La gym du périnée améliore-t-elle la sexualité à la ménopause ?

le samedi 11 février 2012
par Dr Sacha Martin
Une étude de la Faculté de médecine de Sao Paulo montre que pour des femmes ménopausées les exercices du plancher pelvien (périnée) entrainent une amélioration de la force des muscles périnéaux mais sans conséquence notable sur la satisfaction sexuelle.

 

On recommande parfois aux femmes ménopausées d'entretenir leur périnéerégion anatomique comprise entre les organes sexuels externes et l’anus. Adjectif : périnéal. Source par des exercices de contraction des muscles pour améliorer leur vie sexuelle. Des travaux ont également montré l'intérêt pour la vie intime des exercices chez les femmes souffrant d'incontinenceimpossibilité de contrôler l’émission de selles et/ou d’urine. Adjectif : incontinent. Source urinairequi se rapporte à l’urine (formation et excrétion). Source. Mais les résultats sont discordants pour les femmes ménopausées. Des gynécologues et kinésithérapeutes brésilien de l'université de Sao Paulo ont voulut en avoir le cœur net. Ils ont donc recruté 32 femmes récemment ménopausées (depuis moins de 5 ans), ayant apparemment un périnée en bon état (capables de le contracter), pas de problème d'incontinenceimpossibilité de contrôler l’émission de selles et/ou d’urine. Adjectif : incontinent. Source ou de prolapsusdescente anormale d’un organe ou d’une partie d’organe. Adjectif : prolabé. Source et un partenaire capable d'avoir des rapports sexuels. Ils ont aussi vérifié, par des dosages hormonaux, que les femmes étaient bien ménopausées.

Une femme sur trois déçue de sa vie sexuelle

Avant de rentrer dans un programme d'exercices périnéaux (3 séances d'une heure par semaine à faire à la maison pendant 3 mois), toutes les femmes durent passer le test SQ (Quotient sexuel) qui indique une sexualité décevante lorsque le score est inférieur à 62%. Au total, un tiers des femmes (12 sur 32) avaient effectivement au départ une sexualité décevante (SQ<62%).

Après 3 mois d'exercices, 10 femmes avaient toujours un quotient sexuel inférieur à 62%. Il est vrai que l'on ne comptait plus que 2 femmes ayant un score inférieur à 41%, alors qu'il y en avait 6 auparavant mais globalement il est difficile de parler d'amélioration de la vie sexuelle au vue de ces chiffres. Les femmes engagées dans l'étude avaient pourtant bien suivi leur programme d'exercices physiques intimes puisque leur force périnéale s'est effectivement accrue pendant l'étude.

La sexualité ne se réduit pas au périnée !

En pratique, cette étude confirme bien la naïveté des chercheurs à vouloir résumer la qualité de la fonction sexuelle à une histoire de musculation intime. Penser qu'un peu de « gonflette périnéale » ne peut qu'améliorer la vie sexuelle d'une femme me semble traduire une vision réductrice et masculine (bien qu'en l'occurrence les six chercheurs étaient des femmes !) de la sexualité. On s'étonnerait presque que le protocole d'étude n'ait pas songé à demander à leurs partenaires s'ils ont trouvé la pénétration vaginale plus agréable après 3 mois de musculation périnéale !

Source : Journal of Sexual Medicine 2012

 

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