La France a un plan...Obésité 2010-2013

le jeudi 21 juillet 2011
par le Dr Damien Mascret
Il était temps ! En France, près de 15% de la population adulte est obèse. La prévalence était de l’ordre de 8,5% il y a douze ans. Un enfant sur six présente un excès de poids. C’est sur ces constats inquiétants que le gouvernement a lancé le 20 juillet le 1er Plan obésité (2010-2013) en simultané avec le nouveau Programme national nutrition santé (PNNS 2011-2015).

 

Trois grands axes guideront donc l'action des pouvoirs publics aux cours des trois années à venir : la recherche, la préventionensemble des moyens mis en œuvre pour sauvegarder la santé et éviter les accidents (prévention primaire), pour éviter d’aggraver une maladie (prévention secondaire) ou pour permettre la réinsertion des malades (prévention tertiaire). Adjectif : préventif. Source et l'organisation des soins. En matière de recherche, le PO souligne d'emblée la nécessité de renforcer les liens avec les sciences humaines et sociales via la création d'une fondation de coopération scientifique. S'agissant de la prévention, un effort spécifique va être fait sur l'alimentation en milieu scolaire, la restauration collective, la restauration solidaire et l'activité physique pour la santé. Enfin de nombreuses mesures concernent l'amélioration de l'organisation des soins pour considérer les formes sévères d'obésitéaugmentation excessive de tissus adipeux due à une suralimentation ou à un problème endocrinien. Adjectif et nom : obèse. Voir adipose. Source (4% des adultes), les jeunes patients, notamment ceux qui sont atteints d'un handicapdiminution des capacités physiques et/ou mentales de manière définitive ou récessive. Adjectif : handicapé. Voir infirmité. Source ou d'une maladie génétiqueétude de la transmission des caractères héréditaires des parents à leurs enfants. Le spécialiste est un généticien. Source associée à l'obésité.

Financements à l'horizon

De nouvelles recommandations pour la prise en charge de l'obésité seront présentées par la haute autorité de santé (les dernières datent de...1998 !). Etant donné la sous-utilisation des courbes d'indice de masse corporelle du carnet de santé, il est évident que des efforts restent à faire dans ce domaine. Dans le même ordre idée, un effort de clarification va être fait pour mieux identifier les centres spécialisés au niveau régional et infra-régional. Quant à l'éducation thérapeutiquequi peut guérir une maladie. Source (avec toutes ses dimensions, psychologiques, diététiques, et d'activité physique) elle devrait bénéficier de financements en rapport, d'autant qu'elle s'inscrit dans les programmes d'éducations thérapeutiques de la loi HPST (Hôpital, patient, santé, et territoires). Financements également pour permettre la prise en charge de patients obèses dont le poids est supérieur à 135 kgsymbole de kilogramme. Source ou l'IMCindice de masse corporelle. Formule qui évalue la corpulence ; l’IMC est calculé en divisant le poids par la taille au carré. Source>35 dans les structures de soins de suite et de réadaptation, notoirement sous-équipées. Même souci pour assurer le transport sanitaire, en particulier en situation d'urgence, des patients obèses. Le plan est plus évasif sur les mesures à prendre en Outre-mer alors que l'obésité y est un problème important.

Pour la prévention, le PO s'appuie largement sur les actions déjà prévues dans le Programme nationale pour l'alimentation (PNA), celles prévues dans le nouveau Programme nationale nutritionensemble des processus d’assimilation et de transformation des aliments dans l’organisme. Science qui traite de l’alimentation et des aliments en général. Le spécialiste est le nutritionniste. Source santé (PNNS 2011-2015), celles envisagées dans le cadre du Programme d'éducation à la santé (PES 2011-2015) et celles du Plan national santé environnement (PNSE 2).

Changer les mentalités

La nécessité de lutter contre la stigmatisation des personnes obèses dans la société, et contre la discrimination dans le système de soin est réaffirmée. Concrètement, la PO prévoit d'inclure la prise en compte de la « bientraitance » des personnes obèses par les établissements lorsque l'on certifie un établissement (un processus mené tous les cinq ans, par la Haute Autorité de Santé). Beaucoup plus nébuleux apparait l'espoir de « protéger le consommateur contre la communication trompeuse », puisqu'il s'appuie sur des « mesures d'auto-discipline » par les médias concernés ! L'auto-discipline des annonceurs, un mécanisme qui a régulièrement fait la preuve de son inefficacité.

Plus novateur, apparait la prise en compte des situations de vulnérabilités (prévue dans le PNNS et PNA) et le besoin de séjours de répit, essentiels pour les patients ayant une obésité associée à une maladie rare ou un handicap mental, comme pour leurs proches. Ce sera sans doute là l'un des points clés pour vérifier dans trois ans l'efficacité du plan obésité.

Pour en savoir plus :

Sur le plan obésité (2010-2013) et sur le Plan national nutrition santé (2011-2015) :

www.sante.gouv.fr

Pour comprendre :

Pourquoi les mesures diététiques ne suffisent pas dans la prise en charge de l'obésité infantile, l'article d'une équipe de pédopsychiatres du CHUabréviation de centre hospitalier universitaire (voir GHU). Source de Lille  (EMC 2010):

http://www.em-consulte.com/article/257315/resultatrecherche/2

Pour élargir son point de vue :

Sur les risques paradoxaux des grandes campagnes de prévention contre l'obésité, les réflexions de Patrick Peretti-Watel (Cahier de nutrition et de diététique, 2011) :

http://www.em-consulte.com/article/300082/resultatrecherche/1

 

 

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