Psoriasis : Traitements et recommandations pratiques
Quels sont les traitements aujourd’hui disponibles ?
Les médicaments visent à atténuer ou corriger les désordres observés : renouvellement accéléré des cellules de l’épi-erme, inflammation, désor-dres immunitaires locaux, arthrite inflammatoire. Le psoriasis est une maladie chronique pour laquelle, s’il n’existe pas de traitement permettant une guérison définitive, il existe de nombreuses options théra-peutiques efficaces sur lespoussées.
En fonction des formes et de l’évolution de la maladie, le médecin va utiliser différentes options dans le cadre d’une prise en charge individualisée et en accord avec le malade. L’information du malade sur les bénéfices attendus, les risques et les modalités est capitale pour qu’il mesure l’intérêt de suivre son traitement.
Le respect du traitement garantira une efficacité optimale. Schématiquement on utilise :
- les dermocorticoïdes (déri-vés de la cortisone) : ils sont la base du traitement dans les formes peu étendues (moins de 10 % de la surface du corps) et sont utilisés en application locale et en cure courte. Ils freinent le renouvellement des cellules, diminuent l’œdème, la rougeur et le prurit. En fonction de la nature et du siège des lésions, on utilise des corticoïdes plus ou moins puissants et des formes galé-niques différentes : crème, gel ou lotion.
Deux nouvelles normes viennent d’être mises sur le marché : un shampoing et un film bio-adhésif.
- les dérivés de la vitamine D : en application locale, utilisés seuls ou associés à d’autres médicaments.
- les produits à base de goudron (shampoings, crèmes, huiles et lotions) : en application et souvent associés avec les corticoïdes locaux. Dans les formes peu graves, ces médicaments, associés aux soins de la peau (crème hydratante) seront suffisants pour maîtriser les symptômes.
Toutefois, dans les cas plus résistants, le médecin pourraajouter des séances de rayons ultraviolets (photothérapie) avec ou sans médicament associé, pour réduire les lésions psoriasiques. Deux types de rayonnement sont utilisés : UVA (Puvathérapie) et UVB. Un suivi par un der-matologue est essentiel, en raison du risque de cancer de la peau.
Dans les cas graves résistants aux thérapies précédentes, ou en présence de rhumatisme psoriasique, d’autres options sont mises en œuvre par voie générale : les médicaments supprimant la réponse immunitaire (méthotrexate ou ciclosporine) ou les médicaments modifiant la réponseimmunitaire (biothérapies).
Cette nouvelle famille de médicaments intervient sur l'inflammation. L'utilisation des biothérapies dans le psoriasis est réservée aux formes sévères n’ayant pas répondu ou ayant une contre indication à au moins deux autres traitements par voie générale. Deux types de biothérapies sont utilisés dans le traitement des psoriasis sévères : les anti-TNFα et l’anti-CD11a. Ces nouveaux traitements ont pour but de diminuer la communication/stimulation excessive entre les cellules et de rompre le cercle vicieux du psoriasis en diminuant les taux de TNFα.
Le psoriasis en pratique
- Suivez votre traitement avec la meilleure observance possible
- Posez toutes les questions au médecin
- Hydratez bien votre peau,
- Préférez les douches aux bains
- Evitez les vêtements trop serrés
- Exposez vous au soleil, mais avec modération et une protection solaire
- Plutôt que de vous grattez, exercez une pression sur la zone qui démange
- Pratiquez une activité physique
- Partagez vos interrogations
- Profitez d’une cure thermale en traitement d’appoint
Une cure thermale : une fenêtre thérapeutiqueUne cure thermale est prescrite par le dermatologue ou le médecin généra-liste.
Elle agit en complément ou en relais quand le malade est en échec avec des traitements classiques. Toutes les formes de psoriasis sont concernées. Certaines stations s’engagent dans des accueils spécifiques ou profitent des qualités de leurs sources. Ainsi à Molitg-les-bains, on applique sur les zones touchées, des compresses à base de plancton thermal, une algue qui contient des bactéries non pathogènes, et qui possède un effet éponge, dessé-chant, cicatrisant et anti-inflammatoire permettant une accélération du renouvellement de l’épiderme.
A Neyrac, le limon thermal est destiné au traitement des psoriasis; il est appliqué sur les lésions en couche fine au moyen d’un pinceau. A Avène, ou La Roche-Posay, outre les quatre soins de crénothérapie classiques, les curistes reçoivent une éducation concernant leur pathologie, sous forme de conférences médicales, d’ateliers d’hygiène et d’hydratation plébiscités et d’un atelier maquillage thérapeutique.
Le soin phare de ces stations est la douche filiforme. Elle est pratiquée par un médecin qui projette sur les lésions des jets très fins d’eau thermale (0.4 mm de diamètre) dont la pression varie entre 2 à 15 bars. Ce soin est anti-prurigineux et décapant ; il masse en profondeur et diminue l’épaisseur et la consistance des lésions.
D’une manière générale, la cure doit être renouvelée annuellement pour obtenir un résultat dans la durée ; elle est sans effets secondaires et s’impose comme une fenêtre thérapeutique.Stations thermales spécialisées en dermatologie : Avène, St Gervais le Fayet, la Bourboule, Fumades, Tercis, Molitg, Neyrac, Rochefort, La Roche Posay, St Cristau, Uriage. www.france-thermale.org.
Témoignage patient : Eléonore Damascena, 59 ans est déléguée APLCP* sur la Région Rhône-Alpes.
30 ans de psoriasis et un long parcours thérapeutique. « Les premières plaques sont apparues dans le cuir chevelu. Le médecin m’a donné des shampoings et applications locales. Quand j’ai commencé à en avoir dans le dos et sur les coudes, j’ai été en consultation à l’hôpital. Pour me soulager aussi, je suis partie en cure thermale à la Roche-Posay en association avec de la puvathérapie. L’ensemble me faisait un peu de bien. Mais mon psoriasis est devenu résistant et a évolué vers un rhumatisme psoriasique.
En 2000 je ne pouvais plus marcher. Une année sous immuno-suppresseur, le methotrexate m’a un peu soulagé, mais les effets secondaires m’ont forcée à m’arrêter. Alors la solution s’est trouvée dans les biothérapies. D’abord l’infliximab et aujourd’hui l’étanercept que je m’injecte moi-même. Entre temps j’ai participé à plusieurs essais thérapeutiques. Pour le dernier, je suis tombée sur le placébo et j’ai du abandonner.Mon psoriasis s’était déchainé et mon corps était en feu. Les thérapeutiques ont vraiment évolué. Aujourd’hui j’ai énormément gagné en qualité de vie et je n’ai plus que deux ou trois petites plaques ici et là ».
* Association Pour la Lutte Contre le Psoriasis
-
0Vu fois.
-
1Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
-
0Vu fois.
Recevoir l'actualité patients




