L’urticaire, une maladie auto-immune ?

le mercredi 23 juin 2010
par Astrid Charlery
L’urticaire se caractérise par l’éruption de papules rosées ou rouges à bordures nettes, accompagnée d’un prurit constant. Cette urticaire est le plus souvent fugace et due à un œdème dermique.

Parfois, les lésions d’urticaire sont plus pales, rosées, et donnent une sensation de tensionrésistance opposée par les parois des cavités organiques (tension artérielle). Adjectif : tensionnel. Source, longue à se résorber. L’urticaire et l’angio-œdème sont secondaires à la libération de médiateurs, en particulier l’histamine, libérée par les mastocytes (cellules présentes dans les tissus et la peau en particulier), les polynucléaires basophiles (cellules présentes dans le sang) ainsi que d’autres cellules intervenant dans la réaction inflammatoire. L’activation de ces cellules est le plus souvent non immunologique, comme c’est le cas dans  les urticaires physiques dues aux frottements, au froid, au soleil, à la pression…

Les urticaires immunologiques sont quant à elles secondaires à l’introduction dans l’organisme de substances étrangères, les antigènes, qui induisent la synthèse d’anticorps de type IgE. En se fixant sur les mastocytes et les polynucléaires basophiles par l’intermédiaire de récepteurs spécifiques, ils les activent. C’est ce qui peut arriver avec certains médicaments, aliments ou encore avec le latexcaoutchouc naturel utilisé dans la fabrication de certains matériels tels que les gants à usage unique, les étuis péniens, les sondes… Source.

En allant plus loin, on a découvert que certaines urticaires chroniques (dont la durée excède 6 semaines) peuvent être secondaires à des mécanismes d’auto-immunitéétat de résistance d’un organisme à l’égard d’un facteur pathogène. Source, une réaction de l’organisme contre lui même. « On parle alors de maladie auto-immune », affirme le Pr Marie-Sylvie Doutre*, chef de service de dermatologiepartie de la médecine qui traite les maladies de la peau. Le spécialiste est le dermatologue. Adjectif : dermatologique. Source l’Hôpital Haut Lévêque, à Bordeaux. En effet, il existe chez 10 à 40% des patients présentant  une urticaire chronique des auto-anticorps de type IgG vis-à-vis des récepteurs des IgE.

Par ailleurs, de très nombreuses études ont montré qu’il existait une association entre urticaire chronique et auto-immunitéétat de résistance d’un organisme à l’égard d’un facteur pathogène. Source thyroïdienne, en particulier chez les femmes. Il est donc recommandé de rechercher des auto-anticorps anti-thyroidiens au moyen de tests sanguins, ainsi que des anomalies fonctionnelles de la thyroïde chez les patients présentant une urticaire chronique. C’est ce que proposent la conférence de consensus française de 2003* et les recommandations européennes de 2008. Malheureusement, le traitement des anomalies de la thyroïde ne permet pas souvent de faire disparaître l’urticaire.    

* 5ème Congrès Francophone d’Allergologie (avril 2010)
** Site de la Haute Autorité de Santé: http://www.has-sante.fr

 

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