Les boissons lights pourraient doubler le risque de diabète

le dimanche 10 février 2013
par Dr Sacha Martin
Une étude française met en évidence un risque diabétogène des sodas lights supérieur aux boissons sucrées.

 

La surprise est totale. Alors que les nouvelles concernant les édulcorants sont plutôt rassurantes en ce qui concerne le risque de cancertumeur constituée par la prolifération anarchique de cellules anormales qui envahit les structures avoisinantes et qui produit des métastases. Adjectif : cancéreux. Source, l'étude que doit publier le mois prochain l'American Journal of Clinical Nutritionensemble des processus d’assimilation et de transformation des aliments dans l’organisme. Science qui traite de l’alimentation et des aliments en général. Le spécialiste est le nutritionniste. Source pourrait bien relancer le débat sur l'innocuitéqui n’est pas nuisible pour l’organisme. Source de ses boissons artificielles. Une équipe réputée d'épidémiologistes français dirigés par François Clavel-Chapelon et Guy Fagherazzia (Institut Gustave-Roussy et Université de Paris-Sud) a analysé les données concernant plus de 66 000 femmes qui ont été suivies pendant plus de quatorze ans. Le résultat démontre que les femmes qui consommaient plus de 1,5 litre par semaine de boissons light ont eu un risque plus que doublé de présenter un diabète. Par contre, il ne l'était pas du tout pour celles qui consommaient des jus de fruit.

Les sodas sucrés moins risqués que les boissons light !

Curieusement, le risque était moins augmenté, même s'il l'était tout de même, avec des boissons sucrées qu'avec des boissons light. Les chercheurs font l'hypothèse que même lorsque l'on boit des sodas lights, le cerveau a une sensation de sucré, ce qui déclenche la sécrétionfonction de certaines cellules spécialisées souvent regroupées en glandes qui élaborent des produits qu’elles excrètent. Adjectifs : sécréteur, sécrétoire. Source d'insuline, une hormonetoute substance élaborée par une glande endocrine. Adjectif : hormonal. Source chargé de faire baisser le taux de sucre dans le sang. C'est ce qui se passe normalement lorsque l'on commence à manger, le corps se préparant à faire rentrer dans les cellules le flux de sucre qui va déferler dans la circulation sanguine au cours de la digestionensemble des transformations subies par les aliments dans le tube digestif avant de parvenir à l’état dans lequel ils sont assimilables par les cellules. Adjectif : digestif. Voir peptique. Source. Mais la libération d'insuline peut faire baisser le taux de sucre dans le sang (=glycémieteneur du sang en glucose. Voir hypo- et hyperglycémie. Adjectif : glycémique. Source) en dessous du seuil auquel apparaît la sensation de faim (=hypoglycémiediminution du taux sanguin en glucose. Voir glycémie. Adjectif : hypoglycémique. Source) lorsque la boisson sucrée ou light n'est pas suivie d'un repas.

Les limites de l'étude

Il faut cependant préciser les limites d'une telle étude, ce que n'a d'ailleurs pas manqué de faire aussitôt l'Association internationale pour les édulcorant (ISA France) dans un communiqué. En particulier le fait que dans une étude épidémiologique on observe ce qui se passe et on ne modifie pas les paramètres comme on le ferait dans une étude dite d'intervention. Bien que de nombreux critères aient, à la base, été pris en considération pour que les différents groupes étudiés soient comparables (consommation d'alcool et de tabac, cas de diabètes dans la famille, quantité d'activité physique, etc.), il est tout à fait possible que le comportement des femmes qui optent pour les boissons light soit différent d'une façon ou d'une autre ayant échappé aux critères retenus par les épidémiologistes. D'autre part, le fait que les boissons lights semblent augmenter d'avantage le risque de diabète que les sodas sucrés est assez étrange et plaide en faveur d'un biais peut-être méconnu.

Source : American Journal of Clinical Nutrition

 

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