Pourquoi Xavier Bertrand condamne Multaq
Il n'y aura pas de grâce ministérielle pour le médicament anti-arythmique vedette de Sanofi Aventis. Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a indiqué ce matin sur France Inter qu'il ne s'opposerait pas au déremboursement du médicament. Une façon de condamner le médicament qui a déjà été pris par 16 000 patients en France depuis son lancement le 25 octobre 2010. Xavier Bertrand va donc suivre l'avis rendu public ce week-end par la Haute autorité de santé (HAS) comme il l'avait annoncé le 23 juin, lors de la conférence de presse dévoilant les nouvelles règlesvoir menstruation. Adjectif : réglée. Source du jeu de la sécurité du médicament en France. Une conférence de presse qui avait justement lieu au lendemain de la réunion de la commission de transparence de la HAS chargée de réévaluer le service médical rendu par le Multaq.
Les inquiétantes conclusions de la Haute autorité de santé
On connait désormais les détails de la réunion du 22 juin qui aboutit à proposer au ministre le déremboursement du médicament. Aux cas d'insuffisances hépatiques graves déjà décrits et qui avaient conduit à une mise en garde de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) le 21 janvier 2011dernier ( http://www.magpatients.org/question/les-risques-de-la-dron%C3%A9darone.html ) s'ajoutent des atteintes pulmonaires (21 cas de pneumopathies interstitielles) et des décompensations cardiaques (19 cas, donc 13 graves. Les experts n'excluent pas que des aggravations d'insuffisance cardiaque aient également pu se produire) ainsi que des interactions médicamenteuses avec des AVK (anticoagulants). Plus inquiétant, l'analyse des prescriptions montre que l'une des contre-indications du médicament (les insuffisances cardiaques graves) n'a pas toujours été respectée.
La France n'a pas le droit d'interdire le médicament !
Bientôt déremboursé et désormais marqué au fer rouge de la HAS, le Multaq semble bien condamné en France mais il faudra attendre la décision de l'Agence européenne du médicament pour savoir si son autorisation (européenne) de mise sur le marché (AMM) lui sera également retirée. Curieux paradoxe du système européen du médicament, la France peut dérembourser (par le ministre) mais ne peut pas interdire (par l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) un médicament bénéficiant d'une autorisation européenne !
Pour en savoir plus :
Voir l'avis de la Commission de transparence de la HAS du 22 juin 2011 :
http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1069676/multaq?xtmc=multaq&xtcr=2
Article de référence : "Remboursement et prix des médicaments, les règles du jeu" (Actualités pharmaceutiques, Novembre 2010) :
http://www.em-consulte.com/article/271017/resultatrecherche/32
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