Un vagin, un clitoris, une IRM…pas d’orgasme !

le mercredi 10 août 2011
par le Dr Damien Mascret
Une cartographie du cerveau montre que le cerveau des femmes distingue bien le clitoris, le vagin et le col de l’utérus. Et l’orgasme ?

Attention aux interprétations hâtives ! Il n'est pas question d'orgasmepoint culminant de l’acte sexuel correspondant chez l’homme à l’éjaculation. Adjectif : orgastique. Source dans l'étude qui risque bien d'enflammer les discussions de cet été. Tout ce que l'on peut dire avec certitude, c'est que ceux qui affirment que les femmes font un amalgame sensoriel de ce qui se passe dans leur intimité, se trompent. C'est du moins ce qu'affirment des chercheurs, cartographie cérébrale à l'appui, dans un article à paraître prochainement dans le Journal of Sexual Medicine.

Certains cerveaux confondent seins et vagin !

Grâce à l'IRMf (imagerie par résonnance magnétique nucléaire), Barry Komisaruk, et ses collègues de l'Université Rutgers (New Jerseytissu élastique tubulaire utilisé pour protéger la peau avant la pose d’un plâtre. Source) ont en effet pu montrer que des zones différentes du cerveau « s'allumaient » dans le cerveau de femmes à qui l'on demandait de stimuler respectivement leur clitoris, leur vagin, leur col de l'utérus ou leur mamelon.

En fait, la surprise ne vient pas vraiment du fait que les femmes savent distinguer, au niveau sensoriel, ce qui est touché au niveau de leurs organes génitaux. Après tout, il suffit d'interroger des femmes pour savoir que beaucoup en sont capables. Non, la surprise vient plutôt d'observer dans cette étude que parmi les 11 femmes âgées de 23 à 56 ans qui s'étaient prêtées (pour 100 dollars) à l'expérience, trois d'entre elles voyaient s'activer la zone de leurs organes génitaux (clitoris et col de l'utérus) lorsqu'elles stimulaient leur mamelon. Pour les auteurs, cela pourrait expliquer que pour certaines femmes la stimulation des seins soient particulièrement érotique.

Silence sur l'érotisme des sensations

En fait, là où le bas blesse c'est justement dans l'interprétation des données sensorielles. Curieusement les auteurs n'ont pas demandé aux femmes ce qu'elles ressentaient sur une échelle d'excitation érotique, lors des différentes stimulations. Dès lors, déduire de ces données qu'elles vont permettre de clore le débat « clitoridienne ou vaginale ? » est parfaitement abusif. D'ailleurs, la question n'est pas tant de savoir d'où viennent les sensations qui arrivent au cerveau, que de savoir ce qu'il en fait. La même caresse pouvant être perçue douce, érotique, orgasmique ou... franchement désagréable, selon qui la procure et à quel moment !

Notons enfin un résultat intéressant : il semble que la stimulation du vagin puisse s'accompagner d'une projection (cérébrale) vers la région (cérébrale) des mamelons chez certaines femmes. Autrement dit, une stimulation (caresse, pincement, succion...) des mamelons pourraient être perçue différemment selon qu'elle intervient avant, pendant ou après une stimulation vaginale.

Si l'on doit rester dubitatif sur les tentatives des auteurs de voir dans cette étude une remise en cause de la confusion vagin-clitoris (sans doute sous l'influence de l'un des auteurs, Stuart Brody, défenseur acharné de la pénétration vaginale. Brody affirme par exemple, dans une autre étude avec son compère Costa, que les femmes qui n'ont pas d'orgasmes par la pénétration vaginale ont des mécanismes de défense psychologique plus immatures que les autres !), il faut abonder dans leur appel à une nouvelle étude qui envisagera la différence entre de simple sensations de pression et des sensations érotique. On pourra aussi s'étonner : pourquoi n'avoir pas d'interroger leurs 11 volontaires à ce sujet ?

Pour en savoir plus sur l'orgasme féminin :

Un article remarquable de la sexologue Marie-Hélène Colson publiée en 2009 :

http://www.em-consulte.com/article/244139

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