Les pharmacies françaises arrivent sur internet

le dimanche 25 novembre 2012
par Dr Sacha Martin
Une première "cyberpharmacie" vient de s'ouvrir sur internet. Rassurant ou inquiétant ?

 

Vont-ils scier la branche qui les porte ou au contraire la renforcer? Le fait est que l'initiative d'un pharmacien de Caen (Calvados) de créer un rayon « cyberpharmacie », largement relayée par les médias, vient de jeter un pavé dans la mare. Il y a tout de même des garde-fous dans la démarche du site www.pharma-gdd.com Ainsi, n'est-il pas possible de se faire envoyer à domicile des médicaments qui nécessitent une ordonnance. Dans ce cas, il faut les retirer sur place, à la pharmacie. En revanche, il est possible de commander les médicaments d'automédication, qui ne nécessitent pas obligatoirement une ordonnance, tels que, par exemple de l'ibuprofène (Advil®, Nurofen®, Spedifen® etc.).

Autorisé depuis près de dix ans !

En réalité voilà près de dix ans que l'on attend, en France une réglementation claire. En décembre 2003, la Cours de Justice des Communautés Européennes avait rendu un arrêt (Doc Morris) pour rappeler qu'une interdiction nationale de vente de médicaments par correspondance constituer une entrave à la libre circulation des marchandises. Or cette libre circulation des personnes et des biens est l'un des piliers du droit européens. La France s'était toutefois saisie de l'argument de santé publique pour justifier cette entrave dans le cas des produits de prescriptionconseil thérapeutique donné par le médecin lorsqu’il les écrit, c’est une ordonnance. À l’hôpital, les prescriptions doivent obligatoirement être écrites, datées et signées. Source (sur ordonnance).

Se méfier des sites "sauvages"

Curieusement, les pharmaciens français ne s'étaient pas, jusqu'alors, engouffrés dans la possibilité de vente par correspondance des produits d'automédication, alors que la législation européenne semblait les y inviter. Elle précise en effet que cela doit être le fait d'un pharmacien et que le médicament en question doit être autorisé dans le pays de l'acheteur. Le paradoxe est qu'aujourd'hui les réticences des pharmaciens français ont laissé le champ libre à des sites échappant à tout contrôle. L'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, engagée dans la lutte contre la contrefaçon de médicaments (très fréquente sur internet), rappelle que « seul le circuit pharmaceutique offre les garanties nécessaires de sécurité et de fiabilité ».

Source : ANSM

 

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