Partie 4: Vers un dépistage national organisé

le mercredi 06 avril 2011
par Annie Dumonceau
La Haute autorité de santé recommande de mettre en place un dépistage national organisé, afin d’améliorer le taux de dépistage par frottis cervico-utérin auprès de l’ensemble des femmes de 25 à 65 ans.

Il n’existe pas actuellement en France de programme national de dépistage organisé du cancertumeur constituée par la prolifération anarchique de cellules anormales qui envahit les structures avoisinantes et qui produit des métastases. Adjectif : cancéreux. Source du col de l’utérus. C’est à chaque femme de se soumettre à un dépistage individuel, notamment par la pratique régulière d'un frottis lors d’une consultation gynécologique. Or ce système a visiblement atteint ses limites : telle est la conclusion d’une évaluation réalisée en 2010 par la Haute Autorité de Santé  à la demande du ministère de la santé.

Ce dépistage individuel ne permet d’atteindre chez les femmes âgées de 25 à 65 ans, qu’un taux de couverture de 57%. Par ailleurs, il existe de fortes disparités géographiques – liées à la répartition des gynécologues sur le territoire et aux inégalités sociales – les femmes de milieux modestes étant deux fois plus nombreuses à ne jamais avoir eu de frottis. « En définitive, précise l’HAS, plus de 50% des femmes ne sont pas ou trop peu souvent dépistées, alors que 40% le sont trop souvent ».

Pour essayer d’approcher l’objectif de 80% de femmes dépistées - fixé par la loi de santé publique - et réduire de plus de 20 % les décès par cancer du col de l’utérus, la HAS recommande la mise en place d’un dépistage national organisé, qui s’appuiera sur les acteurs actuels du dépistage (gynécologues, médecins généralistes, sages-femmes, anatomo-pathologistes et biologistes), mais pas seulement.

Une incitation au dépistage par courrier

Dans ce projet, le test recommandé sera toujours le frottis cervico-utérin (FCU) chez toutes les femmes de 25 à 65 ans, asymptomatiques, ayant ou ayant eu une activité sexuelle, avec une incitation systématique des femmes au dépistage dès que le dernier FCU date de plus de 3 ans, par différents moyens, et notamment :

- la  transmission par les caisses d’assurance maladie à chaque médecin traitant de la liste de ses patientes n’ayant pas bénéficié d’un FCU au cours des 3 dernières années ;

- un courrier d’invitation adressé par les structures de gestion des dépistages organisés aux femmes n’ayant pas été dépistées dans l’intervalle recommandé.

Le frottis serait toujours prescrit par les gynécologues, les médecins généralistes et les sages femmes au moment des grossesses et réalisés par ces mêmes professionnels de santé, mais aussi par des infirmiers(ères) exerçant dans des structures telles que des maisons de santé pluridisciplinaires. Le prélèvementaction d’extraire un tissu ou un liquide organique dans un but de réaliser un examen diagnostic. Adjectif : prélevé. Source pourra également être effectué dans des laboratoires de biologieétude de la forme et de la structure des êtres vivants. Adjectif : biologique. Source médicale, des structures de PMIabréviation de protection maternelle et infantile. Source, des centres de planification et d’éducation familiale, etc.

Les résultats seront toujours interprétés par des anatomo-pathologistes et transmis au prescripteur du test, à la patiente, ainsi qu’au médecin traitant. Ce dernier, en lien avec le prescripteur du test, devra s’assurer de la bonne prise en charge de sa patiente en cas de test positif.

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