L’angoisse de la perte de cheveux : les femmes aussi
L’alopécie peut se traduire par une chute occasionnelle ou chronique des cheveux. 65 % des patients qui consultent sont des femmes. Dans la phase post-ménopause, 40 % seraient même, à des degrés variables, touchées par ce problème. Par ailleurs, la chute des cheveux a, chez le beau sexe, un retentissement psychologique très fort : impact négatif sur la qualité de vie, difficultés dans les relations sociales, baisse de l’estime de soi et sentiment de frustration. La consultation s’impose donc, même si l’alopécie se décline en général en dermocosmétique et n’est donc qu’occasionnellement prise en charge par l’assurance maladie.
La perte de cheveux chez l’homme
Elle est essentiellement due à une influence hormonale. La testostérone stimule la pousse des cheveux mais provoque une accélération anormale des cycles chez les hommes qui ont une prédisposition génétique. On assiste à un épuisement prématuré du capital de renouvellement pilaire, principalement sur les zones fronto-temporales et sur le vertex. On l’appelle donc l’alopécie androgénétique. 5 % des Caucasiens de sexe masculin développent les premiers signes d’une alopécie androgénétique masculine avant 20 ans. Un traitement, la finastéride, prescrit sur ordonnance mais non remboursé est efficace pour retarder le processus.
Petit rappel physiologique
Le cycle folliculaire commence par une première phase dite anagène qui se caractérise par la croissance du cheveu. Elle est suivie par la phase catagène, plus brève, au cours de laquelle le follicule se raccourcit et diminue de volume. La dernière phase est dite télogène ou de repos, où le cheveu est mûr, il va tomber. Le tout se déroule dans un cycle normal qui s’étale sur plusieurs mois. La chute des cheveux est due à l’accélération soudaine du cycle. « Normalement, explique le Dr Pascal Reygagne, Hôpital St Louis à Paris, moins de 20 % des cheveux sont en phase de chute. Ce pourcentage peut passer à 70 %, occasionnant cette alopécie ».
L’origine de cette chute est diverse. Elle peut ainsi être occasionnelle. Elle peut résulter d’une consommation médicamenteuse ou d’une chimiothérapie. Elle peut être post-partum, ou post-chirurgicale, saisonnière, ou faire suite à un grand stress, un régime ou des carences vitaminiques. La repousse est spontanée, même si parfois une année entière est nécessaire pour combler la carence. On propose des traitements stimulants la vascularisation des follicules pileux.
Le mécanisme de la chute chronique des cheveux lui est différent. Le processus est progressif et s’accompagne d’une miniaturisation du bulbe pileux et d’un raccourcissement progressif des cycles empêchant la croissance optimale du cheveu. Ce dernier devient de plus en plus fin et finit par disparaître. On assiste à un éclaircissement progressif à partir de la raie médiane et d’une diminution de la masse capillaire.
Entrer en lutte contre l’alopécie
Le diagnostic est clinique et débute par un véritable interrogatoire sur les consommations médicamenteuses et la recherche d’un régime alimentaire restrictif. « Pour lutter contre ces alopécies chroniques féminines, il faudra assurer une vascularisation correcte, une bonne innervation des follicules pileux et agir sur les facteurs neuro-peptidiques. La première étape passe cependant par une réassurance de la personne, un accompagnement psychologique, des conseils d’hygiène de vie et d’alimentation et une moindre exposition solaire, ainsi qu’une éducation sur le cycle capillaire », rapporte encore le médecin.
Concernant les traitements proposés, il est intéressant de noter qu’une nouvelle lotion spécifiquement destinée aux femmes vient compléter l’offre de produits efficaces, jusque là plutôt limitée.
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