La rhinite allergique, c’est quoi ?

le mercredi 31 mars 2010
par Pr Guy Dutau
La rhinite, plus communément appelée « rhume » peut avoir de nombreuses causes. Parmi elles, deux sont très importantes : les rhinites dues aux infections à virus (qui guérissent sans traitement en une semaine mais avec des mouchoirs en papier…) et les rhinites allergiques qui font l’objet de cette mise au point.

Une rencontre qui fait du bruit

La rhinite allergique se manifeste par des symptômes en rapport avec une inflammation importante du nez et des sinus. Cette inflammation est déclenchée par la rencontre de la muqueuse nasale du patient allergique avec une ou des substances présentes dans l’environnement, mais que son organisme ne tolère pas. Exposés à ces substances allergisantes ou allergènes, le patient s’est sensibilisé et manifeste bruyamment son intolérance par les symptômes bien connus que sont ceux de la rhinite (voir rubrique "En savoir plus").

La sensibilisation se traduit par une réaction de l’organisme dont un des éléments clés est ce qu’on appelle les « anticorps ou immunoglobulines » qui, chez l’allergique, sont fabriqués en quantité excessive et le plus souvent d’un type particulier, le type « E ».

Les différentes formes de rhinites allergiques d'après la classification de l'ARIA

Intermittente

- < 4 jours par semaine ou < 4 semaines par an

Légère

- Sommeil normal

- Activités sociales/sportives et loisirs normaux

- Activités scolaires et professionnelles normales

- Symptômes peu génants

Intermittente

- > 4 jours par semaine et > 4 semaines par an

Modérée - Sévère

- Sommeil perturbé

- Activités sociales/sportives et loisirs perturbés

- Activités scolaires et professionnelles perturbées

- Symptômes génants

Anticorps = anti-allergènes

On peut observer dans le sang des patients allergiques, les immunoglobulines E ou IgE accrochées à des globules blancs, et, également dans la peau et les muqueuses (œil, nez, bronches) sur d’autres cellules, appelées mastocytes. Ces IgE sont dirigées directement contre les allergènes, par exemple les pollens, les acariens de la poussière de maison, ou les animaux de compagnie.

Lorsque l’allergène s’unit aux IgE correspondantes, les millions de cellules qui portent ces IgE libèrent des substances (par exemple l’histamine) qui provoquent les symptômes inflammatoires.

Symptômes = allergènes

Puisque c’est la rencontre entre les allergènes et les anticorps ou IgE qui provoquent la réaction inflammatoire et donc les symptômes, on comprend l’importance de bien noter les circonstances d’apparition et de persistance de ces symptômes car cela orientera sur la nature de la substance allergisante.

Ainsi un patient qui ne se plaint que quelques semaines par an, au mois de mai par exemple, est probablement sensibilisé aux pollens. C’est pourquoi on distinguait autrefois les rhinites allergiques perannuelles, dues à des allergènes auxquels nous sommes exposés en permanence, et des rhinites allergiques saisonnières dues à des allergènes présents à certaines périodes de l’année comme les différents pollens (d’arbres, de graminées, de plantes herbacées) ou certaines moisissures.

En fait, on s’est aperçu que l’exposition aux acariens se produisait à certaines périodes de l’année (quand la chaleur s’intensifie en juillet-août avec élévation de l’humidité de l’air) ou était occasionnelle (rencontre avec certains animaux).
Inversement, certains individus allergiques à plusieurs pollens sont gênés pendant plusieurs mois de janvier (cyprès) à mai-juin (graminées) et même août-septembre (armoise).

Une approche plus fine de la rhinite allergique

Cette notion d’exposition est devenue très importante pour les experts qui proposent maintenant une classification plus fine prenant en compte la fréquence des symptômes et la présence (ou non) de symptômes associés.
Selon la fréquence des symptômes, les rhinites sont intermittentes (symptômes présents pendant moins de 4 jours par semaine et moins de 4 semaines par an) ou persistantes (symptômes présents pendant plus de 4 jours par semaine et plus de 4 semaines par an).

Selon les symptômes associés, il faut distinguer les rhinites légères (pas de troubles du sommeil, de retentissement sur les activités quotidiennes, de loisirs ou sportives, de répercussions sur l’activité professionnelle) et les rhinites modérées à sévères avec symptômes associés (troubles du sommeil, retentissement sur les activités quotidiennes, professionnelles ou sportives, altérations de la qualité de vie).

Le croisement de ces deux modes d’estimation de la rhinite permet d’obtenir un classement en 4 stades :

  1. légère intermittente
  2. modérée à sévère intermittente
  3. légère persistante
  4. modérée à sévère persistante

Les rhinites sont identifiables à l’aide de symptômes simples. Un guide de poche appelé WONCA, récemment élaboré par des experts, synthétise les connaissances scientifiques nécessaires pour diagnostiquer, évaluer la sévérité, et traiter la rhinite allergique.

Ce document présente également un questionnaire qui permet de savoir si une rhinite est probablement allergique ou non en posant des questions à réponse binaire, « oui » ou « non ».

Par exemple, si on éternue et qu’on a le nez qui coule clair sans fièvre c’est probablement allergique. Si on a un peu de fièvre et qu’on mouche jaune depuis plusieurs jours c’est probablement infectieux. Le guide WONCA permet également de savoir si des examens supplémentaires sont nécessaires pour préciser le diagnostic de la rhinite et rechercher ses causes.

Commenter cet article sur Facebook