Faut-il maigrir ?
Les arguments sont légion : les « gros » vivent moins longtemps et moins bien, sont essoufflés, ont mal partout, sont malheureux, sont l’objet de discrimination, et en plus, ils coûtent cher ! D’ailleurs, s’ils ont grossi c’est de leur faute : ils n’ont qu’à moins manger. Nous n’en sommes pas loin !
Il est vrai que certains de nos comportements peuvent favoriser un gain de poids, et que la préventionensemble des moyens mis en œuvre pour sauvegarder la santé et éviter les accidents (prévention primaire), pour éviter d’aggraver une maladie (prévention secondaire) ou pour permettre la réinsertion des malades (prévention tertiaire). Adjectif : préventif. Source doit être encouragée. Mais l’obésité n’est-elle qu’une accumulation de calories lipidiques qu’il convient de déstocker ?
N’est-elle pas la résultante longue et complexe de facteurs
- favorisants : une balance énergétique chroniquement positive,
- prédisposants : la génétiqueétude de la transmission des caractères héréditaires des parents à leurs enfants. Le spécialiste est un généticien. Source,
- déclenchants : la rupture d’un équilibre fragile, d’origine physique ou psychologique (stressréponse inadaptée de l’organisme à une sollicitation auquel il doit faire face (agents stressants). Adjectifs : stressé ou stressant. Source, ménopausepériode génitale caractérisée par l'arrêt des règles, et correspondant à l'interruption de l'activité ovarienne. Cette période s'accompagne généralement de bouffées de chaleur, de régression des caractères sexuels et de perturbations psychiques et hormonales. Adjectifs : ménopausique, ménopausée. Source etc.),
- d’entretien : le tissu adipeuxgras (les tissus adipeux contiennent des cellules graisseuses en trop grande quantité). Source de la personne obèse est malade, les échanges d’informations entre le cerveau et les cellules de stockage sont coupés.
Primum non nocere
La première exigence médicale est de ne pas nuire « Primum non nocere ». Perdre des kilos peut être chez certaines personnes une source sérieuse de déséquilibre, quand le poids est la conséquence exclusive de l’utilisation de la nourriture à des fins psychologiques pour compenser, consoler, réconforter : c’est l’usage psychotropequi agit sur les fonctions et le comportement psychique (médicaments psychotropes). Source de la nourriture. La dépressionétat mental se caractérisant par une baisse du tonus psychique et associant fatigue, anxiété, pleurs et insomnie avec risque de passage à l’acte (tentative de suicide). Adjectif : dépressif. Source peut guetter le patient du fait de la perte des bénéfices psychologiques ou sociaux liés au poids. A contrario, « se laisser aller » peut aussi favoriser une dépression. L’erreur est de penser que le moral ne dépend que du chiffre inscrit sur la balance et qu’un régimeRationnement alimentaire avec exclusion ou apport de certains éléments (régime hyposodé, régime hyperprotidique). Voir diète. Source va corriger tout cela.
Danger également lorsque la perte de poids touche une personne dépressive : il faudra savoir attendre le moment opportun.
De même iI y a un risque pour la santé lorsque la perte de poids volontaire concerne une personne âgée obèse, car elle doit surtout chercher à maintenir son capital musculairequi se rapporte aux muscles. Source par des apports énergétiques et protidiques suffisants et une activité physique régulière. Le risque est très grand avec des régimes successifs, de voir s’installer une sarcopénie (une diminution du capital musculaire) et donc une baisse de ses défenses immunitaires.
La règle de calculconcrétion solide formée par l’accumulation de sels minéraux ou de substances organiques à l’intérieur d’un viscère (voir lithiase). Source de l’IMC
IMCindice de masse corporelle. Source = Poids (en kilos) / Taille au carré (en mètres carré)
Risques réels et supposés
Il n’est pas prouvé que toutes les surcharges soient dangereuses pour la santé ni que toutes les pertes de poids soient bénéfiques.
Un surpoids (IMC 25 - 30 kg/m2) ou une obésité modérée (IMC 30-35) ne représentent pas de façon significative un risque de morbidité (maladie) ou de mortalitéfréquence des décès recensés dans une période donnée par rapport à la population totale. Source (décès prématuréqui arrive avant le terme normal. Terme employé pour désigner un nourrisson dont le poids de naissance est inférieur ou égal à 2,5 kg ou qui est né après une période de gestation de moins de 37 semaines. Source) accru chez une personne de plus de 65 ans. Au contraire, le surpoids modéré est associé à une mortalité moindre. Chez une personne jeune (le plus souvent une femme de moins de 50 ans), l’excès de poids du bas du corps ne représente pas un risque cardio-vasculairequi se rapporte aux vaisseaux sanguins. Source mais une protection vis-à-vis du risque de diabète ou d’infarctus.
Par contre l’obésité sévère (IMC > 35) et l’excès de graisses prédominant au niveau abdominal (chez les hommes et les femmes après la ménopause surtout) sont des facteurs de risque réels.
De plus, à poids égal et à tour de taille égal (même élevés), un faible capital musculaire est un facteur de mortalité précoce. Or, ce capital dépend de l’alimentation et surtout de l’activité physique, véritable facteur de protection.
Du paraître à l’être
Perdre du poids n’améliore pas toujours l’état de santé quand cette perte a été obtenue en malmenant son corps. La fin ne justifie pas les moyens. Une perte de poids importante et rapide est obtenue le plus souvent par une restriction excessive.
par une restriction excessive. De ce fait, il s’ensuit souvent une reprise de poids accrue.
Il est préférable de changer progressivement et lentement ses habitudes alimentaires, et d’accroître régulièrement son activité physique.
activité physique. Un régime amaigrissant mal vécu, mal compris, obtenu par un contrôle mental abusif, peut gravement altérer le comportement alimentaire et favorise culpabilité, dépression et reprise de poids yoyo.
Maigrir, oui. Si nécessaire.
Mais pas n’importe comment, ni à n’importe quel prix, sous peine d’échec cruel. La masse corporelle ne résume pas le bonheur. Certes, il faut se sentir bien dans sa peau, mais sacrifier le paraître à l’être conduit à succomber aux affres de la société de l’apparence. Oui, l’obésité est une différence, oui c’est un handicapdiminution des capacités physiques et/ou mentales de manière définitive ou récessive. Adjectif : handicapé. Voir infirmité. Source, non tous les handicaps ne sont pas synonymes de la fin d’une vie digne d’être vécue. S’accepter différent, accepter les autres différents, fait partie des valeurs à défendre. Alors que faire ?
En évitant de prendre du poids, on évite d’avoir à en perdre. La gestion de son alimentation et de sa relation à la nourriture doit être souple et positive. Elle passe par une écoute de son corps (les signaux de rassasiement...). et surtout par le maintien d’une activité physique régulière.
Et quand les kilos sont là, s’en occuper dès le début en se demandant comment et pourquoi ils sont venus.
Il faudra ensuite trouver un nouvel équilibre, sorte de compromis alimentaire, psychologique et social, car manger sert à nourrir, réjouir et réunir à la fois.
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