La prise en charge est pluridisciplinaire

le mercredi 09 février 2011
par Annie Dumonceau
Le traitement de l’anorexie mentale a beaucoup évolué ces dernières années. Il repose avant tout sur un soutien psychologique en ambulatoire qui favorise la renutrition et la correction du trouble du comportement.

Dès que le diagnostic d’anorexie mentale est porté, la prise en charge (3) doit s’organiser en ambulatoiretraitement ou intervention chirurgicale qui nécessite une hospitalisation de courte durée, permettant au patient de regagner son domicile le jour même. Source au minimum autour de deux soignants : un spécialiste de la souffrance psychiquequi se rapporte aux fonctions mentales (trouble psychique). Source (psychiatre, pédopsychiatre ou psychologue) et un somaticien (généraliste ou pédiatre) pour garantir à la fois un fort soutien psychologique et l’accompagnement de la renutrition.

L’objectif du soutien psychologique – idéalement hebdomadaire - est non seulement de modifier les attitudes pathologiques liées au trouble alimentaire, mais aussi d’améliorer les relations sociales, en permettant à l’adolescente de se sentir en confiance et en sécurité pour avancer dans sa vie.

Le choix de la psychothérapieensemble des techniques visant à traiter les maladies mentales. Le spécialiste est le psychothérapeute. Source

Il existe différents types de psychothérapie (individuelle, familiale ou de groupe) : thérapies de soutien avec des groupes de parole, thérapies cognitivo-comportementales ; les approches corporelles, l’art-thérapie et la musicothérapie peuvent être proposées en association.

La mise en place d’une thérapie familiale est souvent conseillée, pour que la famille puisse tenir une fonction soutenante, d’autant plus que le patient est jeune, et qu’il existe des dysfonctionnements familiaux. Elle peut prendre la forme d’entretiens réguliers, ou la participation à des groupes de parents ou de familles. Il s’adresse aussi à la fratrieensemble des frères et sœurs d’une famille. Source, souvent en grande souffrance.

Avant tout stopper la perte de poids

L’arrêt de la perte de poids est le premier objectif avant d’envisager un gain de poids. Dans la phase de reprise, un gain de 1 kgsymbole de kilogramme. Source par mois en ambulatoire semble un objectif mesuré et acceptable, ce dernier étant déterminé après discussion avec le patient, en fonction de l’âge, du poids antérieur et du poids permettant de restaurer les règlesvoir menstruation. Adjectif : réglée. Source chez l’adolescente.

Les objectifs nutritionnels à terme sont de retrouver chez l’adolescente une vitesse de croissance adéquate, une alimentation spontanée, régulière et diversifiée avec un retour à des comportements, des choix alimentaires, des apports énergétiques plus adaptés, et la capacité à s’alimenter en société ; obtenir la réapparition des sensations de faim et de satiété ainsi qu’une réponse adaptée aux sensations éprouvées, tout en évitant les complications potentielles de la renutrition, en cas de dénutritioncarence nutritionnelle entraînant une dégénérescence d’un organe ou de l’organisme en général. Adjectif : dénutri. Voir malnutrition. Source sévère.

La psychothérapie choisie doit durer au moins un an après une amélioration clinique significative. En raison du risque de chronicité de l‘anorexie mentale, cette prise en charge s’étend souvent sur plusieurs années.

Il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique de l’anorexie mentale. Cependant, certains antidépresseurs peuvent être utilisés pour traiter des syndromes concomitants spécifiques (troubles dépressifs, anxieux, TOC(trouble obsessionnel compulsif) ; trouble anxieux caractérisé par la survenue d’obsessions et de rituels visant à rassurer le sujet. Source), s’ils ne sont pas améliorés par la reprise pondérale.

POUR EN SAVOIR PLUS

(1) HAS – Juin 2010 - Recommandations de bonnes pratiques – Anorexie : prise en charge
(2) “Anorexie mentale à l’adolescence”, J Xavier (Service de psychiatriepartie de la médecine qui étudie et traite les troubles mentaux. Le spécialiste est le psychiatre. Adjectif : psychiatrique. Source de l’enfant et de l’adolescent, CHUabréviation de centre hospitalier universitaire (voir GHU). Source Pitié Salpetrière) – Traité de médecine AKOS
(3) le site de l’Association française pour le développement des approches spécialisées des troubles du comportement alimentaire : www.anorexieboulimie-afdas.fr/prevention-faq.cfm

 

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