Pièces, piles : les enfants avalent tout…et c’est dangereux !
En reprenant les dossiers d'hospitalisationséjour d’un malade dans une structure hospitalière. Source de 105 cas d'enfants admis dans l'unité de gastro-entérologie pédiatrique du CHUabréviation de centre hospitalier universitaire (voir GHU). Source Hassan II de Fès (Maroc) entre novembre 2002 et juin 2010, Lakdhar-Idrissi et Hida ont constaté qu'il s'agissait dans deux cas sur trois d'une ingestionaction d’avaler un aliment, une boisson, un médicament, par la bouche. Adjectif : ingéré. Voir absorption. Source de pièce de monnaie restée coincée dans l'œsophage. Bien sûr, les auteurs soulignent qu'il ne s'agit ici que des cas ayant justifié leur passage à l'hôpital et que beaucoup d'ingestions de corps étrangers passent inaperçues.
Pic entre 6 mois et 3 ans
Il ne faut donc pas s'étonner que dans cette série le corps étranger (retrouvé dans 96 cas) ait été coincé au niveau de l'œsophage dans neuf cas sur dix. Le corps étranger bloquée au niveau oesophagien explique les symptômes présentés par les enfants : la moitié avaient des difficultés à avaler (dysphagiegêne à la déglutition. Adjectif : dysphagique. Source), la moitié avait des vomissements, près d'un tiers une salivationsécrétion réflexe de salive. Adjectif : salivant. Source accrue (hypersialorrhée), les autres signes étaient beaucoup plus rare mais 28 % des enfants n'avaient aucun symptôme ! Dans cette étude, les enfants avaient un âge moyen de 4 ans (45 jours pour le plus jeune, 12 ans pour le plus âgé) pour un pic de fréquence de ce genre d'accident qui se situe habituellement entre 6 mois et 3 ans comme le rappellent les auteurs. Dix enfants étaient déjà connus dans le service en raison de sténoses (rétrécissementdiminution pathologique du calibre d’un conduit ou d’un orifice. Adjectif : rétréci. Source) de l'œsophage. La grande majorité des accidents étaient survenues à la maison, en fin de journée, après le retour de l'école et les 2/3 des enfants avaient été amenés en consultation dans les premières 24 heures (26 % le 2e ou le 3e jour et 7% au-delà de la première semaine).
Quand l'extraction tourne mal !
Dans la majorité des cas (86 %) le corps étranger a pu être retiré par endoscopieexamen visuel de l’intérieur d’une cavité à l’aide d’un endoscope. Adjectif : endoscopique. Source. Chez un nourrisson de 12 mois, une fève accolée à la muqueuse de l'œsophage a nécessité une fragmentation pour pouvoir être poussée vers l'estomac. Dans un autre cas, une pièce qui se trouvait au niveau de l'estomac a été laissée (son élimination naturelle étant surveillée, car il est recommandé d'intervenir si une pièce de monnaie ou une bille stagne plus de 3 semaines dans l'estomac), le parcours dans le tube digestif étant généralement sans problème une fois passé l'estomac. En revanche, la tolérance n'est pas de mise lorsque les corps étrangers qui se retrouvent dans l'estomac sont des objets pointus, de grande taille (diamètre supérieur à 2 cm, longueur supérieur à 3 cm avant un an, 5 cm après un an), toxique ou caustique. Au total, le corps étranger a été poussé vers l'estomac dans 8 cas et une seule intervention chirurgicale a été nécessaire (pour un clou enchâssé dans le duodénumpartie initiale de l’intestin grêle, qui fait suite à l’estomac. Source !). Toutefois les auteurs notent que l'extraction est parfois délicate, ce qui impose un milieu spécialisé et bien équipé, puisque 7 malades ont présenté des problèmes d'oxygénationfixation de l’oxygène sur un corps organique. Traitement par l’oxygène (oxygénothérapie). Adjectif : oxygéné. Source et que trois enfants ont même dû être intubés et ventilés avec un court séjour (< 24 heures) en réanimationensemble des techniques d’urgence visant à rétablir les fonctions d’un individu en détresse vitale. L’anesthésiste réanimateur veille à la bonne application de ces techniques. Adjectif : réanimé. Source. En outre, des lésions ulcéreuses ont été relevées chez 14 enfants et des oedèmes du pharynx chez 3 d'entre eux ce qui a justifié une surveillance à l'hôpital (de 2 à 30 jours).
Piles = Danger
Signalons, bien qu'il n'y ait pas eu de cas dans cette série colligée par Lakdhar-Idrissi et Hida, la gravité des ingestions de piles qui peuvent provoquer (en raison d'un effet corrosifqui détruit les tissus par une action chimique lente. Source et de la brûlure due au courant), des lésions de l'œsophage en moins de 4 heures puis des perforations. Les auteurs rappellent également que si l'extraction des objets pointus (épingles, aiguilles, agraphes, clous...) est faite en urgence, il faut aussi se méfier des arêtes de poissons et des os de poulet qui comportent d'authentiques risques de perforation. Les objets longs (type stylo) font également partie des objets dangereux.
Les symptômes d'alerte
Les symptômes étant parfois retardés par rapport à l'ingestion (qui peut d'ailleurs elle-même être ignoré par les parents !), il faut évoquer le diagnostic lorsqu'une enfant salive beaucoup, semble gêné pour respirer ou pour avaler, voire refuse de s'alimenter. Parfois ce sont les complications liées au corps étranger qui se manifestent : fièvreterme familier qui désigne une élévation de la température (voir hyperthermie). Adjectif : fiévreux. Source (infectionmultiplication de micro-organismes (virus, bactérie, levure, champignon) dans un organisme. Adjectifs : infecté, infectieux. Source ?), douleursensation pénible et anormale due à la stimulation nerveuse dans un organe ou une région innervée. Adjectif : douloureux. Source dans le thorax, crachats sanglants. Il faut aussi se souvenir que si la plupart des corps étranger sont visibles à la radiographies (radio-opaques), en revanche les corps étrangers alimentaires (par exemple un morceau de fromage dur), les morceaux de plastique et de verre sont eux invisibles (radio-transparents).
Photo : © Claudia Paulussen - Fotolia.com
Pour en savoir plus : télécharger (payant) l'article de Lakdhar-Idrissi et Hida publié dans les Archives de pédiatriebranche de la médecine qui traite des maladies de l’enfant. Le spécialiste est le pédiatre. Adjectif : pédiatrique. Source (Août 2011) :
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