Ma relation avec mon médecin
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Est-il facile de s’ouvrir à son médecin ?
Cela dépend du médecin que l’on a en face de soi ! J’ai connu deux spécialistes dans le cadre de mon suivi médical. Il ne m’a pas été facile de m’ouvrir au 1er, car il restait relativement distant et ne s’intéressait qu’à mes paramètres biologiques. Je n’ai alors pas osé aborder avec lui les sujets personnels ou intimes. Le 2nd médecin en revanche,qui me suit à l’heure actuelle, est très humain, ouvert, et je n’ai aucune difficulté à me confier à lui. Nous pouvons parler de tout, même de choses intimes.
Comment décririez-vous votre relation avec chacun des membres de votre équipe soignante (médecin, infirmière, psy…)?
Les personnes que je côtoie dans le cadre de mon suivi sont le médecin spécialiste du VIH ainsi que les infirmières qui réalisent les prélèvements. Le contact avec les infirmières est très agréable, mais nous ne parlons pas de mon dossier médical auquel elles n’ont pas accès. Mon médecin est très compétent, c’est un grand spécialiste du VIH et cela me met en confiance. Je suis rassuré, je me sais entre de bonnes mains.
Comment abordez-vous avec votre médecin les questions relatives à votre maladie, y a-t-il des questions que vous n’osez pas lui poser ?
Non, il n’y a pas de questions que je n’ose pas poser à mon médecin. Il est très accessible et me consacre tout le temps dont j’ai besoin. Il me demande même si j’ai des interrogations par rapport à des faits d’actualités sur le VIH que j’aurais pu entendre dans les médias. Mon médecin recadre alors ces informations de manière à ce que je maîtrise pleinement l’information. Il s’enquiert de ma vie personnelle et sentimentale, il est très humain et prend en charge ses patients dans leur globalité. Ici, il n’est pas juste question du nombre de CD4, même si cela reste la donnée la plus importante. Enfin, il n’a qu’une quarantaineisolement d’une durée de quarante jours, imposé autrefois par les autorités sanitaires aux personnes, aux animaux, aux moyens de transport et aux marchandises provenant d’une région épidémique. Actuellement, la période d’isolement n’excède habituellement pas les deux semaines. Source d’années,je pense que l’absence de barrière d’âge me met aussi plus à l’aise pour aborder les choses intimes.
Abordez-vous plus facilement ces sujets avec d’autres membres de l’équipe soignante et pourquoi ?
Mon médecin est mon unique interlocuteur, je n’ai pas de suivi psychologique car je n’en n’ai pas exprimé le besoin. Ceci dit, des psychologues spécialisés sont disponibles dans ce service médical pour les patients qui le souhaitent.
Vous est-il plus facile de vous ouvrir à un médecin du même sexe ?
Que mon médecin soit un homme ou une femme, cela ne fait aucune différence pour moien psychanalyse, personnalité psychique d’un individu dont il est conscient et qu’il affirme. Dans le langage freudien, il s’oppose au « ça ». Voir ça et surmoi. Source. Si vous avez des inquiétudes (effets secondaires par exemple ou mauvais résultats d’analyse), pouvez- vous joindre un médecin par téléphone pour lui poser des questions ? Oui, mon médecin m’a donné son numéro de portable afin que je puisse le joindre à tout moment en cas de besoin. Il a toujours été disponible au téléphone pour répondre à mes inquiétudes, notamment suite à certains effetsindésirables du traitement. Je l’ai appelé, il m’a rassuré puis nous avons ajusté mon traitement et maintenant plus de soucis !
Qu’est ce qui pourrait être amélioré et comment ?
J’ai la chance d’être suivi dans un très bon service hospitalier. L’ensemble du personnel est chaleureux, efficace, et les locaux sont accueillants. Il n’y a pas de file d’attente interminable et mon médecin est disponible pour ses patients. Il y a même l’association AIDES qui tient des stands dans l’hôpital pour offrir des cafés, des brochures d’informations et dialoguer avec les patients. Même si cela n’est pas mon cas, je sais que dans d’autres hôpitaux, les patients sont parfois moins bien lotis.
L’attente y est interminable, les locaux sont lugubres et les médecins surchargés. Dans certains cas, les médicaments ne sont pas toujours rapidement disponibles en pharmaciescience qui se rapporte à la préparation des médicaments. Le spécialiste est le pharmacien (titulaire d’un diplôme de pharmacie). Adjectif : pharmaceutique. Source, ce qui met en péril l’efficacité du traitement !Pour améliorer cette situation, peut-être faudrait-il équilibrer le paysage hospitalier.
Connaissez-vous les « consultations d’observance » et en avez-vous bénéficié ?
Non, je n’en n’ai jamais entendu parler.Votre maladie a-t-elle un retentissement sur votre sommeil et appliquez-vous certaines mesures pour garantir un bon sommeil ? Je n’ai pas de problèmes de sommeil, je dors très bien. La seule chose, ce sont des petits problèmes digestifs de temps à autres, je prends alors des probiotiques et les troubles sont résolus.
Votre maladie a-t-elle un retentissement important sur votre vie de tous les jours ?
Ce n’est pas un « retentissement », c’est un bouleversement total de toute ma vie ! La maladie a tout chamboulé, mais je tente néanmoins d’intégrer au mieux cette donnée dans ma vie afin de « faire avec ». Il faut apprendre à composer avec sa maladie car il n’y a pas le choix. C’est un travail psychologique qu’il faut faire sur soi, à l’instar des techniques de développement personnel.
Qu’est-ce que votre séropositivité a changé pour vous ? (votre vision de vousmême, vos relations aux autres)
Ma famille, mes amis, l’équipe médicale ont été présents pour m’aider et me soutenir. Aujourd’hui, je n’ai pas l’impression d’être séropositif, ni d’en souffrir. J’ai un bon traitement, ajusté à mon cas spécifique, et je ne souffre pas d’effets indésirables ni de gênes dans ma vie quotidienne. Par contre, ma maladie retentit sur ma vie affective. Je redoute toujours le moment de l’annonce de ma maladie à mon partenaire. Cette annonce me coûte beaucoup et j’appréhende sa réaction. C’est « le grand trou noir », va-t-on être accepté tel que l’on est ? Il faut alors se remettre en question à chaque fois …
Quels conseils donneriezvous à quelqu’un qui vient de découvrir sa séropositivité ?
Pour une personne, la découverte de la séropositivité fait l’effet d’une bombe et les conseils prodigués à ce moment là ne seront pas entendus. Ce n’est pas le bon moment. Je délivrerai plutôt un message rassurant à la personne concernée en lui disant que nous avons la chance de vivre dans un pays industrialisé où les traitements sont disponibles et la maladie totalement prise en charge. L’essentiel à ce moment est de pouvoir être réconforté par ses proches et recadré de manière optimiste par son équipe médicale.
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