La stimulation magnétique intracrânienne efficace dans la dépression sévère

le mercredi 09 février 2011
par Annie Dumonceau
Dans certaines dépressions sévères, les traitements médicaux sont un échec. La stimulation magnétique intracrânienne peut être une alternative intéressante.

La dépressionétat mental se caractérisant par une baisse du tonus psychique et associant fatigue, anxiété, pleurs et insomnie avec risque de passage à l’acte (tentative de suicide). Adjectif : dépressif. Source est traditionnellement traitée par des médicaments, par une psychothérapieensemble des techniques visant à traiter les maladies mentales. Le spécialiste est le psychothérapeute. Source, ou en dernier recours par la sismothérapieméthode utilisée en psychiatrie et en cardiologie dans un but thérapeutique et qui consiste à faire passer un courant dans l’organisme pour rétablir une polarité normale au niveau du cœur ou du cerveau. Synonyme d’électrochoc. Source (encore appelée électrochocs), autrefois préconisée dans certaines dépressions persistantes, et qui consistait à envoyer des impulsions électriques dans le corps et l’ensemble du cerveau.

Contrairement aux électrochocs, la stimulation magnétique transcrânienne répétée (SMTr) est une méthode plus douce, qui cible une région précise du cerveau et module l’activité des neurones. Elle consiste à envoyer des ondes magnétiques sur des zones superficielles du cortex cérébralsubstance grise qui entoure les hémisphères cérébraux. Source, qui vont agir ensuite sur des structures cérébrales plus profondes, comme le système limbique, responsable notamment de l’humeur dépressive.

Comment se déroule une séance

Le patient s’installe sur un fauteuil équipé d’une bobine électromagnétique en forme de « 8 ». Portée par un fin bras mécanique, la bobine est simplement posée contre la tête du patient. La séance dure entre 15 et 30 minutes, pendant lesquelles plus de 3 000 impulsions sont envoyées au cerveau.

Le traitement est sans douleursensation pénible et anormale due à la stimulation nerveuse dans un organe ou une région innervée. Adjectif : douloureux. Source et ne nécessite aucune anesthésiesuppression de la sensibilité, avec ou sans perte de la conscience, à l’aide d’un anesthésique (gaz ou produit anesthésiant). Adjectifs : anesthésié, anesthésique. Voir péridural, rachianesthésie. Source. Un certain nombre de séances sont parfois nécessaires, en fonction de la sévérité du trouble et de la réponse du patient. La SMT est dépourvue d’effets secondaires notables et peut être associée aux autres traitements, notamment médicamenteux.

Une vingtaine de centres spécialisés dans le traitement de la dépression utilisent cette technique en France, essentiellement dans le cadre de la recherche scientifique (www.afpb.asso.fr). En libéral, les psychiatres qui la préconisent sont peu nombreux, notamment en raison du coût d’investissement par machine, mais les séances peuvent être réalisées au cabinet en toute sécurité.

Une efficacité inconstante

Cette nouvelle technique de stimulation magnétique intracrânienne à fréquence élevée a montré une efficacité dans le traitement de certaines dépressions : le taux de réponse serait de 30 à 50 % après 15 jours de traitement, les effets sont maintenant entre 3 et 6 mois, mais le taux de rémissionstade d’une pathologie où les symptômes s’atténuent temporairement. Voir récidive et rechute. Adjectif : rémittent. Source reste modeste (environ 15 %).

C’est pourquoi de nouvelles études - notamment chez l’animal - sont indispensables, afin de préciser les zones cérébrales à cibler et bien comprendre les effets des traitements sur le fonctionnement des différents circuits cérébraux impliqués dans le mécanisme de la dépression.

Reconnue depuis 2008 par la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis, la SMT est une technique largement utilisée outre-atlantique dans le traitement de la dépression : « Avec des effets quasi-instantanés chez certains individus dépressifs résistants aux antidépresseurs ; les résultats peuvent parfois se faire sentir uniquement après quelques jours, mais il existe également des non-répondeurs, comme pour tous les traitements de la dépression », soulignent les spécialistes américains.

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