La fin du dictat du régime alimentaire du diabétique
90 % des personnes diabétiques de type 2 sont en surpoids à prédominance abdominale. Pendant long-temps, ils ont été désignés à la vindicte populaire comme les seuls responsables de cette adiposité, incapables de gérer ou modérer leurs apports caloriques. En somme, ils étaient punis par où ils auraient péché. Mais les mécanismes de l’obésité des personnes diabétiques mettent à mal pareil juge-ment. Leur surpoids n'est pas seulement une histoire de comportement alimen-taire débridé.
Une alimentation équilibrée
Elle est composée de :
- graisses ou « lipides » représentant 30 à 35 % de l'apport calorique global. Les acides gras dit « insa-turés », souvent d'origine végétale ou présents dans les poissons comme le hareng, le maquereau, la sardine... sont à privilégier sur les acides gras saturés d'origine animale, beurre, fromages, viande, oeufs...
- de protéines ou « protides » sans excéder 12 à 15 % ;
- de sucres ou « glucides » pour 50 à 55 %. Il faut privilégier ceux dits complexes comme les féculents, les légumes secs riches en fibres ;
- de vitamines, minéraux et fibres.
Quelques recommandations :
- manger le moins possible de produits très riches en sucre,
- consommer du poisson 2 ou 3 fois par semaine, au moins,
- connaître les aliments caloriques,
- limiter les excès de poids par une surveillance régulière.
Le dictat des régimes fait « pschitt ». Une personne diabétique de type 2 mange à peu près comme il est socialement convenu de le faire… peut être un peu plus. En revanche son patrimoine génétique le distingue de la norme par une propension forte au stockage des graisses, délétères pour son pancréas. Manger moins est-il alors bénéfique ? Faut-il imposer aux personnes diabétiques des restrictions drastiques ? Cette théorie a fait long feu. Les récentes enquêtes alimentaires menées auprès des personnes diabétiques ne révèlent pas, dans la majorité des cas, d’anoma-lies plus importantes que dans la population témoin.
Gérer sans se priver
Si l’on prend en considération le fait que le surpoids d’une personne diabétique n’a pas uniquement pour origine une alimentation trop importante, le seul message qui prévaut aujourd’hui tient en deux mots : raison et plaisir. Bien sûr, il faut qu’une personne diabétique parvienne à perdre du poids, mais pas à n’importe quel prix. Cela sera plus difficile pour lui que pour une personne en surpoids non diabétique : par exemple à régime égal, là où cette dernière perdra 6 kg, la personne diabétique n’en perdra que 4 !
Réduire l’apport calorique, oui, mais sans tomber dans une restriction difficile à tenir. En plus de la réduction du nombre de calories consom-mées, on recommande une alimentation pauvre en matières grasses, qui permet de manger plus sainement. Par ailleurs, il ne faut pas se fixer d’objectifs inatteigna-bles. Une perte de 4 kg en moyenne permet déjà d’avoir une action bénéfique sur le métabolisme. Enfin, inutile de culpabiliser les patients.
« Faites avec votre régime, et les médecins seront là pour vous accompagner, vous aider », assure le Dr Guillaume Charpentier, endocrino-diabétologue, chef de service au Centre hospitalier Sud Francilien à Corbeil-Essonnes.Contrairement aux idées reçues, les personnes diabétiques sont loin d'avoir toutes un rapport de novice avec la nourriture. Ils peuvent manger de tout. Prévention ne veut donc pas dire forcément privation... « Tout est question d’équi-libre. Il s’agit pour eux de manger avec modération, car tout leur profite. Ces patients doivent donc en partie se restreindre car leur organisme n’assimile pas de la même manière ce que les non diabétiques peuvent manger », conclut le médecin.
Les produits laitiers : n’en faites pas tout un fromage
Contrairement aux idées reçues, la consommation de fromages n’est pas décon-seillée en cas de régimes alimentaires spécifiques. « C’est le surplus de lipides qui est néfaste pour la santé, pas les lipides eux-mêmes. Ils sont nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Les produits fromagers, s’ils sont consommés en quantité raisonnable, s’intègrent parfaitement à un régime alimentaire équilibré spécifique » soutient l’Institut fromages et santé. Le message n’est certes pas désintéressé – l’Institut réuni des fabricants de fromages – ; il n’en demeure pas moins exact et cautionné par des diabétologues. Une part raisonnable de fromage ne doit pas excéder 30 g.
Témoignage : Sébastien, 25 ans, diabétique depuis 2 ans :
« Quand on est confronté à la maladie, la tentation est de supprimer les aliments sucrés. Mais ce n'est pas la solution. Cela crée une grande frustration qui peut vous faire craquer et fondre sur les barres chocolatées lorsque le moral est trop bas. Tout est question de modération. Il faut donc manger équilibrer tout en se faisant plaisir. Cela s’apprend. Par exemple, un gâteau ou une crème dessert pour les personnes diabétiques, c’est possible de temps en temps, à la fin d'un repas équilibré ».
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