Médecine esthétique et anti-âge : le voir et y croire !

le mercredi 21 avril 2010
par Dr Grégoire Jeanniard, médecin généraliste, Paris
Il y a encore quelques années l’accès aux actes esthétiques était réservé à une élite avertie qui acceptait la contrainte du geste chirurgical en contrepartie du bénéfice d’un rajeunissement apparent. Aujourd’hui « l’esthétique » s’est fortement médicalisée, offrant ainsi des possibilités peu invasives pour des effets de plus en plus spectaculaires.

Le vieillissement cutané est plus marqué et forcement plus visible au niveau des régions exposées, en particulier le visage. Il se traduit par une altération de l’aspect de la peau (éclat, uniformité du teint, capacité à accrocher la lumière, rides, ridules) et par une altération des tissus cutanés et sous-cutanés (atrophies graisseuses, musculaires, distension cutanée avec chute et affaissement des traits).Il existe aujourd’hui plusieurs produits et techniques pour corriger ces désordres.

Corriger le teint, l’éclat

Les trois principales techniques font appel à des procédés chimiques, physiques et des injections très superficielles de différentes substances.

Technique chimique : le peeling

Méthode ancienne jamais supplantée et qui s’est même beaucoup diversifiée et perfec-tionnée. L’agression chimique contrôlée de l’épiderme (la couche la plus superficielle de la peau) provoque un renouvellement du tissu qui aboutit à un effet de relissage et de rajeunissement. Le peeling peut être plus ou moins « agressif » selon l’effet attendu mais nécessite toujours un praticien prudent et expérimenté.

Technique physique : le laser

Plusieurs types de lasers peuvent être utilisés dans la correction du vieillissement cutané. Il existe des lasers « ablatifs » qui restent la référence en cas de photo-vieillissement important, et des lasers de « remodelage » à coté desquels on peut citer d’autres techniques comme la lumière intense pulsée, ou la radiofréquence qui, de plus, remet en tension le derme profond.Les lasers ablatifs détruisent de fines couches de peau de façon à obtenir une abrasion programmée qui ne doit pas aller au delà d’une certaine profondeur pour ne pas causer de dommages cutanés irréversibles. Ici encore c’est l’agression qui stimule la régénération de la peau. Pour les lasers de remode-lage il s’agit d’induire une réaction inflammatoire dans le derme superficiel sans altérer l’épiderme, ce qui provoque une stimulation et une prolifération des cellules qui fabriquent un nouveau tissu.

Les injections superficielles

La mésothérapie, qui consiste à injecter des susbstances médicamen-teuses à faibles doses à moins de 4 mm de profondeur, obtient de bons résultats sur l’éclat du visage et du décolleté. Une autre technique, la biostimulation, moins répandue mais très intéressante, vise à extraire des facteurs de croissances cellulaires à partir du sang du patient et à injecter le sérum enrichi en facteur de croissance au niveau de la peau pour stimuler la régénération du tissu.

Corriger les rides et les volumes du visage

Les rides d’expression : la toxine botulinique

Produite par une bactérie, cette substance provoque une paralysie du muscle qui n’est plus capable de se relâcher, entraînant un lissage de la peau avec disparition de la ride.  L’effet est transitoire, et dure de 4 à 6 mois.Les rides dynamiques du tiers supérieur du visage en sont la meilleure indication.

Les autres rides et les volumes du visage

Les techniques de comblement sont très peu invasives et se sont énormément développées ces dernières années avec l’arrivée sur le marché du collagène bovin, puis plus récemment des acides hyaluroniques- naturels puis de synthèse. Leur résorption, de durée variable, est progressive et complète (6 à 18 mois).

Une indication phare de l’acide hyaluronique est représentée par le comblement du sillon nasogénien, mais il peut être utilisé aussi pour les rides des commissures des lèvres ou pour modeler ou amplifier une lèvre. On a compris aussi que les tissus sous la peau vieillissent. Le concept de volumétrie du visage est apparu, et on injecte maintenant plus profondément pour corriger par exemple l’ovale d’un visage.Les produits de comblement sont alors utilisés comme volumateurs (par exemple, corriger un visage émacié au niveau des joues), mais il s’agit aussi de l’indication préférentielle de la graisse autologue (prélevée et réinjectée sur la même personne) qui  donne d’excellents résultats dans ce cas.

Corriger la distension tissulaire et la répartition des graisses

Certaines techniques, laser, radiofréquence et carboxythérapie (injection de gaz carbonique sous la peau) ont un effet plus ou moins tenseur sur la peau et peuvent ainsi éviter ou retarder le recours au geste chirurgical.Cependant, lorsqu’il y a une chute du visage avec relâchement et affaissement de la peau, de la graisse et des muscles sous cutanés, les gestes plus invasifs comme la pose de fils résorbables ou non, et la chirurgie (lifting…) trouvent tout leur intérêt.

De nouveaux matériaux et de nouvelles techniques sont apparus récemment  pour apporter une réponse médicalisée au vieillissement notamment au niveau du visage. Les résultats sont de plus en plus spectaculaires, mais il faut noter que la diversification des offres nécessite que les praticiens en médecine esthétique soient formés rigoureusement en milieu hospitalo-universitaire et régulièrement remis à niveau, voire évalués.

 

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