Gérard Raymond, président de l’Association française des diabétiques – Comment vivre avec un diabète ?

le vendredi 11 février 2011
par Annie Dumonceau
Le diabète, qui se traduit notamment par un excès de sucre dans le sang, concerne plus de 3 millions de personnes en France. Cette maladie chronique, dont le traitement et la surveillance sont souvent contraignants, n'empêche pas de vivre normalement...comme en témoigne M. Gérard Raymond.

Vous êtes président de l'Association française des diabétiques (AFD) depuis 4 ans et vous-même diabétique depuis 26 ans. Qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer après l’annonce de la maladie ?

J’avais 34 ans quand on m’a annoncé que j’avais un diabète : le ciel m’est tombé sur la tête, avec comme conséquences un cortège de difficultés professionnelles, individuelles, sociales, etc. Ca vous changeprotection anatomique absorbante destinée aux enfants et aux personnes incontinentes. Source un homme. Les premières années sont sûrement les plus difficiles : il faut du temps pour se reconstruire et repartir !

Qu’est-ce qui vous a permis de rebondir ?

Le sport et le milieu associatif. J’avais commencé très jeune à jouer au rugby avant de devenir éducateur : l’idée d’équipe et de groupe m’étaient donc familières. A l’annonce du diabète, j’ai abandonné le rugby au profit du vélo et de la course à pied. Et à partir de 85, j’ai commencé à travailler avec une équipe de professionnels de santé à l’hôpital de Rangueil, qui menait une réflexion sur la pratique de l’activité sportive - même intensive - chez tous les diabétiques, y compris insulinodépendants.

Pour quelles raisons avez-vous souhaité travailler pour l'AFD ?

Je me suis rapproché de l’AFD d’une part pour convaincre l’ensemble de la communauté diabétique de l’importance de l’activité physique et d’autre part pour rencontrer d’autres diabétiques : dans cette maladie-là, le partage entre pairs est très important et l’expertise de chacun peut permettre à l’autre de s’enrichir et de mieux comprendre sa maladie.

Quelles sont les étapes à franchir pour apprivoiser sa maladie et devenir acteur de sa propre santé ?

Il ne faut pas vivre “pour” cette maladie, pas “contre” non plus ; il faut arriver à vivre avec : savoir la gérer, comprendre ce qui va se passer lorsque vous mangez, faîtes du sport, êtes malade ou fatigué…et savoir adapter son traitement. Il faut jongler avec les trois piliers que sont le traitement, l’activité physique et la diététiquerègles alimentaires qui contribuent à maintenir la santé. Voir sitiologie. Source, afin de rester à peu près à l’équilibre.

Peut-on à votre avis mener une vie "normale" en étant diabétique ?

C’est possible et c’est indispensable. Chacun d’entre nous doit retrouver un équilibre en fonction de son projet de vie, avec des contacts professionnels, sociaux, ses passe-temps favoris. Il faut continuer à vivre ses passions et ses envies, et les partager avec d’autres…Il est également capital d’avoir une famille qui vous soutient, vous permet de vous accepter et vous encourage à développer des projets.

Comment voyager avec un diabète ?

Il faut anticiper les changements de rythmesuccession périodique de cycles (rythmes cardiaque ou respiratoire). Adjectifs : rythmé, rythmique. Source. Par mon métier, je passe beaucoup de temps dans les avions : il y a 15 jours, j’étais en Guadeloupe, il y a un mois en Martinique : je suis prêt à lever le pied quand on me le demande ; mais s’il y a un changement d’emploi du temps ou un décalage horaire, je n’hésite pas à contrôler ma glycémieteneur du sang en glucose. Voir hypo- et hyperglycémie. Adjectif : glycémique. Source une fois de plus et j’ai toujours un petit en-cas dans mon cartable.

N’est-ce pas contraignant de contrôler son taux de sucre 6 ou 7 fois par jour ?

C’est une question d’habitude. Cela finit par faire partie de votre hygiène de vie, comme on se brosse les dents deux ou trois fois par jour. De plus, on dispose maintenant de lecteurs de glycémie qui donnent le résultat en quelques secondes, sans forcément se laver les mains, ni mettre de l’alcool !

Vous avez opté pour la pompe à insuline. Quels sont les avantages et les inconvénients ?

J’ai été un des premiers en 89 à être équipé d’une pompe implantée. On est 350 par le monde pour 25 000 patients avec une pompe externe. Cela permet d’éviter ou de limiter les hypoglycémies. Mais le maniement peut paraître complexe à certains, qui vont préférer avoir 3 ou 4 injections d’insuline par jour.  Peu importe le schéma, il faut trouver le dispositif médical adapté à votre mode de vie : c’est du sur mesure.

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