Comment diversifier l'alimentation de bébé âge par âge ?

le mercredi 23 juin 2010
par Pierre Derrouch avec la collaboration du Dr Olivier Mouterde
Diversifier progressivement l'alimentation du jeune enfant, c'est respecter les étapes de son développement.

En pratique, âge par âge

Le médecin ou la puéricultrice vont vous accompagner dans les phases de cette diversification alimentaire. N’hésitez pas à leur demander conseil. Ils savent ce qui est bon et bénéfique pour votre bout’chou.

De 4 à 6 mois

Si à trois mois l’enfant ne boit encore que du lait, après 4 mois vient le moment de lui proposer de nouveaux aliments. Vous commencerez par les fruits et les légumes, cuits et mixés, en très petite quantité. Respectez autant que possible les saisons. Côté fruit, évitez au début certaines variétés exotiques comme le kiwi, la mangue ou encore les litchis.  En revanche la banane, même crue, mais bien sur réduite en compote, ravira votre bébé.

N’ajoutez jamais de sucre à vos compotes. Côté légumes, faites les cuire à la vapeur. Il existe de petits mixeurs-cuiseurs qui vous permettront de préparer de petites quantités. Ne dépassez pas les temps de cuisson indiqués pour préserver les vitamines. Evitez au début les légumes à goût prononcé ou à forte fermentation intestinale (poivron, salsifis, chou fleur, céleri, navets, etc.). Les légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots secs) ne sont pas conseillés avant 18 mois.

Enfin, n’ajoutez ni matière grasse, ni sel. Les appareils digestif et rénal de votre enfant ne sont pas encore prêts. Vous pouvez également opter pour des petits pots qu’il vous suffit de réchauffer au bain marie ou à l’aide d’un chauffe-biberon, plus simple d’utilisation. Allez-y très progressivement. Une cuiller à café suffit au départ. Faites découvrir à bébé un aliment à la fois, sans jamais le forcer. Ce qu’il n’aime pas tout de suite peut très bien devenir plus tard un de ses aliments préférés.

Laissez un intervalle de quelques jours avant l’introduction d’un nouvel aliment. Cela permet à la floreensemble des microbes pouvant se développer dans un milieu donné : sur la peau (flore commensale), dans les intestins (flore intestinale)… Source intestinale de s’adapter progressivement et aux parents de détecter une éventuelle intoléranceréaction intense de l’organisme à l’ingestion ou à l’injection d’un médicament, d’un aliment ou de toutes autres substances (par exemple, intolérance au gluten). Source. « Je me rappelle qu’avec Grégoire, notre premier enfant, nous avions constaté un changement de ses sellessynonyme de matières fécales. Source après ses premières purées de carotte. Nous étions un peu étonnés mais la pédiatre nous a dit que c’était normal car l’intestin se familiarisait avec ce nouvel aliment » raconte Edouard. Votre bébé recrache ? Pas de panique.

Laissez lui le temps de la découverte. Il refuse de manger à la cuiller ? Ce n’est pas bien grave. « Ce refus est très rare à partir de 6 mois. Tous les éléments nutritionnels pouvant être donnés au biberon, il n’y a de toute façon pas lieu de s’inquiéter. Il suffit de proposer régulièrement, sans insister. Bébé finira par accepter » rassure une pédiatre parisienne.

De 6 à 9 mois

Après 6 mois, il faut continuer à véritablement diversifier l’alimentation, que vous allaitiez ou non. Les reins et le système digestif de votre bébé sont maintenant suffisamment matures pour que vous puissiez lui proposer de la viande, une fois par jour, de préférence au déjeuner. Mais attention, pas plus de 10 g, soit l’équivalent d’une cuiller à café. Toutes les viandes, pochées ou grillées sans matière grasse, sont bonnes, qu’elles soient blanches ou rouges. Le foie de veau est particulièrement recommandé pour sa richesse en fer.

Si bébé n’a pas le droit à la charcuterie, déconseillée jusqu’à 3 ans, il peut néanmoins manger du jambon. Vous pouvez également lui proposer des fromages frais (privilégiez les « spécial bébé »). Les graisses végétales peuvent être introduites, en petite quantité dans les légumes (huile de colza ou d’olive). A cet âge, ces aliments doivent encore être mixés.

