Interview: Christian Bouat, Médecin général inspecteur, Direction centrale / Sous-direction hôpitaux

le jeudi 23 juin 2011
par Annie Dumonceau
Dans les coulisses des hôpitaux militaires. Outre leur mission première qui est le soutien santé des forces militaires, les 9 hôpitaux militaires répartis sur l’ensemble du territoire français sont susceptibles d’accueillir tous les citoyens en consultation ou en hospitalisation, et complètent ainsi l’offre de soin du secteur public.

Combien y-a-t-il d'hôpitaux militaires en France ?

Le Service de santé des Armées possède 9 HIA (Hôpitaux d’Instruction des Armées), impliqués dans 6 régions : 3 en Ile de France (le Val de Grâce à Paris, l’hôpital Percy à Clamart, l’hôpital Bégin à Saint Mandé), 2 en PACA (HIA Ste Anne à Toulon, HIA Laveran à Marseille), 1 en Rhône Alpes (HIA Desgenettes à Lyon), 1 en Aquitaine (HIA Robert Piqué à Bordeaux), 1 en Bretagne (HIA Clermont-Tonnerre à Brest) et 1 en Lorraine (HIA Legouest à Metz).

Quelles sont leurs spécificités ?

Il s’agit d’hôpitaux réservés aux adultes, qui proposent un large éventail de disciplines médicales et chirurgicales, incluant la psychiatriepartie de la médecine qui étudie et traite les troubles mentaux. Le spécialiste est le psychiatre. Adjectif : psychiatrique. Source, la médecine physique et la rééducationensemble des moyens mis en œuvre pour permettre à une personne invalide de recouvrer totalement ou en partie l’usage de ses facultés. Adjectif : rééduqué. Source. Les HIA sont répertoriés par les Agences Régionales de Santé (http://www.ars.sante.fr) et les préfectures pour les plans sanitaires régionaux (Biotox, Piratox…).

Ils possèdent des laboratoires de sécurité biologique de niveau 3, qui ont d’ailleurs servi lors de la dernière pandémieépidémie qui s’étend à presque tous les habitants d’une contrée ou qui concerne un territoire géographique très étendu. Adjectif : pandémique. Voir épidémie. Source grippale et, pour certains, des centres de traitement des blessés radio-contaminés. Par ailleurs, certains hôpitaux offrent des services référents dans certains spécialités : par exemple le centre des brûlés à Percy, le service de médecine hyperbare à Toulon…

Tout citoyen peut-il se faire soigner dans les hôpitaux militaires ?

Tout à fait, même si la mission première de nos HIA est le soutien santé des forces militaires de l’armée de terre, air, marine et gendarmerie et, au sens large, la prise en charge de la communauté défense (familles, civils de la défense, retraités, anciens combattants) pour des actions de préventionensemble des moyens mis en œuvre pour sauvegarder la santé et éviter les accidents (prévention primaire), pour éviter d’aggraver une maladie (prévention secondaire) ou pour permettre la réinsertion des malades (prévention tertiaire). Adjectif : préventif. Source, de soin ou d’expertises.

En pratique, les HIA sont ouverts à la population civile et tout citoyen assuré social peut y consulter ou y être hospitalisé. Nous répondons aux mêmes critères de qualité et de sécurité des soins et sommes soumis à la certification des établissements de santé par la Haute Autorité de Santé.

Les hôpitaux militaires ont-ils des urgences 24h/24 ?

Tous les HIA possèdent un service d’accueil des urgences ouvert 24h/24, sauf le Val de Grâce. Ils accueillent des patients adultes et les adolescents au-dessus de 15 ans et sont parfaitement intégrés aux réseaux de soin d’urgences de leur ville.

Quels sont les frais de consultations et les formalités administratives ?

Les tarifs pratiqués en externe ou en hospitalisationséjour d’un malade dans une structure hospitalière. Source sont ceux de la Sécurité sociale, sans dépassement d’honoraires. Les formalités sont les mêmes que pour les établissements publics : il faut justifier d’une couverture soclale (carte vitale) ou d’une aide médicale de l’état, et d’une éventuelle mutuelle.

Lorsqu'un chef d'état étranger est hospitalisé dans un hôpital militaire, quelles sont les spécificités de sa prise en charge ?

Ils ne bénéficient en général pas d’une couverture sociale française, mais leur hospitalisation s’organise en relation avec le Ministère des Affaires étrangères. Ils sont pris en charge par leur pays d’origine sur la base du prix de journée en médecine ou en chirurgiepartie des actions thérapeutiques comportant une intervention manuelle dans un but de traiter ou de restaurer l’anatomie d’une personne. Le spécialiste est le chirurgien. Adjectif : chirurgical. Source, ou selon les accords qui unissent les pays.

Les hommes politiques français sont-ils obligés de se faire soigner dans les hôpitaux militaires ?

Non, comme pour tout citoyen français, ils ont le libre choix de leur hospitalisation. Les hôpitaux militaires accueillent depuis fort longtemps les hommes politiques (notamment les présidents et ministres en exercice), et en province les parlementaires. Ils choisissent nos HIA pour leur confidentialité, la qualité des soins et un accueil personnalisé.

Les personnels de santé de ces hôpitaux sont-ils tous militaires ?

Les médecins, pharmaciens, dentistes et infirmières sont tous des militaires (de carrière ou sous contrat). Ils sont donc susceptibles d’intervenir et de se relayer si besoin sur les différents théâtres d’opérations extérieures (Afghanistan par ex) ou pour soutenir des forces militaires stationnées (Djibouti par exemple) et selon les nécessités de l’actualité (Côte d’Ivoire, Lybie).

En revanche, les aides soignants, les manipulateurs en radiologiescience qui traite des rayons X et des radiations ionisantes. Le spécialiste est le radiologue (ou le radiologiste). Adjectif : radiologique. Source, les techniciens de laboratoires et les diététiciens peuvent être soit civils soit militaires. Enfin, les agents de service hospitaliers sont tous civils et les personnels administratifs et logistiques à forte dominance civile. Au total, les civils représentent 40 à 45 % des effectifs d’un HIA.

Pour en savoir plus :
Service de santé des armées: http://www.defense.gouv.fr/sante

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