Les généticiens redécouvrent l'ADN

le dimanche 09 septembre 2012
par Dr Sacha Martin
Les séquences que l’on croyait inactives jouent un rôle de régulateur.

 

On avait l'habitude de dire que 2% seulement de notre ADNabréviation d’acide désoxyribonucléique. Source, cet enchainement codé qui est au cœur de chacune de nos cellules, était utile. C'est une habitude qu'il va falloir perdre. Encode, un consortium international de 442 chercheurs (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Suisse, Espagne, Shangaï, Japon) lancé en 2003 vient de publier une trentaine d'études simultanément dans différentes revues scientifiques qui démontre l'intérêt des 98% restant.

De l'ADN pas si "poubelle" que ça

Il n'est pas étonnant que l'on se soit d'abord concentré sur 2%  de l'ADN, car il s'agit d'ADN codant pour la fabrication de protéines, donc de manifestation plus évidente. Dans certains cas, une mutation d'ADN entraînant la fabrication d'une protéine anormale peut causer une maladie. Par contraste, le généticien Richard Dawkins avait donné le nom d'ADN poubelle, aux 98% restant, dans les années 1970.

80% du génomeensemble des caractères héréditaires portés par les gènes. Source utile

Quel est alors le rôle de cet ADN non-codant ? un super-régulateur. Il intervient comme un feu vert ou un feu rouge pour autoriser ou non l'activité des gènes codants. Encode vient de démontrer qu'au moins 80% du génome intervient ainsi dans la régulation des gènes codants. Ce n'est qu'une nouvelle étape dans la compréhension de la régulation du génome et, surtout, de son dérèglement en cas de maladie génétiqueétude de la transmission des caractères héréditaires des parents à leurs enfants. Le spécialiste est un généticien. Source, mais le champ ouvert est vertigineux.

Sources : Nature Science, Genome Biology, Genome research.

 

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