En revanche, ses petites quenottes permettent à bébé de croquer un biscuit et des aliments légèrement écrasés pas trop durs, comme de la banane ou des légumes bien cuits. L’apprentissage va avec l’ambiance : pas de télé, des explications, de l’enthousiasme pour encourager au plaisir de l’aventure gustative. « A chaque nouvelle bouchée avalée, un bravo ravissait notre bébé. Voir ses parents contents la rendait toute joyeuse » raconte Pierre, papa de la petite Noémie, 19 mois. 

De 9 à 18 mois

A 9 mois, l’enfant prend quatre repas diversifiés. Voici le menu quotidien conseillé par les médecins :

  • le matin : lait maternel ou lait de suite (le lait de croissance peut être utilisé à partir de 1 an) avec céréales ;
  • à midi : légumes, viande (environ 15 g), laitage spécial bébé, fruit ;
  • à quatre heures : lait ou laitage accompagné d’un biscuit pour nourrissons ;
  • le soir : comme au déjeuner, mais sans viande. Les petits morceaux seront acceptés entre neuf et douze mois.

Pâtes, riz et semoule complèteront les repas de bébé. Vous pouvez par exemple mélanger de la semoule avec des courgettes cuites à la vapeur et mixées. « Le refus des morceaux et grumeaux est plus fréquent que celui de la cuiller. Il peut être lié à un accident de fausse route ou une difficulté de déglutitionaction d’avaler de manière volontaire (salive, liquide, bol alimentaire). Adjectif : dégluti. Verbe : déglutir. Source survenus lors des premières ingestions et dont le nourrisson garde le souvenir. Mais cette phobiepeur irraisonnée et obsédante de certaines personnes, animaux ou situations. Adjectifs : phobique. Source se corrige avec le temps » explique le Docteur Béatrice Dubern, gastroentérologue et nutritionniste en pédiatriebranche de la médecine qui traite des maladies de l’enfant. Le spécialiste est le pédiatre. Adjectif : pédiatrique. Source à l’hôpital Armand Trousseau (Paris). L’enfant découvre aussi le pain vers 12 mois.

De 18 à 24 mois

Votre enfant marche depuis quelques mois. Il se dépense et a besoin de faire le plein d’énergie ! Ses quatre repas quotidiens vont l’aider à entretenir son tonus. Il boit du lait de croissance au petit déjeuner avec des céréales. Vous pouvez aussi lui faire goûter vos tartines, vers 16 mois. Quel plaisir de partager ensemble ce premier repas de la journée ! Hélène repense en souriant à sa petite Maud, la première fois où elle a planté ses quenottes dans le pain enduit de miel : « Elle en avait plein autour de la bouche et se régalait de pouvoir faire comme papa et maman ». A midi, vous lui proposez des légumes avec une noix de margarine végétale, de la viande ou de l’œuf (environ 20 g).

Pour terminer son repas, bébé appréciera un laitage (toujours spécial bébé jusqu’à 3 ans) ou un fromage puis un fruit, cuit ou cru. Il adorera croquer à pleines dents dans un quartier de pomme ou une banane (pas trop verte bien sûr).A u goûter et le soir, vous continuez comme pour la période 9 à 18 mois. Si vous n’avez pas le temps de préparer des légumes, pensez aux « galets » surgelés, ou aux petits pots : artichauts, haricots verts, brocolis, vous avez l’embarras du choix… Il existe même maintenant une gamme de produits « bio ».

A partir de 24 mois

Vous pouvez commencer à saler (modérément) à la cuisson. Ne rajoutez pas de sel ensuite ! Par ailleurs, vous serez surpris de constater que votre enfant se met à refuser des plats qu’il aimait avant. Ne vous affolez pas. Rien de plus normal. Il entre dans sa période « refus ». On parle également de « néophobie ». « L’enfant appréciait des légumes mixés. Il ne les reconnaît plus dans leur forme entière et les considère comme un aliment nouveau. La saveur peut contribuer au refus. » explique le Docteur Béatrice Dubern. Plus vous vous montrerez affectés par cette petite rébellion, plus il en éprouvera du plaisir. Soyez patients. Représentez lui les aliments repas après repas et sous différentes formes : purée de carotte, carotte vapeur, carotte râpée. Il y reviendra, vous verrez.

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