L'âge de vos artères

le dimanche 25 novembre 2012
par Dr Sacha Martin
Du 16 au 19 janvier 2013 aura lieu à Paris la plus grande manifestation de la cardiologie francophone : Les Journées européennes de la Société Française de Cardiologie. Elles auront comme thème, cette année, les effets de l’âge sur le cœur et les vaisseaux.

 

Le saviez-vous ? Après 85 ans, la première cause de décès n'est plus le cancertumeur constituée par la prolifération anarchique de cellules anormales qui envahit les structures avoisinantes et qui produit des métastases. Adjectif : cancéreux. Source mais les maladies cardiovasculaires ! D'une certaine façon, c'est là la rançon du progrès qui, « grâce aux efforts conjugués de la préventionensemble des moyens mis en œuvre pour sauvegarder la santé et éviter les accidents (prévention primaire), pour éviter d’aggraver une maladie (prévention secondaire) ou pour permettre la réinsertion des malades (prévention tertiaire). Adjectif : préventif. Source et du traitement curatifqui contribue à vaincre la maladie et à amener à la guérison. Source », détaille la Société Française de Cardiologiebranche de la médecine qui étudie l’appareil cardiovasculaire et ses pathologies. Le spécialiste est un cardiologue. Source, décale de plus en plus tard la survenue des maladies cardiovasculaires. L'hypertensionaugmentation de la pression artérielle au-dessus des limites normales (150/100 mm Hg). Nom : hypertendu. Adjectifs : hypertendu, hypertensif. Source artérielle est ainsi mieux traitée, même si certains malades sont parfois dépistés tardivement, et les nombreux traitements antihypertenseurs disponibles permettent d'ajuster au mieux, pour chaque patient, le traitement qui est à la fois le plus efficace et le mieux toléré. Des combinaisons de plusieurs antihypertenseurs sont également parfois utilisées lorsque l'objectif tensionnel n'est pas atteint, ce qui est aujourd'hui plus facile à remarquer grâce à la popularisation des appareils d'automesure vendus en pharmaciescience qui se rapporte à la préparation des médicaments. Le spécialiste est le pharmacien (titulaire d’un diplôme de pharmacie). Adjectif : pharmaceutique. Source.

Réduire l'hypertension artérielle

L'hypertension artérielle demeure une maladie très fréquente puisque l'on estime qu'un adulte sur trois a une élévation de sa pression artériellepression exercée par le sang dans les artères. Elle est différente en fonction des divers temps de la révolution cardiaque (augmentée lors de la systole et diminuée lors de la diastole. L’écart entre ces deux pressions est appelé pression différentielle). La pression artérielle s’exprime en millimètre de mercure (mmHg) pour un adulte, la pression artérielle normale est comprise entre 150 et 90 mmHg. Source : « Après 65 ans, la proportion de malades (hypertendus) surpasse celle des biens portants (normotendus) », ajoute la SFC. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas parce que l'on est âgé qu'il faut accepter d'avoir une tension artérielle élevée. Au contraire, les artères étant plus fragiles le risque d'accident vasculaire cérébral (« l'infarctusnécrose d’un tissu résultant d’un apport sanguin insuffisant (infarctus du myocarde). Adjectif : infarci. Source du cerveau ») est encore plus important. Traiter son hypertension lorsque l'on est âgé est donc très bénéfique car cela réduit considérablement le risque d'accident vasculaire cérébral.

Baisser son cholestérol

Autre prévention qui bénéficie encore plus aux personnes âgées : la lutte contre l'excès de cholestérol. On dispose depuis plus de quinze ans d'excellents médicaments qui font diminuer un taux trop élevé de mauvais cholestérol (le LDL-Cholestérol), les statines. Le bénéfice porte plus sur le cœur que sur le cerveau. Grâce aux statines, on s'est aperçu qu'il était possible de diminuer d'un tiers le risque d'infarctusnécrose d’un tissu résultant d’un apport sanguin insuffisant (infarctus du myocarde). Adjectif : infarci. Source du myocarde lorsque l'on était à risque, par exemple si l'on a déjà eu des problèmes vasculaires. Mais « les données concernant le bénéfice cardiovasculaire chez les sujets âgés de plus de 75-80 ans sont limitées ». Il est donc utile, à ces âges, de rediscuter avec son médecin du rapport bénéfice/risque du traitement.

Arrêter de fumer

Pour les plus jeunes, le tabac est le principal pourvoyeur d'accidents cardiovasculaires ou de décès prématurés. Par exemple, les trois quarts de ceux et celles qui font des infarctus du myocarde avant 50 ans sont des fumeurs ! Après 60 ans, un fumeur augmente de 83% son risque de mourir par rapport à un non-fumeur. Après 80 ans, le sur-risque est encore de 66%. La SFC rappelle que : « chaque année, en France, le tabagismeintoxication due au tabac. Source est responsable de 73 000 morts, de plus de 1 décès sur 10, de 33% des cancers et de 40% des décès cardiovasculaires (chez les hommes de moins de 70 ans) ». A tout âge, arrêter de fumer réduit le risque de décès.

L'âge avancé n'est plus un obstacle aux traitements

Lors du congrès de janvier 2013 à Paris, les 10 000 professionnels de santé qui se réuniront sous l'égide de la SFC, devraient souligner l'intérêt des techniques de cardiologie interventionnelle qui ont rendues possibles des opérations au niveau du cœur (lors d'un infarctus sur les artères qui nourrissent le cœur ou pour remplacer certains valves cardiaques abîmées) sans même ouvrir le thorax comme s'était le cas auparavant. « Les techniques interventionnelles nécessitent l'introduction d'une petite sondetuyau souple ou semi-rigide introduit dans une cavité naturelle ou dans une plaie dans le but d’en évacuer le contenu (sonde nasogastrique, sonde urinaire, sonde rectale) ou d’y apporter quelque chose (sonde nasale). Source (ou cathéterpetit tube souple destiné à être introduit dans une veine ou dans une autre cavité. Abréviation : KT Source) dans une veine ou une artère, généralement au pli de l'aine ». Elles sont possibles même chez des gens très âgés.

Garder le forme

Chacun doit aussi se souvenir que le cœur est un muscle et que le meilleur moyen de le conserver en forme est de l'entraîner. C'est pourquoi les cardiologues de la SFC recommandent une activité physique quotidienne idéalement ou au moins trois séances de 30 mn par semaine (vélo, natation, marche à pied...) : « La pratique régulière d'un entrainement physique limite la diminution des capacités physiques et permet ainsi de reculer les risques de dépendance de 10 à 12 ans. L'exercice physique est bénéfique à tout âge et toute augmentation de la capacité physique entraîne une augmentation de sa survie ».

Source : Société Française de Cardiologie

 

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