Prise en charge de l’autisme : l’efficacité des méthodes comportementales et éducatives

le lundi 19 mars 2012
par Docteur Annie Dumonceau
Il n’y a pas de traitement curatif de l’autisme. Néanmoins, 40 années de recherche ont montré l’efficacité des méthodes comportementales et éducatives pour réduire les troubles du comportement et augmenter la communication, les apprentissages et l’autonomie.

L'approche psychanalytique de l'autismepathologie caractérisée par un repli sur soi dû à une incapacité de communication avec le monde extérieur. Adjectif et nom : autistique, autiste. Source a été marginalisée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux, au profit des méthodes éducatives et comportementales, qui font appel à des techniques de rééducationensemble des moyens mis en œuvre pour permettre à une personne invalide de recouvrer totalement ou en partie l’usage de ses facultés. Adjectif : rééduqué. Source spécifiques.
Ces méthodes doivent être mises en place par des professionnels compétents et nécessitent l'implication des parents et de l'entourage. A partir de l'évaluation précise et rigoureuse du développement global de l'enfant, mettant en avant ses déficiences, mais aussi ses aptitudes émergentes, ses goûts et ses centres d'intérêt, un projet personnalisé est élaboré. Le psychologue et les parents vont appliquer ce projet dans la vie quotidienne de l'enfant, à la maison, mais aussi à l'école s'il est en âge et en capacité d'être scolarisé.
Cet accompagnement éducatif individualisé, comportemental et psychologique, est centré sur l'apprentissage de capacités relationnelles, de la communication, de l'autonomiecapacité à agir et décider sans l’aide d’autrui. Adjectif et nom : autonome. Source, et d'une appropriation de l'environnement.

Des thérapies éducatives évaluées et reconnues
Parmi les méthodes d'apprentissage, la plus ancienne, la plus répandue et la plus évaluée est le programme TEACCH (Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicaped Children). D'autres méthodes répandues font ou ont fait l'objet d'évaluations, comme la méthode ABA (Applied Behaviour Analysis) ou la méthode PECS (Picture Exchange Communication System) souvent utilisée en complément de TEACCH ou ABA. Néanmoins, certains programmes d'apprentissage faisant appel à plus de 40 h de travail intensif par semaine, comme la méthode ABA, pourraient être excessives et mal supportées par certains enfants, en particulier chez les plus jeunes. Certains programmes spécifiques (scénarios sociaux, MAKATON) interviennent de manière ciblée sur une déficience précise : les scénarios sociaux visent à développer les compétences sociales et le MAKATON est centré sur le développement des moyens de communication.

La méthode d'apprentissage doit être adaptée à l'enfant
Il n'y pas de méthode qui convienne à tous les enfants autistes ; telle méthode peut marcher pour l'un, et pas pour l'autre. Le croisement de plusieurs de ces approches (par exemple ABA + TEACCH/PECS+ MAKATON) peut être parfois pertinent pour un enfant, car mieux adapté à son profil. Le seul critère à retenir est l'efficacité de cette méthode sur l'enfant ou l'adolescent et les progrès qu'il accomplit.
« Les interventions évaluées mettent en évidence une amélioration du quotient intellectuelrapport entre l’âge mental déterminé par des tests psychologiques et l’âge réel. Le quotient intellectuel évalue le développement de l’intelligence d’un individu (le quotient intellectuel moyen est de 100). Abréviation : QI. Source, des habiletés de communication, du langage, des comportements adaptatifs ou une diminution des comportements problématiques pour environ 50 % des enfants avec TED, avec ou sans retard mental », précise l'HAS (Haute Autorité de Santé) dans ses recommandations parues en mars 2012.
Aux méthodes éducatives qui vont l'aider à progresser et à optimiser son développement, s'associent des traitements médicamenteux, pour atténuer les comportements agressifs ou d'automutilation, ainsi que le soutien psychologique et social apporté aux familles.

Des structures adaptées en nombre insuffisant
A l'heure actuelle, les familles rencontrent des difficultés majeures à assurer cette éducation, car à l'âge de l'adolescence, les enfants sont souvent écartés de leur structure éducative habituelle et ne trouvent pas toujours de place dans des institutions adaptées et spécialisées. Celles-ci sont pourtant diversifiées : centre d'accueil de jour (CAJ), centre d'action médico-sociale (CAMSP), centre d'aide par le travail (CAT), centre d'action médico-psychopédagogique (CAMPP), unité pédagogique d'intégration (UPI), foyer d'accueil médicalisé (FAM), institut médico-éducatif (IME), médico-pédagogique (IMP), maison d'accueil spécialisée (MAS)...Il faut espérer que ces structures éducatives, fondatrices d'un lieu social futur pour ces adolescents ou jeunes adultes qui ne peuvent pas rester dans leur famille ni séjourner à l'hôpital, vont se développer ces prochaines années en France à l'instar de celles existant dans les pays anglo-saxons ou d'Europe du Nord.

Pour en savoir plus
www.abaautisme.org/

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