage, il faut regarder ce que les chercheurs ont compté.[1]

Une revue sur les jeunes enfants, pas une cure d’automne

Les chercheurs ont rassemblé des essais dans lesquels la vitamine D était donnée pendant la grossesse ou la petite enfance, parfois au cours des deux périodes. Ils ont distingué deux comparaisons : un apport de vitamine D face à un placebo, c’est-à-dire un traitement sans vitamine D, et une dose plus élevée face à une dose plus faible.

Les résultats concernent les enfants jusqu’à cinq ans. Les études impliquant des enfants atteints de maladies respiratoires chroniques ou d’autres maladies chroniques générales étaient exclues. Il ne s’agit donc ni d’un résultat pour tous les âges, ni d’une raison de changer le suivi d’un enfant ayant une maladie chronique.

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Autre repère utile : la revue est parue au printemps, avec une recherche d’études arrêtée au 18 mars 2025. Elle n’évalue pas une cure commencée à l’automne 2026 pour traverser les virus de l’hiver.

Compter les enfants qui consultent ou compter leurs visites

Le premier indicateur est la proportion d’enfants qui consultent pour une infection respiratoire aiguë. Autrement dit, parmi les enfants suivis, quelle part a eu recours à un médecin ou à l’hôpital pour ce motif ? Un enfant qui consulte à plusieurs reprises reste un seul enfant dans ce décompte.

Le second indicateur est le nombre moyen de visites par enfant. Cette fois, les visites répétées comptent aussi. Les deux mesures ne racontent donc pas la même chose : savoir combien d’enfants ont consulté ne dit pas combien de rendez-vous chaque enfant aura.

Face à un placebo, la vitamine D pourrait légèrement réduire la proportion d’enfants consultant, mais cette conclusion est de faible certitude. En revanche, elle ne réduit probablement pas la moyenne des visites par enfant, un résultat de certitude modérée.[1]

Vitamine D et consultations respiratoires chez les enfants jusqu’à cinq ans : proportion d’enfants consultant et moyenne des visites, comparées à un placebo, avec les degrés de certitude.
La revue distingue les visites chez le médecin ou à l’hôpital de la seule hospitalisation. Les études impliquant des enfants atteints de maladies respiratoires chroniques ou d’autres maladies chroniques générales étaient exclues. Les pictogrammes illustrent les deux comptages, pas des effectifs ou un gain chiffré.[1]

Ces visites comprennent le recours au médecin ou à l’hôpital : ce ne sont pas uniquement des hospitalisations. Et compter des consultations pour une infection respiratoire ne revient pas à compter des virus identifiés par un test. Ce résultat ne permet pas de promettre à votre enfant moins de rhumes, ni un hiver sans maladie.

Si une information vous fait hésiter, cherchez la source, sa date et les enfants concernés avant de changer une habitude de soin. Notre dossier sur les réflexes pour vérifier une information de santé prolonge cette démarche ; vous pouvez aussi montrer le résultat qui vous interroge à votre médecin.

Pourquoi le petit bénéfice reste incertain

« Faible certitude » signifie que de nouvelles études pourraient modifier la conclusion. Les résultats variaient d’un essai à l’autre : certains suggéraient un petit bénéfice, d’autres ne montraient pas d’effet clair. Beaucoup d’études étaient de petite taille ; les modalités de supplémentation et la façon de mesurer les infections différaient aussi.

La comparaison des doses n’apporte pas d’argument pour en donner davantage. Une dose plus élevée, comparée à une dose plus faible, ne réduit probablement pas la proportion d’enfants qui consultent, avec une certitude modérée. Une réduction de la moyenne des visites par enfant n’est pas établie non plus, avec une faible certitude pour ce critère.[1]

La prescription de vitamine D garde son rôle pour les os

La vitamine D participe à la minéralisation des os pendant la croissance.[2] En France, elle est prescrite dès les premiers jours de la vie pour prévenir le rachitisme, une maladie de la croissance et de l’ossification. Les résultats sur les consultations respiratoires ne remettent pas en cause cet objectif.[3]

Vous n’avez donc pas à choisir entre croire à un effet anti-virus et arrêter les gouttes prescrites. Gardez la prescription comme référence, sans augmenter l’apport ou ajouter un autre produit pour tenter de prévenir une infection.

Chez le nourrisson, trop de vitamine D peut provoquer un excès grave de calcium dans le sang, appelé hypercalcémie, et perturber la fonction rénale. L’Anses recommande de privilégier les médicaments plutôt que les compléments alimentaires, de contrôler les doses données et de ne pas multiplier les produits contenant de la vitamine D. Cet apport doit se faire sur prescription d’un professionnel de santé.[3]

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Pour vérifier les précautions du médicament prescrit, prenez le temps de lire sa notice et demandez au pharmacien de vous expliquer ce qui reste flou. Notre guide sur l’accès numérique à la notice présente les possibilités de recherche, avec ou sans QR code ; tous les médicaments de vitamine D ne disposent pas nécessairement d’un tel code.

Pour l’automne, conservez aussi les gestes qui limitent la transmission dans la famille : lavage des mains et aération des pièces ; si vous êtes un adulte avec des symptômes, portez un masque notamment au contact d’un bébé ou d’une personne fragile.[4] La vitamine D prescrite répond, elle, aux besoins de votre enfant : une étude sur les consultations n’est pas une nouvelle ordonnance.

Sources

[1] van Arragon M, Grant CC, Scragg RKR, Jordan VMB. Vitamin D for preventing acute respiratory infections in children up to five years of age. Cochrane Database of Systematic Reviews, 27 avril 2026, CD015111. DOI : 10.1002/14651858.CD015111.pub2.
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015111.pub2/full

[2] Anses. Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, 21 février 2025, section vitamine D.
https://www.anses.fr/fr/content/les-references-nutritionnelles-en-vitamines-et-mineraux

[3] Anses. Vitamine D : privilégier les médicaments pour éviter le surdosage chez les nourrissons, 22 septembre 2021, mise à jour le 22 mars 2023.
https://www.anses.fr/fr/actualite/vitamine-privilegier-medicaments-eviter-surdosage-nourrissons

[4] Assurance Maladie. Les gestes barrières pour limiter la transmission des virus saisonniers et du Covid-19, 23 septembre 2026.
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/gestes-barrieres/les-gestes-barrieres-adopter

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