Les dangers de la pilule sous les projecteurs

le dimanche 16 décembre 2012
par Dr Sacha Martin
Une jeune femme handicapée suite à un accident vasculaire cérébral sous pilule porte plainte.

 

Le quotidien Le Monde a révélé hier qu'une jeune femme de 25 ans avait décidé de porter plainte au pénal contre le directeur du laboratoire Bayer. Mise sous une pilulepréparation pharmaceutique de petite taille, généralement de forme sphérique, destinée à être avalée en une seule fois. Source de troisième génération fabriquée par le laboratoire, elle avait été victime d'un accident vasculairequi se rapporte aux vaisseaux sanguins. Source cérébral en 2006 car elle était porteuse, sans le savoir, d'une anomalie génétiqueétude de la transmission des caractères héréditaires des parents à leurs enfants. Le spécialiste est un généticien. Source de la coagulationphénomène naturel très complexe qui fait intervenir de nombreux facteurs (fibrine, facteurs de coagulation, calcium…) permettant de transformer un fluide organique (sang, lait) en une masse solide (voir caillot). Adjectif : coagulable, coagulé. Source qui contre-indique, normalement, la contraceptionensemble des moyens (substances médicamenteuses, objets) permettant d’éviter une grossesse après un rapport sexuel. Adjectif : contraceptif. Source orale. Une femme sur vingt porte en France la même anomalie génétique.

Bilanensemble des examens (biologiques, radiologiques…) permettant de surveiller l’évolution de l’état de santé d’un patient. Adjectif : bilanté. Source de coagulation

En réalité, on sait depuis une dizaine d'année que le risque de thromboseformation d’un caillot (thrombus) dans un vaisseau sanguin. Adjectif : thrombotique. Source veineuse (et éventuellement d'accident vasculaire cérébral comme cela est arrivé à cette jeune-femme) est augmenté avec les pilules de troisième génération mais les médecins ne réalisent des examens approfondis de la coagulation que lorsqu'il y a eu des accidents thrombo-emboliques (notamment des phlébites ou des embolies pulmonaires) avant l'âge de 50 ans chez un ou plusieurs ascendants ou collatéraux.

Un risque même sans pilule

Le risque de base n'est jamais nul puisque l'on estime que, même sans pilule, une femme sur 10 000 fera un accident thombo-embolique. Néanmoins, certains progestatifs contenus dans les pilules (les patchs ou les anneaux vaginaux), comme le désogestrel multiplient ce risque par plus de cinq et d'autres, par exemple la drospirénone (pilules de 4e génération, non remboursées), le multiplient par huit.  Certaines situations, comme la grossesseétat qui caractérise une femme enceinte. Source ou le tabagismeintoxication due au tabac. Source augmentent aussi nettement le risque thrombo-embolique.

Pilules de deuxième génération

La recommandation actuelle de la Haute autorité de santé est d'utiliser en priorité les pilules de deuxième génération. Les pilules de troisième génération seront d'ailleurs déremboursées en septembre prochain. Avant de changer de contraception il est indispensable de discuter du rapport bénéfice/risque avec son médecin car les risques semblent surtout augmentés au début de la prise de pilule. Il est donc possible que, dans votre cas, une pilule de 3e ou de 4e génération vous convienne parfaitement.

 

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