Avancée dans la prévention du sida

le dimanche 17 juillet 2011
par le Dr Damien Mascret
Deux études américaines montrent que l’on peut réduire considérablement le risque d’être infecté par le virus HIV en prenant un traitement quotidien à base de ténofovir.

Deux études américaines viennent d'être dévoilées par l'Université de Washington et les CDC d'Atlanta, en raison de leurs résultats spectaculaires dans la préventionensemble des moyens mis en œuvre pour sauvegarder la santé et éviter les accidents (prévention primaire), pour éviter d’aggraver une maladie (prévention secondaire) ou pour permettre la réinsertion des malades (prévention tertiaire). Adjectif : préventif. Source du sidaabréviation de syndrome d’immunodéficience acquise. En anglais : AIDS. Source. Elles devaient être présentées la semaine prochaine à Rome lors d'une conférence internationale mais les responsables de l'étude ont estimé qu'il n'aurait pas été éthique d'attendre.

Efficace aussi pour les hétérosexuels

La première étude (PartnersPrEP), réalisée chez 4758 couples hétérosexuels sérodiscordants (c'est-à-dire avec un seul des deux partenaires infecté) vivant au Kenya et en Ouganda, montre que grâce à un traitement quotidien par l'association ténofovir/emtricitabine les partenaires séronégatifs réduisaient de 73% leur risque d'être infecté : 13 infections survenues dans ce groupe de patients contre 47 dans le groupe placeboaction ou médicament n’ayant aucune efficacité thérapeutique mais qui peut avoir une action psychologique (effet placebo). Voir nocebo. Source. Le risque était également réduit de 62% (18 infections) avec le ténofovir seul.

La deuxième étude (TDF2) menée au Bostwana confirme ces bons résultats pour des jeunes hétérosexuels sexuellement actifs. Dans cette étude ou 1200 jeunes âgés de 18 à 39 ans (55% d'hommes, 45% de femmes) recevaient soit l'association ténofovir/emtricitabine, soit un placebo, la prise quotidienne du médicament a permis de réduire de 63% le risque d'être infecté (9 infections sous traitement versus 24 infections sous placebo).

Une protection complémentaire

Le bénéfice de la prévention médicamenteuse s'est fait sans effet indésirable majeur mais il faut noter que des conseils de prévention, ainsi que des préservatifs masculins et féminins étaient distribués à tous les participants, qu'ils reçoivent la molécule active ou non.

Si la prise d'un traitement préventif quotidien ne peut être considérée comme un traitement de première ligne pour éviter de se contaminer, ces études démontrent que cette stratégie peut réduire sensiblement les risques dans la population hétérosexuelle (l'étude iPrEx chez des homosexuels avaient montré l'an dernier une protection qui pouvait aller jusqu'à 90% lorsque la prise régulière du traitement préventif était confirmée par des prises de sang). C'est aussi une remise en cause des résultats décevant d'une étude effectuée l'an dernier chez des femmes hétérosexuelles en Afrique, mais il est vrai que l'observance du traitement avait été discutée. En revanche, dans l'étude de l'Université de Washington, 97% des participants prenaient correctement leur traitement préventif.

Pour en savoir plus :

http://depts.washington.edu/uwicrc/research/studies/files/PrEP_PressRelease-UW_13Jul2011.pdf

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